samedi 27 décembre 2008

Ep. 55 : L'interview.




La télévision dans la loge à ce moment là passa un écran de publicité. Le silence se fit dans la pièce. La tête de la journaliste apparut en grand écran. Elle avait la quarantaine, brune, les lunettes sur le nez et le nez dans ses fiches. Un sourire de mise posé sur le visage, elle présenta ses invités en parlant de leurs débuts en Allemagne, de leur jeunesse, et de leurs albums... puis la caméra fit un fond d'images et le groupe apparut à ses côtés.
Le regard de Bill transperça l'écran. Sara vit Bill tel qu'il était : un beau jeune homme, cheveux noirs, mèches blanches. Sa veste de cuir noire, par dessus un t-shirt rouge avec des ailes argentées, retombait sur sa taille fine. Son pantalon noir se découpait sous les lumières des spots du studio. Il avait de l'allure et en imposait.
Tom, quant à lui, portait des vêtemens dix fois trop grands pour lui mais en même temps cela lui donnait un côté tranquille et sûr de lui. Son air mutin cachait un caractère bien trempé. Bill et lui se ressemblaient tellement. Leur caractère aussi, bien que Bill cachait moins ses émotions que Tom. Ils se complétaient.
Gustav était la force tranquille et silencieuse du groupe. Il était en quelque sorte la soupape de sécurité quand l'explosion était imminente. Son mauvais caractère faisait parfois des étincelles avec celui des autres mais leur amitié solide était inébranlable.
Georg était un peu le fou du roi dans ce quatuor. Toujours un demi-sourire sur le visage, des yeux rieurs, blaguant avec Tom sur de supposés mauvaises odeurs ou tentatives d'approches de filles, il était une sorte de second frère « d'adoption » pour Tom. Leur joute verbale entre lui et Tom animaient toujours les interviews et les illuminaient.
Sara voyait tout ça car elle les connaissait mais quelqu'un d'extérieur, que voyait-il? Quatre gamins pétés de thunes faisant hurler des gamines et n'ayant pour talent que leur physique de frimeurs... C'était le moment où jamais pour eux de se montrer en France tels qu'ils étaient ou du moins d'essayer : ils vivaient pour leur musique. Le reste n'avait pas d'importance...

Sur le plateau, Bil se demandait ce qu'il faisait là. Le stress le gagna. Il adorait parler de leur musique mais dès que le sujet déviait sur le groupe, c'était à chaque fois des questions si personnelles et si indiscrètes que cela en devenait gênant. Leurs fans savaient qui ils étaient et les aimaient pour leur musique et pour eux, ils n'avaient pas besoin d'en savoir plus. Eux au moins respectaient un tant soit peu leur vie.

Une traductrice était avec eux sur le plateau si jamais Bill ou l'un d'eux ne comprenait pas une question.. Elle serait le lien entre le groupe et la journaliste.

La présentatrice parlait, parlait... puis s'adressa enfin à eux :

- bonjour messieurs!

- guten tag!

- Bill, vous êtes le leader du groupe. Comment ressentez-vous cette soudaine notoriété en France?

- hé bien nous sommes -en tant que groupe- enchantés. Nous n'aurions jamais cru percer un jour en France.

- en effet, surtout avec des paroles allemandes...

- oui, c'est vrai. C'est incroyable cet engouement des fans français envers nous!

- surtout les petites françaises...

- oui. Ce pays a vraiment du charme. J'adore la France -et les petites françaises...

- vous parlez très bien français!

- j'ai suivi des cours et Tom, Gustav et Georg aussi. Et merci. Nous apprenons chaque jour un peu plus votre langue.

- de prochaines dates de concerts sont prévues en France, c'est cela ?

- oui nous faisons Paris Bercy dès la semaine prochaine.

Le coeur de Sara se serra à cette évocation de leur prochain départ.

- et deux soirs d'affilée! chapeau!

- oui. Tout cela c'est grâce à nos fans. Sans eux, nous n'en serions pas là.

- votre famille ne vous manque pas trop?

- si bien sûr, chaque jour...

- Croyez-vous pouvoir un jour repartir en Allemagne sans plus être les Tokio Hotel?

Tom prit la parole :

- nous seront toujours TH quoiqu'il arrive. La musique fait partie de nous. Elle est là, fit-il en montrant son coeur, et nous la transmettons à travers nos chansons.

- hé bien, je prends la balle au bond : votre musique s'adresse à des adolescentes. Pour toucher plus facilement un public déjà rendu à votre cause?
La question n'était pas dans les fiches données... David arrêta presque de respirer.

- je ne comprends pas le sens de votre question, fit Bill en regardant la traductrice.

La journaliste ne lui laissa pas le temps de traduire et continua sur sa lancée :

- je veux dire par là : des adolescentes sont très « faciles » à manier... Vos chansons ne sont-elles pas écrites justement pour les toucher elles et ainsi pour avoir un plus large public, c'est-à-dire les jeunes filles en fleur ? Car elles sont nombreuses, ajouta-t-elle avec un regard acéré.

- votre sous-entendu n' honore pas nos fans. Si elles aiment nos chansons, c'est d'abord parce que les paroles les touchent. Mais comme elles touchent aussi des adultes. Le divorce, le suicide, l'amour, cela touche tout le monde et, cela, quelque soit l'âge. Nous avons aussi des fans adultes et nous les en remercions ! Grâce à nous, et grâce à eux, la musique devient intergénérationelle. Tout comme elle l'a été avec les Beatles ou les Rolling Stones ou encore il n'y a pas si longtemps avec de nombreux artistes... En tout cas, je le vois comme ça...

David émit un ricanement :

- bravo, Bill !! Tu l'as mouché!

La journaliste reprit contenance. Ce jeune homme n'était pas facile à combattre mais elle avait les « armes » qu'il fallait.

- abordons un aspect plus personnel.

Seule Sara, de la loge, vit les ongles de Bill s'enfoncer légèrement dans le cuir du siège où il était assis.

- nous avons en notre possession certaines photos de vous avec une jeune femme. Pouvez-vous nous en dire plus ? Vous semblez très proches...

L'écran afficha alors des photos de Bill avec Sara. Leurs regards en disaient longs... Leurs gestes aussi. Sara se redressa sur son siège. Voir sa vie affichée aux yeux des téléspectateurs était autre chose que d'être devant des fans. Et la dernière fois s'était mal passée. Elle en avait été blessée. Elle vit le regard de Bill changer.

- cette partie de ma vie est privée..., rétorqua Bill, son regard glacial passant sur la femme en face de lui.

- hé bien, s'afficher avec cette jeune fille n'est plus du domaine du privé dès lors que vous passez la porte de l'hôtel, n'est-ce pas?..., contrecarra la journaliste avec un demi-sourire narquois.

Sara entendit alors David jurer doucement :

- la garce...

Ep. 54 : Aveux




- Je l'ai engagé comme attachée de presse mais elle était aussi censée te surveiller.
- Je m'en doutais un peu... mais après la scène qu'elle m'a faite hier soir, je n'ai plus eu aucun doute...
- C'était mon idée. Les garçons n'y sont pour rien.
- ça, pour être une idée... Pourquoi ne pas me l'avoir demandé directement? Je vous aurai répondu.
- franchement Sara, je suis producteur pas agent secret... Mon principal souci est de prendre soin des garçons et, beaucoup le pensent de m'enrichir sur leur dos..., éclata de rire David.
- et moi de me faire faire un bébé par Bill..., enchaîna Sara en plaisantant.

David hoqueta et s'étrangla de rire. Sara aussi. L'atmosphère lourde avait disparu.

- Sara, j'ai une dernière chose à t'avouer...
- heu... oui quoi?
David alors regarda le miroir qui faisait face à Sara et hocha la tête. Devant l'hésitation de la jeune fille qui ne comprenait pas, David lui sourit pour l'apaiser.

- nous n'étions pas seuls Sara...

Dix secondes après, le groupe entra, suivi de Reden. Ils avouèrent avoir tout entendu dans la pièce à côté. Sara le prit finalement bien. Décidemment, c'était plutôt amusant de côtoyer ce groupe... Au moins, elle ne s'ennuyait pas avec eux !

Bill prit Sara dans ses bras et chuchota à son oreille :

- désolé pour tout ça, mon coeur...
- ne t'en fais pas... ce n'est pas grave... le principal c'est que je sois dans tes bras, le reste n'a aucune importance...

Bill embrassa la jeune femme sur la bouche. Elle lui répondit avec tout son coeur... Jusqu'à oublier qu'ils n'étaient pas seuls...

David se racla la gorge discrétement, un demi-sourire aux lèvres :

- hum hum...
- hé les tourtereaux ! enchaîna Tom mort de rire.

Bill et Sara alors, gênés, se retournèrent vers le groupe.

- désolé c'est l'émotion, plaisanta Bill.

- bon, puisque tout a l'air réglé, que diriez-vous d'aller à votre interview télévisuelle? dit David.
- ok Dav' ! repondirent en choeur Bill, Tom, Georg et Gustav.

Ils éclatèrent tous de rire. Au moment de sortir de la pièce, David glissa dicrétement à Sara :

- tu peux te joindre à nous si tu veux...

Elle le regarda au fond des yeux puis acquiésa :

- ce sera avec plaisir!

Bill resserra son étreinte autour de la taille de la jeune femme.

- à partir d'aujourd'hui : où je vais, tu vas..., lui murmura-t-il.
- j'irai où tu veux avec toi Bill...

Ils montèrent tous dans leur chambre se préparer et, une heure plus tard, ils se dirigeaient vers le plateau télé. La limousine noire traversa le centre de Bordeaux et se gara dans un parking privé. La chaîne M6 voulait un interview d'eux pour un de leur magazine musical. La notoriété du groupe avait dépassé les frontières de l'Allemagne et intriguait la curiosité de certains journalistes.

Le groupe fut accueilli par un jeune homme qui les dirigea vers une pièce où ils pouvaient se poser en attendant leur tour. Tom et Georg s'étalèrent de tout leur long sur les canapés disponibles.... Bill et Sara prirent les fauteuils tandis que Reden et David s'activaient en relisant les questions qui seraient posées.
David vint vers Bill et lui tendit des pages :
- Bill, tiens lis et réfléchis aux réponses que tu en feras.
- tu me laisses carte blanche?
- oui pour cette fois oui.
- hé ben! on dirait bien que tu ne nous prends plus pour des gamins!
- je ne vous ai jamais pris pour des gamins. Vous avez toujours su ce que vous vouliez. Vous n'étiez juste pas prêts à voler seuls...

