mercredi 25 juin 2008

Ep 30 : Nuit d'ivresse...


Flashback

Bill et Tom se séparèrent devant la porte de la chambre d'hôtel. Après plusieurs heures de discussions, Bill s'était calmé, du moins en apparence. Tom le laissa donc seul digèrer cette histoire...

Bill passa l'après-midi à tourner en rond dans la chambre. Il avait besoin d'autre chose, quelque chose pour oublier. Il ouvrit le mini-bar et but tout ce qui s'y trouvait. Il en but tellement qu'il eut l'impression de planer. Pourtant son esprit embrumé par l'alcool pensait toujours à Sara... Tout dans cette chambre la rappelait à lui! Il devait sortir de là! A minuit, il prit le téléphone et bipa Saki. Celui-ci frappa à sa porte deux minutes plus tard.

Bill prit sa carte bleue et ils sortirent. Saki voulut prévenir le producteur mais Bill l'en empêcha.

- Nein! David soll nichts kennen (David ne doit rien savoir) !! dit-il en le regardant avec son regard d'acier.

Saki n'avait pas d'autre choix que de suivre Bill : il était hors de question que celui-ci parte seul.
Ils sortirent en douce de l'hôtel. Bill portait sa casquette noire « Faith », ses cheveux noirs plaqués dessous et retombant sur ses épaules, ses lunettes noires, un jean et des baskets. Tout pour passer inaperçu. Ils prirent la voiture et partir dans le centre de Bordeaux. Bill dirigeait Saki dans les rues, il savait où il voulait aller. Il avait eu l'adresse par un mec à la soirée du château. Il indiqua une porte noire ornée de dorures fines. Une discrète pancarte signalait : « Salon privé ». Bill descendit de voiture, Saki fit de même mais Bill lui ordonna :

- nein! J'y vais seul! Il referma la portière, s'approcha de l'entra et sonna.

La porte s'ouvrit et se referma sur lui. Saki se rassit dans la voiture et patientait, mais ses doigts tapant le volant indiquaient sa nervosité. Ses yeux scruaient la rue déserte et sombre.
Bill entra. Une femme l'accueillit tout sourire.

- Mr James ! (sous le regard intérrogateur de Bill elle ajouta avec un clin d'oeil:) Ici discrétion est de mise. Que puis-je faire pour vous?

- on m'a parlé de votre salon, on ne m'en a dit que du bien alors je suis venu. Je viens pour oublier, juste oublier... faites ce qu'il faut, dit-il en la fixant dans les yeux.

La femme le dévisagea : son haleine alcoolisée, ses yeux fuyants puis froids, sa nervosité et son assurance : tout dans Bill criait qu'il avait besoin d'un instant de paix et de relaxation...
- très bien jeune homme ! Entrez!

Elle referma la porte derrière lui. Le hall d'accueil était très intimiste et blanc. Quelque tableaux accrochés au mur montraient une nature verdoyante et fleurie.

La femme alla derrrière son comptoir :
- Tenez, dit-elle en lui tendant un peignoir, vous pouvez changer dans cette cabine, gardez juste vos sous-vêtements.
Bill alla dans la cabine et se changea. Quand il en ressortit, il portait le peignoir. La femme se dirigea vers lui et lui glissa des sachets dans la poche du peignoir et lui glissa à l'oreille en même temps :
- cadeau de la maison!
De la main, elle lui montra une porte et s'en retourna derrière son comptoir, emportant la carte bleue.

Bill avança donc jusqu'à la porte et entra. La pièce était grande et colorée. Les stores sur les fenêtres apportaient une pénombre mais les rayons du soleil passaient à travers les interstices et éclairaient la chambre. Car c'était une chambre : un grand lit trônait au milieu de la pièce, des draps blancs le recouvraient, des tentures mauves étaient accrochées au mur. Bill vit tout ça en entrant, il referma la porte et se dirigea vers le lit. Il ôta le peignoir et s'allongea sur le lit. Il ferma les yeux quelques secondes. Puis il entendit un bruit feutré. Bill ouvrit les yeux et fixa son attention sur la droite de la pièce. Une porte communicante s'ouvrit et trois jeunes femmes entrèrent. L'une d'elles, brune avec des yeux verts, avec de belles formes pulpeuses, portait une nuisette courte en dentelle noire. Les deux autres, blondes et fines, portaient quant à elles des bustiers noires et des porte-jaretelles. La petite brune s'avança vers Bill en souriant :

- Bonjour! je suis Emy et voici Shan et Sam, dit-elle en montrant les deux autres jeunes femmes. Alors détends-toi mon ange et laisse-nous faire.

Bill eut l'oeil qui s'alluma. Il s'allongea donc de tout son long sur le lit et se laissa faire.
Les filles s'approchèrent du lit : Shan et Sam se mirent à genoux autour de Bill : Shan à gauche, Sam à droite de Bill. Emy, tenant à la main un ruban noir, prit en passant les sachets dans le peignoir et se dirigea à son tour vers le lit. Elle passa discrétement un sachet à chaque fille et, le ruban entre ses dents, les yeux vissés à ceux de Bill, elle grimpa sur le lit et posant ses mains autour du corps de Bill, et petit à petit, remonta jusqu'en haut du lit jusqu'à se retrouver son bassin juste au-dessus du bassin de Bill. Elle se mit à califourchon sur lui, prit le ruban dans ses mains et le passa autour de la tête du jeune homme : elle lui banda les yeux en caressant son visage au passage. Ses gestes étaient doux et sensuels. Elle sentit le sexe de Bill sous elle se tendre légèrement à travers le boxer. Elle se pencha en avant et posa doucement ses lèvres sur celles de Bill et, dans un souffle, lui murmura à l'oreille :

- on va te faire tout oublier mon ange...

Elle regarda Shan et Sam chacune à leur tour : c'était le signal. Emy se recula un peu et ôta le boxer du jeune homme. Le sexe, libéré, se montra dans toute sa splendeur.