Bill regarda David. Ce type était plus proche de lui que son propre père. Cela faisait des années qu'ils se côtoyaient et c'était aujourd'hui que David délaissait un peu sa carapace de dur pour montrer son vrai visage.

- ok, j'essaierai de ne pas te faire honte..., plaisanta Bill.

- ce n'est pas de moi que tu dois avoir peur mais de eux les journalistes.

- en gros, c'est à moi de faire mes preuves, c'est ça?

- fais comme tu le sens, Bill, j'ai confiance en toi... Et puis si tu perds pied, Tom, Georg ou Gustav seront là pour t'aider, n'est-ce pas les gars?

- ouais, Dav'!! répondirent en choeur les trois autres.

Sara éclata de rire. Ils étaient tellement tous solidaires. Son rire fut suivi de tous les autres. Cela détendit l'atmosphère. Ce groupe, en quelques jours, avait changé sa vie. Pourrait-elle les laisser partir sans se retourner? En aurait-elle le courage?

Sa main, inconsciemment, caressa la joue de Bill. Le regard chargé de tendresse qu'elle posait sur lui dérouta le jeune homme. Il courba la tête sous la caresse de la jeune femme. Il lui prit la main et l'embrassa au creux de la paume. Ils échangèrent un regard dont eux seuls pouvaient se rendre compte. Rempli d'amour, de confiance et de passion.

Puis Bill se leva, ajusta sa veste en cuir et lança à la cantonnade :

- allez les gars, en scène!

Ils sortirent tous les quatre et Bill se retourna et fit un clin d'oeil à Sara. La porte se referma.

Une télévision était dans la pièce, les filles et David pouvaient donc assister à l'interview depuis la loge. Laisser son poulain affronter « seul » l'arène n'était pas facile pour David. Il l'avait toujours coaché, épaulé. Aujourd'hui, la bride était lâchée. Le cheval sauvage s'élançait dans la vie.... David s'assit devant la télé, suivant tout de son point de vue et il commença à se ronger les ongles d'impatience, tendu à l'extrême...

Sara s'installa dans le fauteuil. La présence de Reden dans la pièce la mettait mal à l'aise. Celle-ci sentait le malaise de la jeune fille et alla vers elle. Elle se mit face à Sara, puis s'assit sur l'accoudoir du fauteuil.

Elle murmura vers Sara sans la regarder :

- Je suis désolée. Je n'ai pas aimé ce rôle d'espionne. J'ai juste voulu les protéger.

- Tu as juste voulu protéger ton emploi, Reden..., dit Sara assez sèchement.

- tu es dure...

- non, réaliste...

- écoute, Sara, pour tout te dire, j'ai une famille à nourrir. Cet emploi, c'est beaucoup pour moi. Mes enfants sont seuls en Allemagne chez ma mère. Alors si on me dit de te surveiller, pour mes enfants, je ferai n'importe quoi... et puis ce groupe... je m'y suis attachée.

- écoute on en parlera une autre fois, ok? Écoutons les garçons se dépatouiller...

- ok, comme tu voudras... cette journaliste a la réputation d'être assez tordue en plus...

Un silence s'installa. On n'entendait que David qui respirait fort comme si il allait s'étouffer d'anxiété. Les filles se regardèrent alors et échangèrent un regard compatissant pour David et tendues elles aussi pour les garçons.. Elles se sourirent de connivence...

- Reden?

- oui?

- je ne t'en veux pas vraiment, c'est juste que je n'ai pas aimé la façon de faire...

- je sais, Sara. Je sais... Je n'ai pas aimé le faire non plus, je te rassure...

lundi 1 décembre 2008

Ep. 53 : Le colis.




Deux heures après à l'hôtel...

Toute l'équipe du staff déjeunait. Une grande table était dressée au milieu de la salle à manger. De nombreux plats circulaient... Poulet, poissons, des légumes de toutes sortes, des desserts...
Reden était à côté de David et déjeunait en silence. Face à elle, Tom l'observait à la dérobée. Cette femme était tellement étrange. Si silencieuse et discrète. Elle attisait sa curiosité. Son statut d' « espionne » au sein du groupe ajoutait à l'intrigue. Il avait l'impression d'être dans un roman policier. Mais la soirée dernière, il l'avait aperçu trembler, paniquer, amenée à sa chambre, soutenue par David. Elle avait perdu sa carapace... Elle se révelait fragile. Mais la question qu'il se posait c'était pourquoi s'était-elle retrouvée avec Sara? Avait-elle découvert le secret de la jeune femme et dans ce cas-là pourquoi n'avoir rien dit? Par loyauté par rapport à ce qui s'était passé hier soir? Par solidarité féminine?

Décidemment, il ne comprendrait jamais les femmes... Il attaqua sa cuisse de poulet à grands coups de dents et ne se préoccupa plus de Reden.

Pourtant, s'il avait continué à l'observer, il se serait aperçu des regards que David et elle s'échangeaient discrétement.

Reden avait tout raconté à David : qu'elle avait vu Sara échanger un dossier dans le parc, qu'elle l'avait suivi, qu'elles en avaient parlé... et ce qui s'était passé par la suite... L'agression et l'arrivée des garçons. David l'avait écouté, n'avait pas bronché, n'avait rien dit. Il l'avait amené et laissé dans la chambre et était sorti. Elle ne l'avait revu qu'au moment de se mettre à table à treize heures. Elle l'observait elle aussi. Que pensait vraiment David? Pourquoi lui avoir demandé d' « espionner » Sara si en fait, il n'en avait que faire...? Cela cachait-il autre chose?

Le repas se finit très tard avec le café. Sara et Bill justement revenaient de leur sortie. Ils avaient un grand sourire et se tenaient par la main. David se demanda si il devait casser le rêve de Bill ou simplement le laisser vivre sa vie, et s'y brûler? Il devait d'abord parler à Sara.
Après que Bill et elle aient mangé, il vint trouver Sara et lui remit un colis : un coursier avait livré ce colis le matin même. Sara le prit. Sous le regard de David, elle devint rouge. Elle glissa le colis dans la pochette qu'elle portait toujours sur elle. Il lui glissa discrétement qu'il voulait la voir en privé. Cela n'étonna pas Sara. Elle jeta un regard sur Reden. Celle-ci la fixa puis détourna les yeux. Elle croisa le regard de Bill : la voyant suivre David, il se leva d'un coup et s'avança vers eux. Elle lui fit non d'un geste de la tête. Il hésita puis se rassit. Tom alors lui parla et Bill se tourna vers lui, non sans suivre des yeux sa petite amie et son producteur qui partaient vers la salle de réunion...

Sara suivit alors David... Le moment était peut être venu de tout dire...

Ils s'assirent en silence, l'un face à l'autre. David ne savait pas comment engager la conversation. Il avait l'habitude de diriger les gens mais là ça touchait le domaine personnel. Celui de Bill, celui du groupe...

- Sara... Il faut qu'on parle.
- je sais oui.

David releva la tête. Sara le regarda droit dans les yeux. Il devait reprendre le contrôle.

- que faisais-tu dans ce bois hier et qu'as-tu donné à ce type?
- alors on en est là? Je n'ai pas le droit d'avoir une vie privée?
- dès lors que tu as accepté de venir cette semaine ici, tu devais te doutais que ta vie n'aurait plus rien de personnel!
- je ne vous appartiens pas !
- non c'est vrai. Mais tu nous dois le respect. Et aussi l'hônneteté. Nous t'avons ouvert en quelque sorte la porte. Nous t'avons accepté parmi nous. Nous te cachons des choses, c'est vrai, mais tu comprendras que l'on ne te connait que depuis quelques semaines...
- et vous comprendrez que moi aussi je n'ai pas envie que vous sachiez tout de moi! Mais je vais vous faire un cadeau. Je vais vous dire ce que vous voulez savoir. Je ne voulais rien dire avant que tout soit bouclé. Mais ce qui s'est passé hier soir m'a ouvert pas mal les yeux. J'ai risqué par deux fois ma vie depuis que je connais le groupe. Je sais pas si je supporterai ça une autre fois... La vie est ce qu'elle est. On ne la contrôle pas.

Elle sortit le colis de sa pochette et le glissa sur la table en direction de David.

- Voilà mon côté personnel...

David hésita pourtant. Ils partaient tous dans deux jours... Quelle importance maintenant de savoir qui était Sara... Ils ne la reverraient pas.

- allez-y, ouvrez-le...

Sa curiosité prenant le dessus, David prit alors le colis. C'était un colis fin mais assez large. Il l'ouvrit.

Ses yeux s'écarquilla quand il ouvrit le paquet. Il en sortit un grand livre.

- Sara, mais ... mais...
Il n'avait plus de mots. Elle le regardait d'un air bizarre. D'un air fier.
- alors?
- hé bien, c'est un très beau livre mais je ne comprends pas ...
- regardez le nom du photographe...
David ouvrit le livre et lut le nom. Il releva les yeux, surpris. Puis il commença à feuilleter le livre. Cela dura dix bonnes minutes. Le silence se fit dans la pièce tandis qu'il regardait chaque page et chaque photo.
Elle attendit qu'il atteigne les dernières pages. Il regarda un moment les deux dernières photos.
- c'est toi qui a fait ça?
- oui.
- ce livre est superbe, Sara.
- merci.

La voix de Sara était tendue. Ils avaient douté d'elle. Puis son visage changea, elle s'adoucit. Pourquoi leur en vouloir? Ils n'avaient pas tort de ne pas lui faire confiance. Elle était une inconnue pour eux y a encore deux semaines.

David lui remit le livre. Dès que Sara l'eut en main, elle ressentit une immense fierté. Elle-même le feuilleta et admira son oeuvre, son bébé.

C'était un livre de photos. Mais des photos bien particulières. Des photos de visages. Des visages pris sur le vif, des photos de personnes dans la rue. Mais la dernière était spéciale. C'était une photo de Bill. Naturel, souriant, libre. Cette photo éclatait de bonheur. Il regardait le viseur de l'appareil photo avec des yeux rieurs. Il paraissait tellement naturel sur cette photo. Sara sourit et caressa de ses doigts cette image de Bill. Elle se rappella chaque seconde du moment où elle l'avait prise. Bill avait accepté qu'elle prenne la photo et il avait blagué.

La photo qui était sur l'autre page avait été prise à l'insu de Bill. Elle l'avait prise au concert à Bordeaux. Il était de profil, sérieux. Son regard portait loin devant lui. On aurait dit une statue grecque immortalisée. Il était si beau et en même temps, il paraissait fragile, inaccessible, lointain... comme s'il vivait sur un autre monde. Le fond avait été flouté, ce qui accentuait les détails du visage. Il était maquillé, ses yeux soulignés de noir. Sa bouche rose était humide, comme s'il venait de se passer la langue dessus. Ses yeux marrons semblait fixer un point au loin. C'était les photos d'une même personne, si différente sur le papier... Deux visages d'une même personne... Bill...



Sara releva les yeux vers David et murmura :

- Je vous l'ai caché car je n'étais pas sûre de moi. Je ne voulais pas que vous me voyiez encore comme une journaliste à la recherche de son scoop. Je ne suis plus cette personne ... Je suis juste Sara. Juste moi. Et ce livre, c'est ma nouvelle vie. Hier, le dossier que j'ai donné à Peter, le garçon dans le bois, ce sont des photos de Bordeaux. Mes photos. Pour un nouveau livre. Mais cette fois, vous le saurez.
- Oui Sara. C'est un travail vraiment magnifique que tu as fait. Les photos de Bill sont extraordinaires. Tu as beaucoup de talent. Je suis sûr que tu iras loin.
- Merci, mais je n'en mérite pas autant. Si j'en suis arrivée là, c'est grâce à un concours de circonstance, par la mort de quelqu'un... Cela m'a énormément touché. C'est grâce à ça que je suis devenue celle que je suis... et grâce à Bill, ajouta-t-elle à voix basse.
David en avait assez de cet interrogatoire. Il mit les deux mains sur le bureau :
- hé bien, Sara, je pense que notre entretien est fini...
- non pas tout à fait..., le coupa Sara.

Déjà à moitié levé de sa chaise, David haussa un sourcil. Sara dit alors, les yeux baissés :

- Reden n'est pas qu'une simple attachée de presse, n'est-ce pas?...

David se rassit, dans un soupir. Il aurait pu mentir. Il aurait pu nier. Mais il lui devait la vérité :

- non, elle n'est pas que ça...

dimanche 23 novembre 2008

Ép. 52: Le baptême de l'air




Sara fixa Bill ... Il était devenu fou c'était ça... voilà qu'il citait Titanic... Ses ongles s'enfoncèrent encore plus dans le cuir du siège. Une petite voix lui cria presque « descends de cet avion!! ». En même temps, elle avait confiance en Bill. Où il l'emmenerait, elle le suivrait, même si ça devait être par-delà les nuages...

- on y va?
- oui...

Bill alors mit le casque sur sa tête, Sara fit de même. Ils testèrent le micro. Puis Bill commença des gestes techniques sur le tableau de bord devant lui. Ses gestes étaient sûrs. Le moteur se mit en route, Bill prit le manche devant lui et se tourna vers Sara :

- prête pour le 7ème ciel, mon coeur?
- le premier me suffira, chuchota Sara, la peur au ventre.

Bill l'entendit à travers le micro et sourit. Il adorait son humour! Il tendit la main et prit celle de Sara puis la posa sur le manche. Il la recouvrit de sa main. Puis, d'un coup, accélera : l'avion commença son avancée sur la piste. L'excitation de Sara prit alors complètement la place sur sa peur.

Elle sentit le glissement des roues de l'avion sur la piste. Elle vit les hangars défiler sur sa droite tandis que l'avion prenait de la vitesse. Puis arrivés presque au milieu de la petite piste, Bill tira le manche vers lui. La main de Sara, prise au piège de celles de Bill, suivit le mouvement. Ils décollèrent doucement. L'avion prit de l'altitude. Puis Bill actionna les gouvernes : le petit avion se mit en vol en palier et moyenna sa trajectoire. Bill relâcha alors la pression sur la main de Sara. Celle-ci alors sourit à Bill et profita du paysage. A travers la fenêtre, elle vit en-dessous une grande forêt. Puis se dessina une grande clairière et la ville de Bordeaux apparut alors sous les ailes de l'avion. Elle vit la Garonne, ce fleuve qu'elle connaissait si bien. Vu d'en haut, il semblait étroit mais si long et tortueux.

Elle se tourna vers Bill, heureuse, mais son estomac, lui, en décidait autrement. Elle sentit un haut-le-coeur venir. Bill vit son malaise.

- penche-toi vers la fenêtre, là où la vitre est ouverte et respires l'air à fond. Tu verras ça te fera du bien.

Sara se mit carrément le nez dans la fente, ouverte d'environ deux centimètres, chargée d'air et respira goûlument cet oxygène frais. Elle inspira à pleins poumons. Petit à petit, cela lui fit effectivement passer sa sensation de mal-être. Elle prit une dernière bouffée puis se cala dans le siège.

Pendant plus de vingt minutes, ils survolèrent plusieurs villes, profitant de l'espace aérien. Bill maniait l'avion avec douceur, son regard presque toujours fixé sur l'horizon ou sur les intruments de pilotage devant lui. Il avait vraiment l'air de s'y connaître. Sara décida de jouer les curieuses :

- quand et comment as-tu appris à voler?
- Superflight 3
- quoi?
- j'ai appris à voler sur le jeu vidéo Superflight 3...

Sara regarda alors Bill. Elle avait du mal comprendre... Bill la regarda à son tour. Son air sérieux et concentré lui fit peur. Puis, au vu de la tête de Sara, Bill éclata de rire. Ses yeux étaient rieurs. Il blaguait c'était évident.

- tu y as cru hein?! Pendant quelques secondes tu y as cru, avoue!!
- mmmmmm, ouais..., fit Sara en levant les yeux au ciel.
- ok, ok, j'ai pris des cours très jeune. A 10 ans, mon oncle m'emmenait avec lui dans son avion et je maniais déjà les gouvernes. A 13 ans, j'ai piloté mon premier avion juste quelques secondes. Puis après que le groupe se soit formé, j'ai continué quelques heures par semaine, en incognito. Et il y a un an, j'ai eu mon brevet de pilote, en toute discrétion. Personne ne le sait, à part ma famille et le groupe.

- c'est vraiment génial! J'aimerai tellement pouvoir moi aussi piloter un avion!
- he bien... c'est encore possible !
- heu... oui sûrement... mais je suppose que ça coûte cher ...
- non ça dépend du temps. Parfois, il suffit de quelques secondes...
- Bill, tu peux arrêter avec tes sous-entendus s'il te plaît?! Je suis perdue là...
- tu vois le manche devant toi? C'est le même que le mien.
- oui je vois bien!
- prends-le.

Hésitante, Sara posa les mains sur le manche. Bill poussa le sien vers l'avant, celui de Sara suivit le mouvement et l'avion piqua du nez. Sara retint un cri. Le souffle lui manqua tandis que l'avion descendait en piqué et que la terre se rapprochait dangereusement.

Puis Bill tira à fond vers lui, l'avion eut un raté puis s'éleva vers les hauteurs. Sara s'enfonça dans son siège avec la pression de la montée. Elle vit les nuages se rapprocher. L'avion passa au travers. C'était comme passer dans un nuage de coton. Une impression d'irréalité les isola du reste du monde. Bill et Sara se regardèrent, leurs yeux s'accrochèrent l'un à l'autre. C'était comme si un lien invisible passait entre eux. Ils se sentaient, à cette seconde là, seuls au monde. Ils furent effacés du monde pendant ces quelques secondes. Juste eux deux, les yeux dans les yeux et leurs coeurs à l'unisson.

Puis, l'avion creva les nuages et se retrouva juste au-dessus. Bill stabilisa l'avion grâce à l'aide de l'horizon officiel, une sorte de shéma d'un avion rayé d'un trait rouge. Le pilote se basait sur cet horizon pour maintenir l'avion dans l'axe en vol, expliqua-t-il à Sara.

Ils se retrouvèrent au-dessus des nuages.

- Sara tu veux piloter un avion?
- oui j'aimerai beaucoup... c'est une sensation si impressionnante.
- alors à toi les commandes!

Bill lâcha sa gouverne. Sara se retrouva seul maître à bord. Elle paniqua et inconsciemment tira le manche vers elle. Le nez de l'avion s'éleva. Elle jeta un regard paniqué à Bill. Celui-ci était calme, comme si cela ne le concernait pas. Puis il la guida :

- tire le manche vers toi et fixe l'horizon artificiel. Il faut que les ailes de l'avion s'aligne sur la ligne rouge, dit-il en pointant le doigt vers l'instrument.

Concentrée, Sara fit ce qu'il lui dit. Elle remit l'avion droit et jetant un oeil sur l'horizon. Les ailes s'alignaient. Elle émit un cri de joie :

- je pilote cet avion! Je pilote cet avion!

Bill éclata de rire.

- oui tu pilotes!

L'avion survolait les nuages. C'était vraiment surréaliste. Sara se tourna vers Bill et droit dans ses yeux luit dit :

- merci Bill. Merci pour ce magnifique cadeau.
- de rien mon coeur, c'est avec plaisir.
- reprends les commandes maintenant s'il te plait.
- comme tu veux.

Bill reprit le contrôle de l'appareil et quelques secondes s'écoulèrent dans le silence. Puis Sara, sans quitter des yeux l'immensité du ciel qui s'étalait devant elle, ajouta :

- Bill...
- oui mon coeur?
- Je t'aime.
- je t'aime aussi Sara.


samedi 15 novembre 2008

Episode 51 : La surprise.





Le lendemain matin, Sara ouvrit les yeux. Bill était au pied du lit. Ils se sourirent.

- bonjour mon coeur!
- Bill...

Il se leva et la prit dans ses bras.

- j'ai tellement eu peur pour toi... Quand j'ai vu ce type te frapper, j'ai bien failli le tuer. Seul Toby m'a retenu.
- tu es venu m'aider, c'est la seule chose qui compte. Sans vous, je ne sais pas ce qui serait arrivé...

Bill caressa du doigt le bleu que Sara avait sur la joue.

- avec un peu de fond de teint on ne verra plus rien, mon coeur...
- et Reden comment va-t-elle?
- encore sous le choc. Elle donne l'impression d'être forte mais elle a eu très peur.
- je veux bien te croire. J'ai cru qu'il allait nous tuer... Il faut qu'on se parle toutes les deux. J'irai la voir...
- oui mais pas maintenant... enfin ... aujourd'hui je t'emmène quelque part... enfin si tu te sens assez bien...
- oui ça va ... avec toi, j'irai au bout du monde...

Bill éclata de rire. La soirée traumatisante devait être oubliée. Il ferait tout pour ça ... C'était leur avant dernier jour ensemble... Après-demain, le groupe partait...

Après s'être habillés et douchés, ils descendirent rejoindre les autres devant le petit déjeuner. Tout le monde se prit dans les bras et se remercia. Ils étaient tous soulagés que cela se soit bien fini et sans blessure.