A genoux entre les jambes de Bill, elle prit son membre dans sa main et se mit à le masser des doigts, doucement mais fermement. De son autre main, elle lui caressa l'intérieur des cuisses, remontant en frôlant les testicules puis redescendant jusqu'à mi-cuisse. Pendant ce temps-là, Shan se pencha vers Bill et commença à lui mordiller les lèvres et à lécher l'intérieur de la bouche, titillant le piercing du bout de la langue. Elle commença à s'attaquer au cou du jeune homme quand Sam, se penchant à son tour, souffla très doucement sur le tatouage qu'il portait sur la hanche. Bill sentit le doux souffle suivre la forme de son étoile. Sa peau réagit à tous ces stimulis : la main qui massait son sexe, la langue qui léchait son cou, le doux souffle qui frolait sa hanche : son souffle s'accèlera, il commença à bouger sur le lit au rythme des caresses qu'on lui prodiguait. Au bout de quelques secondes, il sentit la main quitter son sexe. Il entendit un bruit de papier déchiré et sentit la main revenir sur son sexe et il sentit qu'on lui mettait un préservatif. Puis Emy se pencha et commença à lécher le sexe et à le mordiller, puis elle l'enserra dans sa bouche et se mit à faire un va et vient, et ellle recommençait à lécher et à mordiller, et le reprenait dans sa bouche. Elle fit cela pendant quelques secondes. L'excitation de Bill était à son comble... Il gémit... Ses bras commencèrent à se diriger vers la personne qui le faisait décoller mais ils furent retenus de chaque côté par Shan qui, prenant son bras gauche, se mit à caresser sensuellement ce bras offert, et par la langue de Sam qui taquinait à présent le poignet et l'intérieur de la paume droite de Bill, puis qui s'attaqua par la suite à ses lèvres qu'elle mordilla.
Les filles échauffaient les sens du jeune homme, son esprit tourmenté réagissait à chaque caresse, chaque étreinte, chaque effleurement. Son corps enfièvré était près de l'explosion. A ce moment-là, Emy enleva le bandeau de ses yeux. Son regard vert le fixait puis ses lèvres embrassèrent celles de Bill, engouffrant sa langue au plus profond de sa bouche. Bill lui répondit avec passion, ses bras immobilisés par les deux autres filles. Puis Emy quitta cette bouche offerte, humide et entrouverte, et se mouva pour embrasser le torse, puis le bas-ventre puis le sexe de Bill.
Puis, elle s'accroupit sur lui et, délicatement, elle dirigea habilement le membre dressé à l'intérieur de son sexe et se mit à se déhancher sur lui, leur procurant à tous deux le plaisir extrême. Les souffles et les gémissements emplissaient la chambre. D'un coup, Bill se libéra des filles qui tenaient ses bras et tenant la jeune femme par la taille la renversa sur le lit. Pris par le désir, il s'enfonça à nouveau en elle. D'abord doucement puis il accélera, mélangeant plaisir et colère. Il jouit dans un râle en même temps que la jeune femme. Il s'effondra sur le lit entre Emy et Shan. Sam lui retira le préservatif. Elle se leva, le jeta à la poubelle puis prit un des pieds de Bill et se mit doucement à le masser. Shan et Emy caressaient tendrement le torse et le visage de Bill.

Celui-ci ferma les yeux et se laissa bercer par les caresses. Assommé par l'alcool et par cette séance d'intenses émotions, il s'endormit. Les filles quittèrent alors la chambre après lui avoir déposé chacune un baiser sur ses douces lèvres...

Le lendemain matin, David Jost dormait encore quand son portable sonna. Six heures du matin venaient de sonner...

Il vit que c 'était Saki. Surpris, il décrocha. Après plusieurs secondes où il écouta son interlocuteur, il hurla :

- il a fait QUOI?!!!
- ...
- Ok tu le ramènes et vite fait !!!
- ...
- je me fous de savoir qu'il est pas en état !! Personne ne doit savoir qu'il est là ! Alors tu te magnes et tu vas le chercher!!

Saki à plusieurs kilomètres de là, raccrocha et entra dans le bâtiment. Il ressortit quelques minutes plus tard avec un Bill affalé sur son épaule, il était obligé de le tenir par la taille pour ne pas que le jeune homme s'effondre...

jeudi 19 juin 2008

Ep. 29 : Une main se tend...


David Jost le producteur des garçons était devant elle. Sara en face de lui n'en menait pas large. Elle avait l'impression d'être une petite fille en faute...

- Sara..., commença-t-il puis s'arrêta. Il cherchait ses mots, ça se voyait.

Elle le dévisagea. Sa nuit avait eu l'air d'être courte : des cernes noires soulignaient ses yeux. Puis elle réalisa qu'il était là, dans le jardin de ses parents.

- comment saviez-vous pour cet endroit ? Et comment me trouver ici?? Bill vous en a parlé? demanda Sara.

David hésita, fuyant une seconde son regard, puis avoua :

- en fait, quand Bill est venu ici la dernière fois, j'étais dans la voiture qui est venue le chercher. Bill ne m'a rien dit.

Elle repensa alors au moment où bill et elle s'étaient quittés devant la voiture aux vitres teintées : ils s'étaient embrassés avec passion. Elle fut gênée de penser que le producteur était là à les regarder alors que elle ignorait sa présence...

- ne t'inquiétes pas : Bill ne savait pas que j'étais à l'intérieur non plus... Et j'étais au téléphone : j'avais d'autres chats à fouetter que de mater deux tourtereaux..., fit-il avec un clin d'oeil.

Puis, il reprit son sérieux et un éclat d'acier traversa son regard. Il se rapprocha d'elle et l'invita à s'asseoir sur la balancelle. Résignée, elle alla donc se rasseoir et il prit place à ses côtés. Il fouilla dans sa poche et en sortit deux bouts de papier froissés : le démenti parut le matin même et l'article de la veille paru dans le journal et les posa entre lui et Sara.