Reden et Sara se serrèrent juste la main. Le regard de Reden était scrutateur... Mais quelque chose les liait maintenant. Elle ne lacherait pas l'affaire, Sara le sentit.

Puis, Bill et Sara partirent, escortés par Saki. Dans la voiture, elle se repassa mentalement la scène de la veille. Si les garçons n'étaient pas arrivés, que se serait-il passé? Elle n'osait l'imaginer...

Bill vit Sara en proie à ses pensées. Ses yeux étaient fixés sur le paysage qui défilait au-dehors. Que pouvait-il faire pour chasser ses pensées? Si seulement il pouvait effacer la soirée dernière... Il sentit plus qu'il ne vit la main de Sara prendre la sienne. Il la serra doucement. Elle se retourna, les yeux humides, et posa sa tête sur l'épaule de Bill...

Elle chuchota :

- merci... merci d'être là... et pour hier...
- je sera toujours là mon coeur. Même quand je partirai, tu m'appelles et je viendrai. Où que je sois... En tout cas je te promets d'essayer...

Sara préféra garder le silence. Aujourd'hui c'était juste elle et Bill. Elle allait en profiter. Elle ferma quelques instants les yeux...

Quelques minutes plus tard, elle sentit la main de Bill caresser sa joue. Elle ouvrit les yeux et se retrouva à vingt centimètres des yeux du jeune homme.

- on est arrivés, mon coeur...

Sara alors suivit Bill et sortit de la voiture. Elle jeta un regard aux alentours... Derrière eux, une forêt. Des hangars gris se dressaient un peu partout autour. Des personnes en blouse bleue les croisèrent. Ils ressemblaient à des mécaniciens, du cambouis immaculant leurs mains et leur blouse. Sara jeta un regard interrogateur à Bill mais celui-ci lui fit juste un clin d'oeil, et la guida vers un hangar.

A la seconde où ils entrèrent dans l'espace réservé aux seuls initiés, un panneau annonçant que le public était interdit, un petit bi-moteur se fit entendre au loin. Sara tourna la tête et dans son champ de vision apparut une petite piste d'atterissage. Très longue et au milieu d'un grand espace vert. Derrière la piste, une forêt fermait l'horizon.

Ravie, Sara vit alors l'avion faire sa descente et entamer son atterissage... Le bruit des roues qui, dès qu'elles le touchèrent, glissèrent sur le bitume de la piste, fit avoir un frisson à Sara. Elle avait toujours rêvé de faire son baptême de l'air! Mais elle préférait ne rien dire. Si ça se trouvait, ils étaient là pour tout autre chose.

Elle rejoignit Bill avec, malgré tout, des étincelles dans les yeux. Celui-ci sourit.

- que me caches-tu Bill? Que venons-nous faire ici?
- tu vas vite le savoir...

Un homme venait vers eux... Il sourit et serra la main de Bill et celle de Sara. Il était dans la confidence et ne tarda pas. Il les dirigea vers un petit avion quatre places. Il les prévint tout de même qu'il y avait des micros et des écouteurs dans le casque qu'ils devraient porter dans l'avion. Ils resteraient ainsi en contact car le bruit d'un petit avion n'était pas le bruit d'un gros avion Air France quand on était à l'intérieur.

Ils arrivèrent devant l'avion. L'homme fit monter Sara sur le siège passager. Puis donna quelque chose à Bill qui, fit le tour de l'avion, monta à son tour et se mit à la place du pilote. Sara le regarda, interloquée.

- Bill, tu ne peux pas rester là ! Tu veux prendre ma place? J'irai derrière ce n'est pas grave...
- je suis déjà à ma place, Sara..., dit Bill d'un ton énigmatique.

Elle regarda alors l'homme qui était resté à côté de l'avion. Il leur fit un signe de la main puis s'éloigna de la piste.

- mon dieu!...

Ce fut tout ce que put dire Sara. Sa main s'accrocha malgré elle à son siège. La peur lui sauta dessus sans prévenir. Elle se mélangea à une grande excitation.

Bill alors se tourna vers elle et chuchota :

Viens Joséphine
dans ma machine,
qui vole, s'envole...
comme une folle...
Viens Joséphine
dans ma machine ...




lundi 20 octobre 2008

Ep. 50 : Héros d'un jour





Sara resta figée. Elle ferma les yeux deux secondes. Cela ne pouvait pas être vrai. Elle aurait pourtant dû être sur ses gardes dans ce quartier, elle le savait... Quand elle ouvrit les yeux, elle vit le regard de Reden. Son assurance avait disparue. La peur avait pris sa place. Sara sentit alors le revolver s'appuyer encore plus fort sur sa tempe.

- oh! Tu bouges?!

Sara se mit alors à fouiller dans son sac, les yeux dans les yeux de Reden, acquiesant de la tête en silence. Celle-ci fit de même : elle fouilla son sac. Reden, en tremblant légèrement, tendit son portefeuille vers le type. Il s'arc-bouta vers le jeune femme mais Sara sortit alors elle aussi sa main de son sac mais ce qu'elle tenait n'était pas de l'argent. Le type, voyant le geste de Sara du coin de l'oeil, se retourna d'un quart. Son arme était toujours sur la tempe de la jeune fille mais elle fut plus rapide. Elle baissa la tête pour ne plus avoir l'arme la visant et, appuyant sur sa bombe lacrymogène, lâcha tout son gaz dans les yeux du braqueur. Il hoqueta et ramena ses mains vers ses yeux. Ce gaz était comme une brûlure, sa gorge le brûlait aussi. Sara avait rejoint Reden et elles s'apprêtaient à rentrer dans l'immeuble, Sara ayant en même temps sorti ses clés.
Mais il les arrêta d'un mot :

- stop!

Les filles n'osèrent plus faire un geste. Il reprit son souffle.

- espèce de sales garces... vous allez me le payer...

Ils se dirigea vers les deux femmes d'un pas hésitant mais le revolver braqué sur elles.

Les filles se retrouvèrent acculées contre la porte de l'immeuble. Le regard noir du type, entouré de marques de brûlures rouges et pleurant de larmes, était fixé sur Sara. Elle eut vraiment peur. Son acte de courage se révélait se retourner contre elles deux. Le mec alors la frappa violemment au visage. Sous le coup, elle se cogna à Reden, qui la soutint de son mieux. Il engagea alors son arme et le posa délicatement sur le front de Sara.

Sara arrêta de respirer et vit sa dernière heure arriver.

- s'il vous plaît! Prenez notre argent et partez..., supplia Reden, tentant de concentrer l'attention du jeune homme vers elle.

- ouais c'est ça, dit-il en la fixant à son tour, le regard mielleux, mais maintenant moi je veux plus que votre argent... Vous êtes bien excitantes toutes les deux. De vraies petites lionnes. Je suis sûre que mes copains et moi on s'amuserait bien avec vous...

Son sourire carnassier et son regard fou mirent les filles au supplice. Ses « copains »? Il n'était donc pas seul... La joue de Sara la brûlait. Intérieurement, elle supplia Marie de venir aiguiser sa curiosité à sa fenêtre et de tomber sur la scène. Malheureusement, cela ne marchait que dans les films...

- Si on vous donne ce que vous voulez, vous nous laisserez partir? suggéra Sara.

- Sara! hoqueta Reden d'une voie sourde et apeurée.

- « Sara » hein? Peut être bien que je vous laisserai partir, Sara. Cela dépendra de ce que vous êtes prêtes à me donner... et attention maintenant on joue plus. Le moindre geste suspect et je vous abats comme les garces que vous êtes...

Il se rapprocha alors de Sara, elle sentit son haleine sur elle, tandis que son arme restait collée à son front. Elle essaya de se faire encore plus petite, se collant à la porte en bois massif, comme si elle voulait se fondre et disparaître à l'intérieur. Elle sentit l'autre main du type sur sa hanche et remonter sur ses seins. La main vulgaire et violente lui fit mal. Elle gémit de peur. Alors, avec toute l'energie du désespoir, elle lança son genoux entre les jambes du type. Il se plia en deux sous la douleur. Reden, bien que paralysée par la peur elle aussi, lui mit alors un coup de poing dans la machoire. Il fut sonné un instant.

Puis tout s'enchaîna en quelques secondes ... Quelqu'un derrière lui l'attrapa par le cou tandis qu'un autre le ceinturait et lui faisait lâcher son arme en lui tordant le bras. L'arme tomba sur le trottoir. Le type fut projeté à terre. Il se releva d'un coup, furieux, et siffla entre ses dents, les yeux haineux en se retournant vers ses agresseurs.

Sara vit alors que c'était Saki et Toby qui étaient venus à leur rescousse. Son coeur se gonfla de gratitude envers eux. D'où ils arrivaient, ou s'ils étaient venus avec Reden, elle s'en fichait. Ils étaient deux et bien baraqués, et pas des moindres, contre ce type. Il n'allait sûrement pas demander son reste et filer.

Saki et Toby se mirent devant les filles - les protégeant de leurs corps- et face au type. Sortant de nulle part, apparurent alors trois autres types. Ils se mirent face à eux quatre. Ils ne feraient jamais le poids face à ces hommes sûrement armés. Sara se mit alors discrétement (en partie cachée par les deux gardes du corps) à engager sa clé dans la serrure de la porte d'entrée.

Au moment où la clé tourna dans la serrure, une voix dans le noir résonna :

- hé!

Ils se retournèrent tous vers cette voix, sauf Toby et Saki. Bill et Tom étaient là. Sara n'en crut pas ses yeux. Etait-ce une scène réelle??! Les deux frères étaient côte à côte, les yeux noirs, prêts à en découdre. Les deux gardes du corps prirent alors chacun une des filles par le bras, Saki avec Sara et Toby avec Reden, et les emmena derrière les jumeaux puis se positionnèrent devant les frères, et firent face aux quatre autres types. Ceux-ci se tournèrent alors vers eux et, d'un geste commun et synchro, mirent leurs mains derrière leur dos et en sortirent chacun une arme qu'ils pointèrent sur Bill, Tom, Saki et Toby, ainsi que sur Sara et Reden, malgré tout protégées par les quatres hommes allemands. Presque en même temps, les quatre allemands en firent autant et la scène se figea : les huit hommes se faisaient face, se menaçant d'une arme. Les deux filles à l'arrière n'en menaient pas large. Dix secondes s'écoulèrent dans le silence de la rue. Tous les protagonistes étaient immobiles, leurs armes les uns sur les autres. On aurait dit qu'ils étaient fixés sur une pellicule de film et bloqués dans le projecteur.

Puis la lumière de l'entrée de l'immeuble s'alluma comme par magie, illuminant la scène. Ils entendirent alors à travers la porte de l'immeuble :

- j'ai appellé la police !!

Les quatres inconnus se regardèrent puis, d'un signe, se retournèrent et partirent en courant, seulement l'un d'eux, celui qui avait menacé les filles, cracha par terre en direction des allemands et s'enfuit à la suite des autres. Ils disparurent dans la nuit.

Sara entendit leurs pas décroître et se perdre dans le noir. Elle se mit à fixer le dos de Bill. Il était immobile mais elle sentait sa colère. Son regard se porta sur la main du jeune homme : elle était tellement crispée qu'elle voyait les jointures rougir. La pression était malgré tout en train de redescendre. Les gardes du corps se tournèrent vers les jumeaux et les filles, histoire de voir si tout le monde allait bien. Rassurés, ils prirent les armes des mains des deux frères puis ils rengainèrent leurs armes.

La porte de l'immeuble s'ouvrit tout doucement dans un grincement. La tête de Marie apparut dans l'encadrement. Elle regarda timidement le groupe allemand puis croisa le regard de Sara. Celle-ci lui fit un grand sourire et articula un merci muet, comme si le silence ne devait pas être rompu.

Sara entendit alors Bill remercier chaleureusement Marie puis, comme mus par un signal inaudible, Saki et Toby poussèrent les filles vers le trottoir où Sara vit la voiture garée plus loin au bout de la rue. Ils poussèrent en même temps Bill et Tom. Ils s'engouffrèrent tous dans la voiture, Saki se mit au volant et ils partirent. Sara vit alors Marie refermer la porte et la lumière du hall s'éteindre...
Le silence se fit dans la voiture... Tout le monde était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Sara sentit les doigts de Bill enlacer les siens. D'un coup, l'émotion vint la submerger : elle se mit alors à pleurer.
Blottie contre Bill, elle ne vit plus que les lumières des lampadaires défiler à travers la fenêtre de la voiture...



samedi 18 octobre 2008

Ep. 49 : Métal froid.





Reden, s'était levée tôt et en avait profité pour mettre à jour le dossier de presse de ses clients. Elle surfa sur le net à la recherche d'articles les concernant, surtout les articles français. Ceux-ci étaient souvent cinglants et sans recherche journalistique effective, ils étaient pratiquement tous basés sur des rumeurs et des on-dits. En un sens cela se révélait positif, leur apportant de la publicité malgré tout. Heureusement, certains avaient demandé plus d'informations sur le groupe et avaient fait des articles, élogieux, certains avaient même demandé à écouter leur album pour se faire une idée. Tout cela, Reden devait le contrôler. Elle aimait son métier. Quant à la « mission » que lui avait donné David, elle fit des recherches personnelles sur Sara. Malgré certains dérapages, celle-ci était bien vue dans le monde du journalisme. Cela ne fit que renforcer la méfiance de Reden à son encontre.

Elle se fit monter un café puis se posta à sa fenêtre de sa chambre. La vue sur le parc était magnifique. Elle vit un couple sur un banc. Elle sourit... le romantisme existait toujours... Puis elle regarda plus précisemment la jeune fille et reconnut alors Sara!! Ils discutaient tous les deux, assis sur le banc. Le jeune homme était blond, en tenue très décontractée. Il avait pourtant à la main une sacoche noire. Cela aiguisa la curiosité de Reden... Elle vit alors Sara tendre un dossier assez conséquent au jeune homme. Celui-ci alors l'enfourna dans sa sacoche, se leva, salua la jeune femme et partit. Sara alors se leva à son tour et partit. Reden remarqua alors qu'elle avait autour du cou un appareil photo. Elle venait d'assister à une scène très curieuse... Quel était le contenu de ce fameux dossier échangé entre eux deux?! David aurait-il eu raison de ne pas faire confiance à la petite amie de Bill?

La journée passa rapidement pour Sara. Elle prit plusieurs photos de la ville et de ses habitants. Cela la détendit. Il était presque 18h30 quand elle reçut un appel de Marie, la concierge de son appartement : un colis l'attendait, et cela semblait urgent. Sara alors envoya un message par son portable à Bill, lui disant qu'elle passait chez elle récupérer un colis et qu'elle reviendrait dans environ une heure. Il lui répondit qu'il n'y avait pas de souci, eux-mêmes en avaient encore pour une demie-heure avant de rentrer à l'hôtel. Elle monta dans le bus à un arrêt de l'autre côté de Bordeaux. Le trajet était long jusqu'à son appartement, et après le bus, elle devait encore prendre le tramway. Elle prit son mp3 et mit les écouteurs sur les oreilles, s'isolant complétement du monde alentour. L'album des Fall Out Boy défila alors. Elle les adorait. Leur punch et leur folie lui firent oublier tout le reste.

Elle descendit à son arrêt de tramway. Elle se rappela alors la fois où Bill l'avait surprise après le concert et leur premier baiser... Toute dans ses pensées, elle ne vit pas que la nuit commençait à tomber. Le calme de la rue tranchait avec la chanson des FOB qu'écoutait Sara. En arrivant presque devant son immeuble, elle enleva alors les écouteurs et commença à ranger le tout dans son sac. Elle sonna chez Marie, celle-ci lui ouvrit, lui demanda des nouvelles puis lui donna son colis. Sara le monta chez elle. Elle l'ouvrit impatiemment. En le déballant, elle sourit de fierté. Elle posa l'objet sur sa table de salon, vérifia que tout était en ordre dans son appartement et redescendit. Elle salua Marie puis sortit sur la rue.

- Sara?

Surprise, la jeune femme leva la tête et tomba sur Reden l'attendant juste devant sa porte!

- Reden?!! Mais que fais-tu là? ... Tu m'as suivi?

- hé bien je ne vais pas te mentir en te disant que je passais dans le quartier...

Sara se mit aussitôt sur ses gardes. Le ton de Reden n'avait rien d'amical. Plutôt une pointe agressive.

- très bien ... que me vaut cet honneur? On aurait pu parler à l'hôtel, non?!

- disons que je voulais parler seule à seule avec toi histoire d'avoir certaines réponses à mes questions.

- tes questions?

Sara ne comprenait rien à l'attitude de la jeune femme en face d'elle. Sa blondeur cachait en fait un caractère bien trempé. Qui était Reden en fait? Sara se mit à avoir des doutes... qui s'évanouirent aussitôt (tu te fais trop de films ma vieille...).

- c'est au sujet de Bill...?, dit Sara en hésitant.

- Bill. Le groupe. Toi...

- écoute Reden, je ne sais ce que tu veux mais sois claire... et rapide!

La nuit était tombée, il commençait à faire un peu froid avec la veste légère qu'elle avait prise en partant de l'hôtel. Il était hors de question de la faire rentrer chez elle, tant qu'elle ne savait pas ce que la jeune femme lui voulait.

- très bien. Tout à l'heure, j'ai surpris un couple ensemble...

- heu ... oui? Et alors??!

- une des deux personnes était toi...

Sara dut avoir une tête bizarre car Reden ajouta :

- dans le parc... sur le banc...

- oh! Ça!!

- oui ça ...

- mais heu... en quoi cela peut te concerner?

- en rien. Sauf que je dois prendre soin du groupe et que si tu représente une menace pour eux... cela pourrait me concerner...

- ola comme vous y allez!! On est dans un James Bond ou quoi là?!! Je n'ai même plus le droit de rencontrer un ami?!!

Reden sourit malgré elle. Cette petite avait du caractère et ne se laissait pas démonter. Mais elle aussi.

- je vous ai vu échanger un dossier...

- c'est quoi ça, un interrogatoire? Ce dossier n'a rien à voir avec le groupe.

- ça c'est toi qui le dis...

- mais...

Sara sentit alors un objet en métal, froid, s'appuyer légèrement sur sa tempe. Elle vit le regard de Reden changer en même qu'une voix masculine se mit à murmurer à côté d'elle :

- ton fric ou je vous bute toi et ta copine...

Ep. 48 : Le rendez-vous




Le diner se déroula bien. Chacun se limita à jouer son propre rôle. Sara et Reden s'adressèrent peu la parole tout comme Bill avec Sara. David par contre était très enjoué. Il en devint presque sympathique aux yeux de la jeune femme. Elle se dit que la remarque qu'il avait faite quelques heures avant n'était en fait pas méchante. Juste ironique.

Après le repas, ils allèrent tous au petit salon. Lovés dans les sofas et les fauteuils, ils devisèrent jusque tard dans la soirée. L'ambiance se détendit considérablement. Tom et Georg leur mima même certaines fans totalement déjantées qu'ils avaient comme public. Ils étaient tous morts de rire de voir Georg jouer la groupie hystérique envers Tom. Lui tirer les cheveux et lui baiser les pieds, voire essayer de l'embrasser!! Ce fut dans la bonne humeur que se termina la soirée.

Ils discutèrent encore un peu autour d'un café. Puis chacun se sépara et monta dans sa chambre.

Le lendemain était une grosse journée : le groupe devait répondre à des interviews dans plusieurs radios dont une très tôt. Sara avait donc une partie de sa journée libre. Chacun s'endormit : certains dans les bras l'un de l'autre, d'autres seuls mais tous, chacun à sa manière, pensaient à la fin de semaine quand ils partiraient pour la grande tournée...

Le lendemain matin, Bill s'éveilla. Il ne voulait pas réveiller Sara. Il prit donc ses affaires, embrassa doucement la jeune femme et alla prendre sa douche dans la chambre de son frère, qui se trouvait juste à côté. Lui et Tom en profitèrent aussi pour parler entre eux. Ils étaient si proches. Bill ne pourrait pas vivre sans Tom. C'était son double. Il savait que Tom ressentait la même chose. Cela n'empêchait pas les jumeaux de se disputer comme chien et chat...