- explique-moi. Je ne te juge pas mais je veux savoir. Les garçons étaient dans un état lamentable hier soir, Bill a pété les plombs, enfin... à sa façon.... Ce démenti a changé pas mal les choses ce matin alors dis-moi la vérité...

Sara fixa les yeux de David. Il était sincère. Il veut juste protéger son groupe, c'était normal... Elle respira profondément et, en fixant le jardin devant elle, elle lui raconta tout. Tout dans les moindres détails : son boulot, les articles avec Mike, les photos compromettantes, l'histoire avec Katana, avec l'autre David, le mal qu'elle avait fait et les conséquences de ses actes...

David l'écouta. Il laissa Sara se livrer. La jeune fille donnait l'impression d'avoir gardé ce secret au plus profond d'elle et que cette histoire la rongeait encore.

Puis Sara finit sur David se jetant du pont tandis qu'elle démissionnait...

Elle se tut. Elle avait tout dit. Des larmes coulaient le long de ses joues. Elle les essuya d'un revers de la main. Cette histoire la remuait encore tellement.

David ne sut pas comment la réconforter. Puis il avoua dans un murmure :

- tu sais, Sara, quand j'étais gamin, j'avais un ami avec qui je faisais les 400 cent coups. On a fait les pires bêtises. Nos parents nous punissaient mais on finissait toujours par se retrouver en cachette. Un jour où mes parents étaient absents, j'ai défié cet ami de sauter du toit de ma maison sur le toit du garage, deux mètres plus loin. Il releva le défi. Je suis passé en premier. Je me suis élancé et j'ai sauté. Puis Matt sauta à son tour. Il attérit sur le toit mais son pied glissa et je l'ai vu tomber en arrière. J'ai tendu la main vers lui mais il est tombé. Sa tête a heurté la dalle en béton trois mètres plus bas... Il est mort sur le coup.

Il garda le silence quelques secondes. Il revivait la scène dans tous ses cauchemars...

- je sais ce que tu ressens. Je me sens coupable. J'étais un gamin mais j'ai continué à vivre. Malheureusement, cette histoire me poursuit toujours. Chaque année à la date anniveraire ce qui est arrivé me revient. C'est très dur. Mais j'ai eu ma famille et mes amis qui m'ont aidé. Je suis allée il y a quelques années voir la mère de mon ami et j'ai attendu son jugement. Elle m'a écouté, a pleuré et je suis parti. Je n'ai pas soulagé ma conscience mais cela m'a fait du bien d'affronter son regard. As-tu essayé de parler à la famille de ce jeune homme?

- non, je n'ai jamais osé affronter leur regard. J'ai assisté de loin à l'enterrement de David, j'ai vu sa mère en larmes au-dessus de la tombe de son fils. J'ai brisé son coeur, j'ai brisé sa vie et celle de son fils... Tout ce qui est arrivé est de ma faute. Pour vous, cela a été un soulagement d'affronter sa famille : vous étiez jeune, inconscient. Moi je savais ce que je faisais. De cela, je ne me pardonnerai jamais.

- la vie a ses ombres et ses lumières. Nous faisons tous des erreurs Sara. Un jour, nous payons le prix de ces erreurs. Mais nous pouvons aussi faire en sorte de faire une bonne action en contrepartie. Cela n'effacera pas la faute mais cela la soulagera. Cela te soulagera.

- mais quelle bonne action?

- cela, jeune fille, ça arrivera quand le moment sera venu.

Sur ces paroles, David se leva. Mais Sara le retint par la manche :

- et ... heu... Bill? Sait-il que vous veniez me voir ? A-t-il lu le démenti? Sait-il la vérité?...

Les yeux de Sara imploraient David.

David ne dit pas à Sara que suite à ses différents coups de fil de la veille, il connaissait déjà la vérité mais il avait voulu la tester une dernière fois. Il ne savait pas pourquoi mais il ressentait que cette fille était peut être une bonne chose pour le groupe. Puis il repensa à Bill et à sa conduite de la veille... Il ne devait rien dire à Sara. De cela il en était sûr.

- Non il ne sait pas pour le démenti et il ne sait pas que je suis venu. Il était dans un sale état hier soir. Disons qu'il a déversé sa colère dans l'alcool...

Sara le regarda, attendant une explication. Mais ce n'était pas à lui de lui dire...

- je dois partir.

David s'approcha et prit les mains de Sara dans les siennes.

- Cet entretien doit rester entre nous. Personne ne doit savoir que je suis venu te voir et surtout pas Bill...

Sara hocha la tête.

- je ne dirai rien. Et ... merci ...

- de rien jeune fille. Tu comptes pour le groupe, et le groupe compte pour moi, et le groupe en ce moment a besoin d'air et de chaleur humaine. Quelqu'un d'extérieur à toute cette folie peut s'avérer bénéfique. Bientôt, nous partons à Paris pour ce fameux concert. Alors tu auras été le rayon de soleil de ces quelques jours (A ces mots, le coeur de Sara se serra). Ce qui s'est passé hier soir n'aurait pas eu lieu si tu nous l'avais dit dès le début. Aujourd'hui on ne peut pas revenir en arrière. Ce qui s'est passé est passé. C'est à toi maintenant de changer les choses envers Bill et envers le groupe...

Ils se séparèrent et se promirent de reprendre très vite contact. David allait mettre Bill au courant (en arguant le fait qu'il avait tout découvert à la suite de ses recherches personnelles) et c'est lui, Bill, qui déciderait de la suite.

Sur le chemin du retour vers la voiture, David repensa à ce qu'il n'avait pas avoué à Sara, à cette nuit... et à la façon dont Bill avait pété les plombs...

Il se remémora la nuit qu'avait vécu Bill, enfin de ce dont lui, David, avait eu à faire face ce matin... et dont il avait eu des échos...

dimanche 15 juin 2008

Ep. 28 : Tout est calme...

Sara ne rentra pas chez elle ce jour-là. Après l'altercation avec Mike, elle partit directement à la maison de ses parents et y passa la journée. Pour se calmer, elle ouvrit grand les fenêtres, amenant un air frais dans la maison, elle fit des machines et les étendit dehors, fit la poussière... Elle ne s'arrêta que le soir venu. Elle se coucha, ses pensées remplies de Bill, du groupe, du journal, de David. Elle ne trouvait pas le sommeil. Dès qu'elle fermait les yeux, ses pensées se bousculaient. A bout, elle alluma la lumière, et alla chercher un livre dans la bibliothèque pleine à craquer et prit « Le Da Vinci Code » de Dan Brown. Quoi de mieux que de lire ce livre et de se concentrer uniquement sur l'intrigue, oubliant tout ce qui n'était pas ce livre. Elle se mit donc à lire jusque très tard dans la nuit et jusqu'à ce que le sommeil l'envahisse...

Quelques heures plus tôt ...

Après la sortie de Sara, le groupe resta immobile. Tom et Bill se faisaient face, le reste du groupe devant la porte de la chambre. Quand la porte de l'ascenseur se referma sur Sara, Tom fut le premier à réagir, il s'avança vers la porte, regarda le groupe et referma doucement la porte. Bill et lui devaient parler...

Une fois seuls dans la chambre, le silence se fit pesant. Brusquement, Bill avança dans la chambre et frappa du poing contre la porte de la salle de bain, libérant ainsi sa colère! Tom se dirigea alors vers son frère et posa doucement la main sur l'épaule de Bill. Celui-ci se retourna et le coeur de Tom éclata alors en mille morceaux : des larmes coulaient sur les joues de son frère, inondant son visage, troublant ses yeux remplis de rage, de colère et de désespoir... Tom prit alors Bill dans ses bras et le serra contre lui. Il savait que son frère était fort, qu'il surmonterait aussi cette épreuve. Ils avaient tellement vécus de choses dans leur vie qui commençait à peine! Des bonnes et des moins bonnes, des amours et des trahisons, des échecs, du succès... Avec le groupe, ils surmonteraient ça et se battraient!
Il relâcha Bill et ils s'assirent tous les deux sur le bord du lit :

- c'est ma faute! dit Bill en se renversant sur le lit, puis fixant des yeux le plafond. Jamais je n'aurai dû la faire entrer aussi vite dans ma vie... dans notre vie!
- arrête de dire n'importe quoi! Ce n'est pas de ta faute! Comment aurais-tu pu savoir qu'elle était journaliste, comment aurais-tu su qu'elle te mentait? , répondit Tom en se renversant à son tour au côté de son frère.
- on aurait dû enquêter sur elle comme l'avait proposé David. Je l'ai très mal pris sur le moment mais si seulement j'avais mis ma fierté de côté... on en serait pas là! Que va-t-il se passer maintenant ? Que va-t-elle raconter sur nous? J'ai été si bête..., dit Bill en se prenant la tête dans les mains.

Tous les mots qu'aurait pu dire Tom n'auraient pas apaiser le chagrin de son frère mais ils parlèrent pendant plus d'une heure.

Pour Bill, ce n'était pas tant le fait que Sara soit journaliste que le fait qu'elle lui ait menti sciemment qui l'anéantissait! Pour Tom, le fait qu'elle soit journaliste la rendait fausse à ses yeux et la confiance qu'il avait commencé à avoir envers Sara s'était évanouie... Elle avait rendu Bill heureux quelques jours puis, aujourd'hui, elle démolissait tout. Comment pourraient-ils encore faire confiance à quelqu'un??

Mais pour l'instant Bill avait besoin de lui, et il serait toujours là pour lui. Il s'occuperait de Sara plus tard...

Après que Tom eut refermé la porte, Gustav et Georg se regardèrent alors et, avec les filles, d'un commun accord, retournèrent dans leurs chambres. David Jost, leur producteur, retourna lui aussi dans sa chambre. Il devait téléphoner à pas mal de personnes. Cet article allait faire beaucoup de bruit. Il fallait calmer le jeu. Ces garçons vivaient ce que lui avait vécu à l'époque où il était jeune et membre d'un boys band. Les filles qui hurlaient, les concerts, les temps libres limités ou inexistants, les journalistes... Il comprenait leur douleur d'avoir été trahi.. Il s'était attaché aux quatre garçons mais se devait de ne pas le monter. Il devait se montrer intransigeant tel un producteur. De ce fait, il se devait de régler le cas Sara...

Le lendemain matin, Sara n'avait pas eu de nouvelles sur son portable. Ni du journal, ni de Bill, ni de personne... Elle alla acheter le journal pour savoir si Mike avait fait ce qu'elle lui avait dit. Le démenti était là :

« Dans notre édition d'hier, nous nous avions annoncé les blessures de notre journaliste Sara W lors d'une soirée. Après vérifications plus poussées et notre journal ayant été informé selon des sources sûres, nous nous excusons auprès du groupe Tokio Hotel pour les « accusations » portées contre ses membres à ce sujet. Sara W. ne fait plus partie de notre éditorial depuis un an, souhaitant prendre des distances avec notre journal. Nous nous sommes inquiétés de sa santé car elle a fait partie de notre équipe mais elle a été bien soignée au domicile de Paul Williams. Malgré de légères blessures, son état de santé ne nécessite aucune inquiétude. M.J. »

Sara sourit tristement... au moins les choses seraient claires. Qu'allait en penser Bill? Il ne lui pardonnerait jamais d'avoir menti...