Ils partirent une heure après pour la première radio où une interview et une rencontre avec des fans les attendaient. Ce n'était pas ce que préférait Bill. Il aimait les rencontres improvisées avec les fans, quand celles-ci passaient parfois au travers de Saki ou Toby. Bien sûr, cela se révélait dangereux parfois pour leur sécurité mais cela donnait aussi parfois des situations burlesques! Comme la fois où Tom était sorti de sa douche (et heureusement avait mis un pantalon avant de sortir de la salle de bain) et avait trouvé une fan, le nez collé à la vitre de sa chambre du premier étage, en train de mater dans la chambre. Il avait alors ouvert la fenêtre de la chambre, avait fait rentrer la jeune fille transie de froid, puis avait appelé Saki, en poste devant la porte de la chambre. Celui-ci fut surpris de voir Tom lui demander d'accompagner une jeune fille au restaurant de l'hôtel pour commander un chocolat chaud... Celle-ci avait réussi à avoir juste avant sa photo avec un Tom mort de rire ! Bill regrettait cette période. C'était à leurs débuts, quand ils étaient encore des lyçéens comme tous les autres. Aujourd'hui, avec leur succès grandissant, ce n'était plus possible de se rapprocher des fans, ni les fans d'eux. L'épisode du soir de la fête prouvait que cela n'était plus possible... Il sortit de la chambre avec son frère. Il rejoignirent les autres en bas et ils partirent tous pour la radio. La journée allait s'avérer être longue...

Sara s'éveilla tard. Elle tendit le bras vers le coussin à côté du sien et ne trouva que le vide. Elle se souvint que Bill n'était pas là. Et ne reviendrait sûrement pas avant plusieurs heures. Elle alla se préparer, prendre sa douche, mit un jean et un t-shirt noir et alla prendre le petit déjeuner au restaurant de l'hôtel. En remontant, son portable sonna. Elle décrocha. La personne au bout du fil parla puis Sara lui répondit.

- RV dans une heure dans le parc en face de l'hôtel X.

Elle raccrocha, entra dans la chambre, s'assit devant la console et ouvrit l'ordinateur. Elle descendit ensuite à l'accueil de l'hôtel leur demander un service. Ce que le personnel en poste lui accorda avec plaisir et la félicita en même temps pour sa superbe voix.

Elle se retrouva une heure après dans le parc. Puis après son rendez-vous, elle prit son appareil photo et alla se ballader dans les rues. Elle avait besoin de se détendre.

vendredi 3 octobre 2008

Ep 47 : le pacte.



- Alors c'est elle..., dit Reden.
- oui c'est elle, répondit David.
- elle a l'air gentille...
- ne lui fais pas de mal, Reden, tu m'as compris? dit Bill d'une voix sourde.
- j'ai compris Bill. Je sais ce que j'ai à faire.
Ils s'affrontèrent du regard. Bill espéra au fond de lui que Sara ne ferait jamais confiance à Reden... Une demie-heure avant, David, à la fin de la réunion, juste avant cet intermède musical, l'avait mis au parfum : oui il acceptait que Sara soit avec eux pendant une semaine mais, en contrepartie, Bill devait accepter qu'il fasse surveiller Sara de près par l'intermédiaire de Reden. Il n'était pas question que la jeune femme soit aussi libre que ça en étant à leur proximité. Bien sûr, il aimait bien Sara mais il ne pouvait lui accorder une totale confiance. Elle faisait -ou avait fait- partie du milieu du journalisme et cela il ne pouvait l'oublier. De toute façon, Bill n'avait pas le choix : ou Sara serait surveillée ou il passait la semaine loin d'elle. Bill avait accepté à contrecoeur... David lui avait alors présenté Reden, qui serait officiellement leur attachée de presse, ce qui était vrai, c'était son job, mais qui serait aussi leur « taupe ». David pensait qu'entre filles, Sara se livrerait peut être plus et aussi se sentirait moins seule parmi tous ces hommes avec une compagnie féminine à ses côtés.

Ils devaient tous se retrouver pour le dîner le soir même. Dans l'ascenseur qui le ramenait dans sa chambre, Bille pensa qu'en à peine une après-midi dans cet hôtel, suite à ce qui venait de se passer, Sara devait probablement vouloir partir... Bill ouvrit la porte sans frapper.

Quand Bill entra dans la chambre, il trouva Sara allongée sur le lit, les écouteurs sur les oreilles. Elle avait les yeux fermés. Il vit l'ordinateur portable sur la console près de la fenêtre et sa valise ouverte par terre. Vide. Elle n'avait pas décidé de partir. Il poussa malgré lui un soupir de soulagement. Qui que soit Sara, il ne voulait pas la perdre... en tout cas pas maintenant. L'amour rendait bien aveugle...

Il s'assit sur le lit, juste à côté de la jeune femme. Elle ouvrit les yeux et le fixa. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et chacun vit des étoiles dans les yeux de l'autre. Sous le charme, Bill caressa alors la joue de Sara. Elle frémit sous la douceur du geste. Elle éteignit alors son mp3 et ôta les écouteurs de ses oreilles.

- tu chantes divinement, mon coeur...

Sara mit un doigt sur ses lèvres et murmura :

- chuuut!

Elle fit alors une chose que Bill ne comprit pas tout de suite : elle se blottit dans ses bras et posa l'oreille sur son torse... et ne bougea plus. Il l'entendait respirer très doucement comme si elle voulait écouter quelque chose de presque inaudible. Puis il comprit : elle écoutait battre son coeur. Juste où moment où il comprit, Sara lui prit la main et la posa ensuite sur son propre coeur. Il sentit alors sous ses doigts des pulsations.
Elle murmura :
- ferme les yeux...

Il obéit. Elle ferma alors aussi ses yeux. Et dans le silence de la chambre, elle écouta alors la mélodie du coeur de Bill tandis que lui sentit sous ses doigts les battements du coeur de Sara. Ils restèrent ainsi un moment, serrés l'un contre l'autre, attentifs à l'autre.

La magie prit fin quand Sara se détacha du jeune homme : son portable sonnait. Dans un murmure d'excuse, elle décrocha. Faisant preuve de discrétion, Bill partit sur le balcon. Il ne put pourtant s'empêcher d'entendre des bribes de sa conversation : elle ne répondait que par monosyllabes. Apparement, cet appel n'avait pas l'air de l'enchanter.

Elle raccrocha à peine une minute après. Elle jeta le téléphone sur le lit et vint le rejoindre. Le soleil était en train de se coucher... Il était l'heure de descendre dîner avec les autres... Temps pour Sara de se jeter dans la cage aux lions... Ils profitèrent ensemble du coucher de soleil puis descendirent dans le restaurant de l'hôtel.

Le staff de TH était déjà assis à table quand Sara et Bill entrèrent dans le restaurant. Ils n'eurent d'autre choix que d'aller s'assoir aux seules places qui restaient :
Bill se retrouvait à côté de Tom.
Quant à Sara, à sa droite elle avait Bill et à sa gauche se trouvait Reden...


jeudi 2 octobre 2008

Ep. 46 : Reden.





Bill fixait Sara sans un mot... Ils avaient tous les yeux fixés sur elle. Le silence devint gênant... Tout à coup, des applaudissements s'élevèrent du fond de la salle. Le groupe se retourna : tout le personnel de l'hôtel regroupés à l'entrée de la salle applaudissait Sara. Les garçons se joignirent alors aux applaudissements. Des sifflements d'encouragement s'y mêlèrent. Sara rougit, très gênée, mais sourit. Cela dura plus d'une minute. Puis le silence se fit. Tout le personnel repartit alors à leur poste de travail.

Tom avait la bouche ouverte, figé... Il put juste dire :

- waouuu...

- hé ben tu nous avais caché ça !!! dit David dans un sourire mi-figue mi-raisin. Son regard devint suspicieux. Ou bien attendais-tu le bon moment pour nous faire la surprise?..., ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie.

Sara tiqua. Le son de la voix de David était légèment ironique. Croyait-il vraiment qu'elle avait calculé ce moment??

Ce fut Gustav qui, sans le vouloir et sans s'apercevoir de la tension entre David et Sara, rompit le combat silencieux :

- Sara c'était vraiment superbe ! Bravo !

Et il la prit dans ses bras. Surprise, Sara se laissa faire puis elle lui sourit :

- merci Gustav, cela me touche beaucoup...

- de rien la miss c'est mérité ! et puis j'en connais un qui ne va pas apprécier d'avoir de la concurrence..., glissa-t-il en riant et en coulant un regard vers Bill.

Sara appréhendait la réaction de Bill. Celui-ci allait-il réagir comme le producteur? Elle n'avait pourtant pas prévu qu'ils seraient là à l'écouter !!

Tout le monde porta alors son regard sur le jeune homme et attendit sa réaction. Bill vit l'anxiété et l'appréhension dans les yeux de Sara. Elle avait besoin de son avis et semblait avoir peur de sa réaction... Il se sentit presque obligé de faire un commentaire...

- heu... oui... c'était très beau..., put-il seulement dire.

Ce qu'il ne dit pas c'est qu' il avait adoré sa voix. Elle l'avait transporté... Sa voix était si belle, si pure.

Il allait rajouter quelque chose quand tout à coup, sortant de nulle part, une belle blonde s'avança alors vers Sara en tendant la main. Machinalement, Sara prit cette main tendue et la serra.

- bravo mademoiselle ! C'était vraiment magnifique !!

- heu... merci... mademoiselle...?

- Wartz. Je m'appelle Reden Wartz. Je suis l'attachée de presse des Tokio Hotel. Et à ce que j'ai compris cette semaine vous allez être des nôtres... alors appelez-moi donc Reden si vous le voulez bien...

Rapidement, Sara dévisagea cette magnifique jeune femme : blonde, fine et élancée, elle la dépassait d'au moins dix centimètres. Son regard bleu avait un éclat d'acier. Ses cheveux longs et blonds lui descendaient jusqu'en bas du dos. Elle était l'image même de ce qu'on imagine être une vraie allemande... Elle portait un ensemble gris veste cintrée-pantalon qui réhaussait sa blondeur et qui, dut reconnaître Sara, lui allait parfaitement...

Sara en ressentit aussitôt une pointe de jalousie. Cette fille représentait une menace. Une menace entre Bill et elle... Elle était parfaite. Trop. Une vraie Barbie... Sara sentit son côté combattant reprendre le dessus.

- contente de vous connaître Reden... et merci pour le compliment mais je n'ai aucun mérite. On m'a toujours dit que ma voix n'était pas faite pour chanter alors j'ai abandonné mes rêves de scène et je me suis tourné vers la photographie...

Mais pourquoi lui racontait-elle tout ça?? Elle se livrait à une inconnue... Cette Reden paraissait être un ange mais méfiance... Certains loups se déguisent en agneau pour mieux abatttre leurs cartes... Sara devait faire attention à elle... Elle ne sut pas pourquoi mais elle ne devait pas faire confiance à cette fille. Et puis comme dit le dicton : sois proche de tes amis, mais soit encore plus proche de tes ennemis...

- oh la photographie ! Fantastique!, s'extasia Reden. J'aimerai beaucoup que vous me montriez quelques unes de vos oeuvres...

- elle est reporter photographe..., dit Tom de façon abrupte.