De sa fenêtre, elle vit le soleil éclairer le jardin : les ombres des arbres se projetaient sur les massifs de fleurs. Le soleil scintillait à travers les chênes et projetait des ombres dansantes sur les statues grecques, qui bordaient l'allée de chaque côté, de telle sorte qu'elles semblaient vivantes, créant un moment d'irréalité et de paix et leur donnait un aspect d'anges descendus sur terre pour lui tendre la main et apaiser son coeur. Un appel à l'apaisement et au réconfort, c'était ce dont elle avait besoin en ce moment, sa famille étant si loin...
Attirée malgré elle, elle sortit dans le jardin. Elle y était tellement chez elle, au milieu de la nature. Ce jardin magique avait toujours calmé ses souffrances. Elle avait passé des heures dans cet endroit. Cela lui remontait le moral de juste entendre le vent bruisser à travers les feuilles, les oiseaux chanter à tue-tête, sentir l'herbe sous ses pieds, sentir l'odeur du bois...

Elle sortit de la maison et suivit le chemin et se retrouva devant la balancelle où Bill et elle s'étaient assis, les doigts emmêlés, seuls au monde... Moment inoubliable qui lui fit monter les larmes aux yeux. Si seulement elle pouvait tout effacer, toute l'année écoulée, tout ce gachis... Elle ferma les yeux, et épuisée, elle s'endormit...
Elle se réveilla doucement au chant d'un rouge-gorge. Elle entrevit à travers ses paupières à demi-closes une silhouette devant elle. Elle devait être encore en train de rêver... Elle referma les yeux. Puis, le doute la taraudant, tout à fait réveillée, elle ouvrit les yeux et fixa la personne devant elle. Il se tenait immobile. Depuis quand était-il là à la regarder ? Elle ne s'attendait pas à le voir lui ici ! Sara se leva d'un coup et attendit...

dimanche 8 juin 2008

Ep. 27 : Shame/Infamy/Hurt


Le lendemain matin, les photos se retrouvèrent dans la rubrique « People&Scandales » suivies de commentaires satiriques sur le chanteur du groupe. L'article le démolissait : le traitant de drogué, de dépendant aux drogues, de revendeur de came dans les villes où le groupe passait en concert. Que l'on ne savait pas si la seringue qu'il utilisait était propre, que ce gamin avait peut être le sida... L'article était bien sûr signé MJ! Sara le lut quand elle arriva au journal le lendemain matin. Elle était morte de fatigue mais elle préférait bosser que rassasser chez elle le sale boulot qu'elle faisait et quelle sale garce elle était. Cet article était pire que tous les précédents. Il fallait qu'elle prenne une décision. Elle allait se mettre à la recherche d'un autre job. Ce boulot ce n'était pas elle.

Une semaine passa. L'article fut relayé par plusieurs autres journaux les jours qui suivirent. Le scandale atteint son paroxysme quand une jeune fille de 15 ans se présenta un matin au commissariat de Bordeaux et porta plainte contre David pour attouchements sexuels et tentative de viol. Selon elle, lors d'un concert à Bordeaux il y avait un an, elle avait été voir le groupe en backstage avec plusieurs autres filles. La rencontre entre les fans et le groupe s'était très bien passée. Puis David avait pris la jeune fille à part et lui avait proposé, en échange d'un autographe et d'une photo de lui, de se déshabiller et de coucher avec lui. Elle avait accepté, ils s'étaient isolés dans une pièce des coulisses. Elle s'était déshabillée, il avait touché ses parties intimes mais la jeune fille, au bout de quelques minutes, horrifiée de son geste, lui aurait dit non et il l'aurait alors menacée. Elle lui aurait échappé et serait partie en courant et en larmes des coulisses avec ses vêtements sous les bras.

La plainte fut relayée par les journaux, prenant pour appui la copie de la plainte déposée. Une enquête pour vente de drogue et agression sexuelle fut lancée. Le chanteur nia tout. Mais, durant toute l'enquête, il ne s'adressa uniquement qu'à la police, jamais aux journalistes. Son silence, pour eux, valait condamnation. Ils ne se gênèrent pas pour se jeter dessus cet "os" offert à leur médisance par des accusations plus sordides les unes que les autres...

Sara, pendant toute cette semaine-là, suivit l'affaire. Dire que tout était parti de ses photos! David était rabaissé plus bas que terre, traîné dans la boue. Pour elle, sans preuve, un homme est présumé innocent. Or, des preuves, c'était ce qu'il manquait à l'accusation, ils n'avaient que la parole de la jeune fille. Et, pour la drogue, aucun indice ne prouvait que le chanteur avait un revendeur ou qu'il était lui-même vendeur... Comment allait donc finir toute cette histoire?

Puis, à la fin de la semaine, l'avocat du chanteur prouva, avec appui de certificats médicaux, que David avait du diabète et que sur la photo il se faisait une injection d'insuline! Mais, ce fait établi, l'accusation d'agression sexuelle était maintenue : la jeune fille restait sur ses positions. Elle montra même des photos d'elle et du chanteur prises avec les autres fans lors du backstage avant que les choses dégénèrent. La tournée prévue du groupe à travers la France était sur le point d'être annulée... Toute cette histoire avait choqué le jeune chanteur de 17 ans. Il ne sortait plus de chez lui. Les autres garçons du groupe le soutenaient et restaient avec lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Pourtant, un matin, David, à bout, prétextant une promenade seul pour prendre l'air, monta sur le Pont d'Aquitaine et se jeta du haut du pont dans la Garonne. Ce même jour, à la même heure, une jeune fille de 15 ans, accompagnée de sa mère, entrait en larmes dans un commissariat pour retirer sa plainte : elle avait menti, tout inventé de l'agression du chanteur de Katana envers elle, elle voulait juste devenir célèbre et faire parler d'elle. Ce même jour, le journal Sud-Ouest reçut une lettre signée David L. : « La partie est finie, vous avez gagné... ». Ce même jour, à la même heure, Sara envoyait sa démission : elle s'était fait engager dans un petit journal local à la rubrique des animaux. Elle avait 20 ans et toute sa vie devant elle pour devenir une vraie journaliste. Mais dans cette lettre elle dénonçait aussi l'attitude de Mike envers elle et envers les "sujets" de ses articles. Elle garda sous silence les arnaques et les magouilles. Un jour, elle aurait sa vengeance, par n'importe quel moyen... Elle envoya aussi une lettre d'excuses adressée à David où elle expliquait qui elle était et ce qu'elle avait fait. Ce que lui avait fait ne la regardait pas, c'était sa vie privée et elle s'y était immiscée. Elle lui demandait pardon. Et elle espérait qu'un jour il lui pardonne... et qu'elle comprendrait si il portait plainte contre elle...
Puis le lendemain, elle apprit tout : l'innocence, le suicide, le mal fait...

Après une année, rongée par le remord et la culpabilité, obsédée par la mort du jeune homme dont elle était à l'origine avec ses photos, le gachis d'avoir bafoué la réputation du chanteur qui finalement ne faisait rien de plus que de se soigner, ne pouvant plus supporter de se regarder dans une glace, devenant invisible aux yeux du monde, Sara monta à son tour sur ce pont...

Le jour où Bill rencontra Sara sur le pont, cela faisait un an, jour pour jour, que David avait sauté...

Retour dans l'ascenseur...

Sara ouvrit les yeux. Ils étaient devenus d'une lueur sombre, froide... Ce retour dans le passé l'avait laissé amère et en colère. Pendant ces quelques jours avec Bill elle avait tout oublié, ou du moins avait-elle essayé de ne pas y penser. Et là tout revenait. Comme un coup de poing venu d'outre-tombe. Elle ne pourrait jamais se pardonner ce qu'elle avait fait. Et maintenant, elle venait de perdre Bill...

Elle se leva, appuya sur le bouton du rez-de-chaussée de l'hôtel, remit sa tenue en ordre, se redressa, et fut prête à affronter le monde, ce monde qu'elle détestait plus que tout. Sans l'amour de Bill, elle n'était plus que Sara, la simple Sara... Mais elle allait se battre. Peu importe comment, elle trouverait le moyen de tout dire à Bill.

Quand elle sortit de l'hôtel, en plein centre de Bordeaux, en face du Grand Parc, elle chercha un arrêt de bus pour rentrer chez elle. Elle regarda à droite puis à gauche. Puis, là, souriant de toutes ses dents, se tenait Mike. L'air suffisant, l'air fier de lui... Elle serra très fort le journal dans sa main et se dirigea vers lui.

Elle se rapprocha de lui, toute souriante. Un instant déconcerté, Mika retrouva son assurance et sourit à son tour à l'approche de Sara vers lui. Mais plus elle avançait, plus il vit ses yeux. Au moment où elle s'arrêta devant lui, tout sa fureur se lisait dans ses yeux, il eut un instant peur de cette fille. Sara lui décocha alors la plus gigantesque gifle qu'il eut jamais reçu de sa vie. Quand il releva la tête, il sentit le goût du sang dans sa bouche. Elle avait frappé fort : toute sa rage contenue éclatait...

- Plus jamais !, murmura-t-elle d'une voix sourde, ne le lâchant pas des yeux,

- Plus jamais je ne me laisserai marcher sur les pieds!! s'écria-t-elle pleine de rage dans la voix.
Elle se rapprocha de Mike et lui assena :

- je veux que demain tu publies un démenti de ces inepties que tu as écrites... et surtout que je ne travaille plus pour ce journal : je suis votre ex-journaliste! Ou tu déments ou alors je dénonce toutes tes petites magouilles à la police. Tu risques la prison, Mike, alors si j'étais toi je m'exécuterai...

Mike ne reconnaissait plus la petite Sara, la fille toujours calme et obéissante:

- tu risques autant que moi petite. Tu étais ma complice.

- ce que je risque ne te regarde pas. J'assumerai la conséquence de mes actes. Mais une chose est sûre : je ne veux plus rien avoir à faire avec toi! Disparais de ma vie !

vendredi 6 juin 2008

Ep. 26 : La traque commence.


Ils entrèrent dans la partie très cocooning de la boîte : du rouge sombre sur les murs, des tables basses noires, de la musique feutrée, ambiance tamisée. Il devait y avoir une cinquantaine de personnes, certaines debout au bar, d'autres assises sur des sofas le long de la salle.

- On y est ! Fixe ta cible et la quitte plus, dit Mike en montrant très discrètement le groupe assis dans une des parties privatives. RV dans deux heures à la voiture. Je vais me mettre à l'écart, ma tête est pas mal connue maintenant (ouais, c'est ça ! ça va les chevilles Mike le chasseur de fric? Sara le pensa si fort qu'elle crut l'avoir dit. Mais vu la tête de Mike, elle n'avait pas gaffé).
- Ok. J'y vais..., dit Sara sans grand enthousiasme.

Comment allait-elle les aborder? Elle fixa un instant la scène : des verres étaient éparpillés sur la table basse devant eux. Ils avaient l'air d'être seuls. Cela lui donna une idée. Elle se dirigea vers le bar et commanda un coktail de fruits. Une fois son grand verre en main, elle se dirigea vers la table des jeunes mais en faisant semblant de ne pas savoir où vraiment aller. Son stratagème marcha très vite : David le chanteur la vit arriver, hésitante, ayant l'air de chercher une place. Elle n'était pas du tout ce qu'on appellait un canon mais on pouvait dire que Sara avait du charme et que son sourire lui avait très souvent ouvert des portes. Arrivée presque devant la table, elle vit le chanteur se lever. La proie était dans ses filets (bon voilà qu'elle se mettait à parler comme Mike maintenant!).
Il l'interpella doucement :
- mademoiselle!
Elle le fixa, faisant l'étonnée.
- si vous cherchez une place nous serions enchantés d'avoir un peu de compagnie. Enfin si cela vous va?! Il eut l'air si intimidé que Sara eut un énorme remord qui brûla son coeur. Elle n'avait malheureusement pas le choix...
Elle afficha son sourire de commande :
- si cela ne vous dérange pas ce serait avec plaisir...
Puis baissant la tête timidement (merci les cours de théâtre...) :
- J'ai été invitée mais je ne connais presque personne...
Ils se poussèrent alors un peu pour lui laisser la place, elle s'assit, le hasard faisant bien les choses, juste à côté de David.
- Nous ne connaissons personne non plus. Nous avons été un peu forcés à venir pour faire de la promo... lui confia le jeune chanteur à son oreille. Je suis David, voici Alex, Manu et Max.
Sa voix et ses yeux si proches lui firent un choc. Il avait l'air si gentil... Ce n'était encore qu'un gamin... Elle noya sa honte dans son cocktail. Puis levant les yeux, elle vit Mike les fixant puis il fit un signe qui la prévint qu'elle devait accélérer les choses.