- oh... fit Reden. Son sourire se crispa alors légèrement.

Les mots de Tom avaient fait bondir Sara. Elle resta pourtant les yeux fixés sur Reden et lui sourit.

- je vous montrerai avec plaisir mes photos... Je ne suis journaliste que du côté professionnel. Et mes photos privées (elle insista sur le mot) sont tout sauf « indécentes »... Et puis le journalisme j'ai laissé tomber...

Oh non c'est pas vrai, voilà qu'elle recommençait!! Allez reste neutre Sara, arrête là le massacre, ne dis plus rien...

- enfin bref, excusez-moi, j'ai encore des affaires à ranger dans la chambre... Nous nous reverrons sûrement un de ces quatre.

- nous allons sûrement vite nous revoir oui, je loge aussi dans cet hôtel..., fit Reden avec un grand sourire...

(Je vais te le faire bouffer ton sourire toi si tu continues... bon sang Sara! arrête ton délire elle ne t'a rien fait cette fille... c'est ta jalousie qui parle, pas toi...!! dans son esprit Sara leva les yeux au ciel... tu vas devenir folle ma fille à trop réfléchir... )

- ah...ok... bon ben à bientôt..., répondit-elle.

Pendant tout ce temps, Tom, Bill, Gustav, Georg et David étaient restés en retrait, et à part Tom, étaient restés silencieux. Sara se dit que pour aujourd'hui, c'était assez... Elle avait voulu avoir un moment à elle et elle se retrouvait sous les projecteurs sans le vouloir. Et elle s'aperçut qu'elle n'aimait pas ça...

- bon ben à plus! qu'elle lança à la ronde.

Et elle sortit précipitamment de la salle avant que qui que ce soit ne l'en empêche, passant entre Tom et Bill, effleurant celui-ci mais sans le regarder... Ils la suivirent des yeux, puis se regardèrent tous...

Sara leur cachait des choses, c'était sûr, mais eux aussi lui en cachaient ... et Reden en faisait en quelque sorte partie... Dans toute personne, il y a un côté pile et un côté face, un côté lumière et un côté obscur...


dimanche 28 septembre 2008

Ep. 45 : Dans l'hôtel.

- merci David, dit Sara en le regardant dans les yeux.

- de rien Sara, mais je préfère te prévenir que la semaine ne sera pas aussi facile que tu imagines.

- heu... bien.. j'en prends note ..., dit Sara (mais comment dois-je interpréter ça?)

Elle vit alors Bill s'avancer avec un plateau de coupes de champagne remplies. Il posa le plateau et distribua les verres à chacun et tous les six les levèrent.

- trinquons à la musique, aux amis et au succès! énonça Bill.

Les coupes s'entrechoquèrent et ils burent le champagne. Après quinze minutes de discussion banale, David annonça :
- Bon les gars, on a du boulot ! On se rejoint ici dans une trente minutes. On doit mettre au point la prochaine tournée et pleins d'autres trucs...

Sara se sentit alors de trop et comprit qu'elle n'avait plus qu'à aller ailleurs... Bill lui prit alors la main et tous les deux montèrent dans leur chambre. Il la laissa s'installer.

- je reviens le plus vite possible, mon coeur...
- ne t'inquiète pas! je vais défaire ma valise et aussi m'organiser de mon côté...

Ils s'embrassèrent et Bill partit. Sara ferma la porte de la chambre et s'y appuya dessus. Et voilà elle était dans la place...

Elle défit sa valise et sortit son ordinateur portable. Elle rangea ses vêtements puis s'assit au bureau, ouvrit son portable et commença à s'activer dessus. Les heures défilèrent. Après plus de trois heures, Sara leva le nez de son ordinateur et, au vu de l'heure, s'accorda une pause. Elle avait besoin d'un café. Elle enregistra son dossier et referma le portable. Elle sortit de la chambre et prit l'ascenseur. Elle descendit donc au bar de l'hôtel, jetant un oeil en passant à la salle de réunion dont la porte fermée montrait qu'elle était toujours occupée.

Au bar, elle commanda un capuccino qu'elle dégusta seule, dans ses pensées. Puis elle déambula un peu dans l'hôtel, histoire de se dégourdir les jambes. Le groom à la réception lui fit un sourire, quand elle passa devant lui. Elle lui rendit son sourire et continua son chemin. Elle s'engagea alors dans un couloir et, par une porte ouverte, aperçut une salle qui, à première vue, devait être la salle de réception : les murs étaient drapés de soie blanche et mauve, des colonnes de style romain étaient disséminées dans la salle. Elle en compta six. La salle était vraiment immense. De grandes baies vitrées d'une propreté éclatante donnaient sur le grand jardin privé de l'hôtel. Le soleil qui inondait la pièce donnait une lumière diffuse à la salle. De grandes tables occupaient les trois quart de la salle. De grands bouquets de fleurs fraîches et colorées étaient disposés sur celles-ci.
Au fond de la salle, dans un renfoncement, se trouvait une petite scène. Des jets de lumière blancs et bleus étaient dirigés en son centre à hauteur d'homme. Cela donnait un côté intimiste à la salle immense.
Mais le plus impressionnant était, qu'à côté de cette scène, se trouvait un immense et rutilant piano noir. Attirée par cet imposant objet, Sara osa alors entrer et traversa la salle. Au fur et à mesure de son avancée, son regard nota chaque détail, chaque table, chaque peinture accrochées au mur. Elle s'arrêta devant une qui la toucha particulièrement : cela représentait deux anges soutenant une jeune fille en pleurs. Elle était agenouillée par terre sur un lit de feuilles, ses cheveux bruns et longs retombaient le long de son visage, le cachant à moitié, les deux bras levés en arrière. Sa tête penchée légèrement en avant accentuait l'impression de sa douleur. Elle portait une robe blanche immaculée, ses bras fins étaient soutenus de chaque côté par un ange. Leurs ailes déployées l'entouraient et semblaient protéger la jeune fille en créant une aura de douceur. C'était une peinture très douce et en même temps très perplexe. On se demandait en la voyant ce qui pouvait bien faire pleurer cette jeune fille?... Mais on avait aussi envie d'être à sa place : protégée par des anges-gardiens... Sara resta un instant accrochée au regard en pleurs de la jeune fille, seuls ses yeux n'étaient pas cachés par ses cheveux, comme si le peintre avait voulu que l'on voit sa souffrance jusqu'au plus profond de son âme... Allait-elle mourir? Avait-elle été elle aussi un ange, aujourd'hui déchu, mais toujours soutenue par ses amis? Avait-elle perdu une chose très chère à son coeur? Un amour, un enfant, le bonheur? Cette peinture touchait le coeur de Sara... Son ange à elle était-il Bill? Ou était-ce elle l'ange de Bill?

Elle détourna le regard de ce tableau et fixa le piano. Il était contre un mur et donc le pianiste se retrouvait dos à la salle quand il jouait. Bizarre comme disposition... Elle s'en approcha. Arrivée juste devant, elle caressa des doigts les touches noires et blanches... Après une hésitation, elle s'assit sur le tabouret, posa son pied sur la pédale, puis posa ses doigts sur les touches. Elle les fit courir juste en effleurant les touches sans produire le moindre son. Elle se revit il y a quelques années, apprennant sans relâche la difficile partition de la chanson qu'elle adorait à l'époque. Elle avait mis des mois à l'apprendre mais ses efforts avaient payés... Ses doigts, attirés malgré elle, se mirent à jouer... Les notes s'élevèrent et se diffusèrent dans la pièce. Elle commença à jouer « Halleluyah »... puis se mit à chanter d'abord doucement puis sa voix reprit sa forme et son tonus. Cela faisait des années que sa voix n'avait pas été sollicitée comme ça... Sa voix cristalline se mêla aux notes... son timbre clair et doux la libéra.

http://fr.youtube.com/watch?v=vIMOdVXAPJ0 (cette vidéo est la scène exacte d'une femme chantant Halleluyah au piano... allez la voir et vivez la magie du moment... ;))

Au milieu de la chanson et, sans qu'elle puisse rien faire, les larmes coulèrent sur ses joues... Elle finit les dernières notes au piano et sa voix se tut. Elle s'essuya les joues d'un revers de la main. Un sourire apparut sur son visage...ce moment de bonheur avait été magique... Elle apprécia le calme qui suivit... Elle pensa alors à la jeune fille du tableau, et elle se retourna vers elle...
David et les quatre garçons avaient fini depuis trente minutes leur « réunion » d'organisation. D'autres membres du taff étaient aussi là : les deux autres producteurs, l'attaché de presse, le tourneur, et pas mal d'autres. Ils finissaient autour d'un café ou d'un thé. Ils devaient se revoir dans deux jours. La réunion finie, ils sortirent de la salle. Ce fut David qui, en premier, vit plusieurs personnels de l'hôtel amassés devant une porte ouverte. Il entendit en même temps une voix claire et le son d'un piano. Intrigué et, suivi par tous les autres, il se dirigea lui aussi devant la porte, pour savoir qui chantait de si belle manière...

Arrivés devant la porte, ils furent surpris de voir la jeune fille de dos au fond d'une salle. Sa voix résonnait dans la salle. Leur curiosité piquée, David, Bill et Tom s'avancèrent dans la salle et se rapprochèrent. De dos, ils reconnurent alors Sara. Ils échangèrent des regards surpris. Gustav et Georg les rejoignirent. Et ils écoutèrent tous, fascinés, cette voix qui sortait de ce petit corps...

David tout en écoutant ce chant vit alors une scène se matérialiser sous ses yeux : un duo Bill – Sara en acoustique sur scène devant le public de Tokio Hotel. Cela serait-il réalisable? Peut-être...

Mais David ne saurait sûrement jamais que Bill pensa la même chose au même instant...
Une fois la chanson terminée, la jeune fille se retourna et fixa une chose sur le mur -un tableau- juste derrière elle et elle eut tout de suite après un sursaut de surprise en les voyant là réunis. Sara se leva précipitamment.

vendredi 29 août 2008

Ep. 44 : Le pardon.




Sara prévint sa famille par téléphone ainsi que ses amis. Elle appella aussi le journal pour qui elle faisait les reportages animaux. Sa rubrique n'était pas vraiment utile donc elle eut sa semaine. Elle dévia sa ligne fixe sur son portable et demanda à Marie de garder son courrier pendant la semaine, ce que la concierge accepta avec plaisir. Elle fit sa valise pour la semaine, regarda une dernière fois son appartement pour vérifier que tout était en ordre et referma la porte. Bill prit la valise et son sac et ils descendirent ensemble rejoindre la voiture qui les attendait en bas.