Elle entama une conversation avec David pour connaître un peu mieux le groupe. Elle fut charmée par ce garçon. Les trois autres garçons participaient à la conversation. Ils étaient tous très sympathiques, cette soirée finalement se rélévait très agréable!

Au bout d'une heure, une petite sonnerie retentit. C'était le portable de David. Il arrêta la sonnerie et regarda sa montre. Cela n'avait l'air ni d'un message ni d'un appel, sûrement était-ce une alarme pour un RV. La curiosité de Sara fut piquée!
- je m'excuse quelques minutes je reviens! lui chuchota David.
Il se leva mais au lieu de se diriger vers la sortie il prit le chemin des toilettes.

Une alarme perso pour un RV dans les toilettes : vente de drogue? poudre blanche? Ectasy? Elle tenait son scoop! Après un regard rapide à Mike pour le prévenir, elle fit exprès de faire tomber le fond de son verre sur son pantalon. Elle se leva, s'excusa auprès des trois autres et fila dans les toilettes. Elle s'engagea dans le couloir et vit le panneau WC dames et juste en face WC hommes. Sur les portes une sorte de fenêtre en plastique transparent donnait sur l'intérieur des sanitaires. Elle jeta discrétement un oeil sur celui des hommes et là ce qu'elle vit lui fit un choc :

David était accolé à un mur, juste en face de la porte et tenait une seringue dans la main. Il avait la tête baissée. Il ne faisait pas attention à ce qui l'entourait, pris dans ce qu'il faisait. Elle sortit précipatemment son appareil de son sac et prit plusieurs clichés juste au moment où il s'enfonça l'aiguille.

Elle eut un instant envie derentrer dans la pièce, de lui dire qu'il se tuait à petit feu, envie de le secouer, envie de lui dire qu'il avait la vie devant lui! Mais c'était sa vie à lui, elle n'avait aucun droit dessus. Elle ferma les yeux. Elle vida son esprit. Qu'elle détestait ce boulot...

Elle prit son apn et décida d'effacer les photos. Juste au moment où elle allait appuyer sur supprimer, Mike s'engagea dans le couloir, s'approcha d'elle et la regarda. Après quelques secondes, elle hocha finalement la tête et baissa les yeux. Il lui prit l'appareil des mains et ressortit.
Elle le suivit, dégoûtée d'elle-même, dégoûtée de sa vie, se traitant de tous les noms...

Ep. 25 : Katana

Suite du flashback... (1 an avant la rencontre Bill/Sara...) :

Sara lisait tranquillement un livre quand la sonnerie de son portable résonna dans le silence de son appartement. Quand elle regarda l'appelant, elle grimaça. Mais elle n'avait pas le choix, elle décrocha (se retenant de justesse de jeter son mobile contre le mur de sa chambre...).

- Allô?
- ben alors t'es encore en train de comater?

Sara jeta un oeil à la pendule en face d'elle - 23h - et pensa très fort que Mike devrait aller se faire voir...

Il ne lui laissa pas le temps de répondre :

- allez tu te bouges ! je passe te prendre dans trente minutes je suis sur un coup chaud brûlant ! dit-il presque sans respirer et raccrocha.

Sara garda le portable collé à son oreille. Ca recommençait... Il allait traquer sa proie. Ils partaient en chasse...

Son appareil photo en bandoulière et son appareil numérique en poche, elle fut prête juste au moment où la voiture rutilante de Mika se gara devant chez elle dans un dérapage contrôlé (enfin presque...). Sara monta dans la Porsche et attacha sa ceinture. Il repartit sans un mot puis, se retournant, il attrapa sur le fauteuil arrière un dossier - quittant la route des yeux et faisant une peur bleue à Sara qui vit là sa dernière heure arrivée - reprit le contrôle de la voiture et jeta le dossier sur les genoux de la jeune femme.

- Lis-ça et retiens tout!
Sara soupira. Chasse ouverte. Début de la traque...

Elle ouvrit le dossier. C'était un groupe de rock qui avait du succès depuis un an. Avec le nom bizarre de KATANA, quatre jeunes de 17 ans, bourrés de talents, perçaient la scène française. Les médias les encensaient mais certains, comme Mike, cherchaient toujours la faille.
Il y avait le chanteur David, les deux guitaristes Max et Alex et le batteur Manuel. Ils étaient partis de rien à Bordeaux, faisant leurs débuts dans de petites salles, puis, le succès aidant, étaient montés à Paris et avaient eu en 6 mois un succès fulgurant! Ils étaient revenus se poser à Bordeaux, profitant d'une semaine pour voir leur famille et leurs amis, avant d'entamer une grande tournée française de 3 mois.

Sara savait tout ça. Sa nièce Clara lui en avait parlé : elle était allée à un de leurs concerts de leurs débuts à Bordeaux.

Des photos étaient glissées dans le dossier : David était un grand brun très beau, une « gueule d'ange » comme l'appelait le milieu des journaleux. Il était toujours en pleine lumière, c'était lui qui assurait les interviews. Les autres restaient toujours en retrait. Tout ce qui sortait de l'ordinaire empêchait le monde de tourner selon les journaleux et le milieu s'était alors posé beaucoup de questions sur lui : ses yeux qui brillaient, ses mains qui tremblaient, sa mise en avant. Certaines rumeurs avaient circulé mais n'avaient jamais été prouvées. Sara eut alors l'intuition de ce que Mike préparait...