En passant, elle prit son courrier. Une lettre attira son attention, le nom de l'expéditeur elle le connaissait. Cela faisait un an qu'elle essayait de l'oublier...

Elle s'assit dans la voiture à côté de Bill. Puis ne put attendre et ouvrit la lettre :

Mademoiselle,

Cela faisait un an que je n'avais pas touché aux affaires de mon fils, disparu il y a un an. Il y a une semaine, j'ai décidé de le "retrouver" en rangeant ses affaires. Essayer de me rapprocher de lui pour mieux accepter sa mort. J'ai trouvé votre lettre, encore cachetée, datant du jour de sa mort. J'ai hésité puis je l'ai ouverte et lue. Votre lettre m'a énormément touchée. Vous vous accusez de la descente aux enfers de mon fils à cause des photos publiées par votre journal. Malheureusement, son mal-être datait de plus d'un an avant sa mort. Ses photos n'ont été que le sommet de l'iceberg qui l'a amené à sauter de ce pont. Il était en dépression, il avait du mal à vivre le succès si rapide de son groupe de musique. Cela faisait des mois qu'il n'allait pas bien. Il parlait même de quitter le groupe à la veille de leur grande tournée. J'étais la seule au courant de tout ça. C'est pour cela que je me permets de vous le dire. Ne vous sentez pas coupable. Ce ne sont pas vos photos qui l'ont amené sur ce pont, c'était l'accusation de viol sur mineure qui l'a le plus touché. Sa soeur avait de l'âge de la jeune fille qui l'accusait. Il n'aurait jamais fait ça. Il a été blanchi dans cette affaire, mais après sa mort.

J'aurai dû le soutenir plus, j'aurai dû le faire suivre par un médecin. En tant que mère, je me sens coupable de n'avoir rien fait. Mais j'ai aussi été là pour lui, c'est ce que je me dis aujourd'hui. Personne n'est coupable, même pas lui. Il était jeune, trop jeune pour ce succès si rapide.

J'ai vu un article sur vous cette semaine où vous auriez été blessée lors d'une soirée. J'espère que vous allez bien. C'est comme ça que j'ai fait le rapprochement entre votre lettre, votre nom et cet article.

Cette lettre je l'écris à vous comme je l' aurai écrite à mon fils : Vous êtes jeune. Vivez chaque instant à fond! Prenez chaque moment comme un cadeau. Ne vous brûlez pas les ailes. J'espère que cette lettre vous aura fait du bien. A moi elle m'a soulagé en un sens...

Si un jour vous avez besoin d'en parler, je serai là...

Vous souhaitant une bonne continuation et un bon courage,

Jessica L.,
maman de David L.,

Sara releva les yeux vers Bill, les yeux pleins de larmes.
- elle m'a pardonné..., murmura-t-elle en lui tendant la lettre pour qu'il la lise.

Bill lui essuya ses larmes. Ils se sourirent.
- leb' die sekunde, mon coeur...

Elle replia tendrement la lettre, murmura mentalement un merci à cette femme qui venait de lui ôter un gros poids sur le coeur, et se renfonça dans le siège de la voiture. Oui, Jessica, je vous le promets : je vais profiter de chaque moment...

Sara resssentit alors en même temps l'appréhension, la peur et l'anxiété de vivre une semaine dans la tribu TH. Puis elle se raisonna : au pire, elle retournerait chez elle! Bill lui fit un grand sourire et prit sa main. Elle avait confiance : il serait là, c'était le principal.

Le chauffeur s'arrêta devant l'hôtel qu'elle avait quitté précipitamment il y a quelques jours. Tout cela était du passé. Aujourd'hui lui était offert de passer une semaine avec Bill. Elle allait en profiter au maximum.

Pendant que le chauffeur montait les valises de Sara, ils allèrent directement dans la pièce réservée aux réunions où les attendait le groupe et David. Bill menait, Sara suivait. Mais ils étaient main dans la main, unis face à ce qui les attendait.

A leur entrée, Georg, Gustav et Tom se levèrent et vinrent embrasser Sara sur la joue et lui souhaitèrent en rigolant bienvenue en « enfer ». Sara se sentit de suite à l'aise face à eux. Ils ne lui en voulaient pas, après tout ce qu'il s'était passé. Bill lui avait dit qu'il n'y avait que Tom et David au courant de sa « sortie ». David leur avait juste dit qu'Emy était la cousine de Sara. Point barre. Le sujet était clos. Ils n'avaient pas cherché à en savoir plus. Le reste était la vie privée de Bill.

David se dirigea vers Sara et lui serra la main. Il avait été là, à chaque fois. Il l'avait aidé après sa dispute avec Bill et les avait réconcilié. Aujourd'hui, il acceptait qu'elle soit là pendant une semaine auprès du jeune homme et dans leur intimité. C'était une grande preuve de confiance.

mercredi 27 août 2008

Ep. 43 : On fait un deal!



Une heure après, Bill partit à la douche suivi peu après par Sara. Entendant l'eau coulant dans la salle de bain, Bill prit alors son portable :

- allô?
- C'est moi Dav'!
- alors, tu n'en as encore fait qu'à ta tête hein, Bill?!!
- désolé mais c'était important.
- Sara hein?!
- ouais... comment tu sais?
- Tom m'a prévenu, lui....
- Ok! c'est pour ça que l'armée n'est pas encore partie à ma recherche?!!!, dit Bill en rigolant.
- ouais on va dire ça...
- Dav'?
- olaaaaaa, je sens venir une demande spéciale, non?!!
- ben disons... oui!
- vas-y. J'aviserai après.
- j'aimerai que Sara passe la semaine avec moi, enfin... avec nous...
- ...
- David?
- Bill, tu sais que cela en sera mille fois plus dur de vous quitter samedi si vous passez toute la semaine ensemble et 24h/24...
- j'y ai réfléchi, crois-moi, ce n'est pas une lubie. Je sais ce qui nous attend après. Mais je veux profiter au maximum de Sara.
- Bill, tu me croiras peut être pas mais...j'ai été jeune moi aussi...

David entendit un petit rire à l'autre bout du fil. Il sourit.
- ouais t'as raison je te crois pas ! éclata de rire Bill.
- bref, continua-t-il avec un sourire, je sais ce que c'est d'être amoureux, d'être jeune et de croire qu'on a la vie devant nous.
- j'ai pas la vie devant moi Dav'... j'ai juste une semaine. Je te demande pas la lune, c'est juste que j'ai envie de la protéger, j'ai envie de vivre ça avec elle, j'ai envie...
- ok, ok, STOP!! j'ai compris. Tu sais que vous avez des interviews et des shootings prévus hein? Faudra qu'elle reste dans l'ombre. Il va se passer pas mal de choses cette semaine. On va aussi tout mettre au point pour la tournée qui vient. Penses-tu vraiment pouvoir t'occuper d'elle? Et n'oublie pas que le groupe doit aussi être d'accord avec sa venue.
- je suis sûr qu'ils comprendront. Et je suis sûr que Sara se fera discrète. Elle ne te dérangera pas ni toi, ni nous. Je me porte garant pour elle!
- Ok. Laisse-moi réfléchir dix minutes. Je te rappelle.

Bill entendit le bip dans l'écouteur. Il referma son portable. Il se retourna et aperçut alors Sara dans l'encadrement de la porte. Elle portait une grande serviette autour de son corps. Ses cheveux encore chargés d'eau dégoulinaient dans son dos et des gouttes tombaient sur la moquette.

- j'ai... oublié mon jean.., dit-elle en se dirigeant vers la penderie et en prenant le pantalon.
- Sara?!
- mmm? répondit-elle la tête baissée.
- ça fait longtemps que tu es là?
- disons... depuis l'histoire de l'armée, dit-elle en relevant les yeux et lui adressant un grand sourire.
- oh! Donc tu as tout entendu...
- hé oui...
- et ?
- et quoi?
- tu serai d'accord ?
- tu ne crois pas que tu aurai dû d'abord m'en parler à moi?!
- disons que je pense que je connaissais ta réponse....
- oh?! Et elle serait...?, dit Sara en lui adressant un regard plein de défi.

Bill s'approcha alors d'elle avec une démarche de chasseur hypnotisant sa proie, d'une démarche féline, vit une goutte d'eau lentement descendre le long du cou de Sara et venir finir sa course dans le creux de ses seins, il posa son doigt dessus, arrêtant sa descente, juste avant qu'elle ne disparaisse sous la serviette. Il porta alors son doigt mouillé vers son visage et il lècha sensuellement la goutte avec sa langue en fixant Sara des yeux. Il glissa ensuite son doigt le long des lèvres encore humides de Sara. Celle-ci eut le rouge qui monta aux joues. Les yeux de Sara eurent un éclat de désir qui passa furtivement.

- je pense que j'ai ma réponse..., dit Bill en lui adressant un sourire de conquérant.

Sara se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa.
- oui tu l'as!

Bill se pencha sur elle mais fut interrompu dans son geste par le vibreur de son portable. Il en avait oublié David!
- je te laisse, dit Sara en se retournant vers la salle de bain.

Bill la retint par le bras.
- reste, chuchota-t-il.

Il décrocha sous le regard de Sara :
- ouais?!
- Bon j'ai vu avec les autres et par rapport à notre planning et à la sécurité de Sara...
- et...?

Sara vit le regard de Bill vaciller, devenir incertain. Il en devint tout à coup moins sûr de lui... Apparemment, David n'allait pas lui faciliter les choses.
- et bien... c'est bon!
- génial !,

Les yeux de Bill retrouvèrent leur éclat. Sara se blottit dans ses bras, non sans lui avoir adresser un grand sourire.
- mais une chose !
- oui?
- soyez ici dans trois heures. Le temps que Sara s'organise. Je n'accepterai plus aucun deal après, Bill! tu m'entends?!
- oui, oui ! Merci Dav' ! Merci!
- tu me remercieras plus tard. Assure la semaine. Si y a le moindre souci avec sa venue, elle repartira. C'est bien clair, Bill?!
- clair, chef!
- allez, profitez de votre solitude pendant ces trois heures car, après, vous aurez très peu la possibilité d'en profiter avec les autres zigottos et touts les trucs prévus!!
- ok Dav'! je te laisse... j'ai un truc qui est en train de chauffer sur le feu là...

Bill raccrocha mais, juste avant, David eut le temps de l'entendre lui et Sara éclater de rire comme deux gamins...

Mais il ne les vit pas s'étaler ensemble sur le sol, écroulés de rire, les yeux brûlant de désir...et heureux!