- Bon alors les kamachin sont à une soirée privée dans une boîte. J'ai réussi à nous avoir des entrées V.I.P., dit-il en jetant un oeil à ce qu'elle portait : pantalon noir, chaussures fermées et haut blanc (cela eut l'air de lui aller car il ne fit aucun commentaire). Prépare-toi, tu ne prends que l'APN, l'autre est pas top discret. C'est une soirée qu'a organisé un grand ponte du showbizz. Va y avoir du gros alors tu les vises eux (en montrant le dossier du doigt) et tu mitrailles. Tout ce que tu peux avoir tu prends. Rapproche-toi d'eux au max! Tu les quittes pas d'une semelle. Bon, enfin, tu connais la chanson quoi...

Sara fut surprise : oui elle connaissait en effet la chanson mais à chaque fois il lui donnait mille conseils, mille directives, mille ordres, toujours les mêmes... Qu'il s'arrête là l'étonnait. Il avait l'air sûr de son coup et en même temps très nerveux. Elle se douta que Mike avait une « taupe » qui l'avait brieffé sur le groupe et l'avait aiguillé sur une chose précise du groupe que Mike avait l'air d'être sûr de trouver à cette soirée. Que cachait donc le groupe de si important?

Il se gara devant une boîte de nuit. Le parking était plein. Sara cacha l'apn dans son sac, le cala pour que l'objectif se fiche dans un trou discret du sac et déclencha la mise en route automatique. Elle avait une mini-télécommande au creux de sa manche, elle pouvait ainsi déclencher l'appareil et prendre des clichés sans paraître suspecte.

Ils étaient prêts. Ils s'engagèrent dans l'entrée de la boîte, Mike sortit ses entrées et entra, Sara le suivit. La musique assourdissante agressa Sara. L'eléctronique était poussée à son maximum. Elle vit Mike se diriger vers le bar. Le barman lui fit un clin d'oeil et lui montra d'un signe une porte gardée par un molosse d'un mètre quatre-vingt-dix : l'entrée de la soirée privée.

L'homme gardant la porte ouvrit celle-ci sans un mot quand Sara et Mike s'approchèrent. Sara tiqua : bon sang dans quelle sale histoire s'était-elle fourrée??

mardi 3 juin 2008

Ep. 24 : Qui es-tu Sara...?


Sous les yeux de toutes les personnes présentes, Sara sortit de la chambre en courant, ses affaires dans les bras, des larmes pleins les yeux. Elle ne voyait plus rien, plus personne, ce n'était plus que des ombres devant elle. Ses larmes obscurcissaient sa vue. Elle ne s'arrêta qu'au bout du couloir, devant l'ascenseur, dont heureusement les portes s'ouvraient pour libérér deux clients de l'hôtel. Ceux-ci furent choqués par la vue de cette fille vêtue d'un simple T-shirt, en larmes, blanche comme un linge.... Ils sortirent néanmoins de la cabine et Sara s'y engouffra. Les portes se refermaient quand elle se retourna. Ils étaient tous restés à leurs places mais ils l'avaient tous suivie des yeux. Le seul qui n'avait pas bougé c'était Bill. Ce fut la dernière chose qu'elle vit quand la cabine se referma: son dos.
L'ascenseur commençait à descendre quand elle appuya sur le bouton STOP. Ce ne fut que quand elle mit le doigt sur le bouton qu'elle réalisa que Bill avait eu le même geste quelques heures plus tôt. Ses affaires s'éparpillèrent par terre. Elle les fixa un instant puis, prise d'une frénésie, elle prit son sac à main qui, heureusement, contenait un jean et un sweat. Elle avait prévu qu'au retour de la fête, elle aurait eu besoin de se changer. Elle se vêtit rapidement, les doigts tremblants. Elle remercia le ciel d' avoir pensé à prendre ce jean ! Puis elle se maudit, elle maudit sa vie, elle maudit toute cette dernière année... Elle s'appuya alors contre le mur, glissa à terre, et éclata en sanglots déchirants. Puis ses pensées la menèrent à une année en arrière :
Flashback ... un an avant...
Après ses études de journalisme, elle avait réussi à trouver un job au journal régional « Sud-Ouest ». Elle avait commencé au bas de l'échelle faisant des cafés plus que d'écrire un quelconque papier. Elle rêvait d'avoir son article à elle en première page, comme tout journaliste! Grâce à sa tenacité et son dynamisme, le boss avait décidé qu'elle était prête. Puis un jour, Sara avait fini par être autorisée à aller sur le terrain. Malheureusement, elle devait être coachée par un journaliste qui, lui, n'avait aucune intégrité et dont seul comptait le fait de gagner plus de fric. Mike Jillan aurait marché sur sa mère pour un cliché ou pour un bon article. Elle devait le suivre et c'était lui qui décidait de tout. Ils écrivaient pour la rubrique « People&Scandales ». Enfin plutôt : ils écrivaient et lui signait seul l'article. Car Sara était là pour les photos ou pour faire diversion mais Mike se glorifiait seul du résultat de l'article. Et le faisait bien sentir à tout le monde.

Après plusieurs articles brûlants ensemble, dépeignant de façon agressive les faits et gestes des artistes actuels avec l'appui de clichés plus ou moins exacts, parfois retouchés, ils stagnaient. Mike s'énervait, entrait dans des élans de colères injustifiés contre Sara. La jeune femme le suivait, supportait ses colères par des silences qui l'énervaient encore plus. Sara n'aimait pas du tout ce qu'elle faisait avec lui. Cette façon d'agir était tout sauf honnête : Mike souvent, détournait la vérité, juste pour faire vendre plus. Le boss le laissait faire, ses articles amenant un bon bénéfice au journal!

Le soir, rentrée chez elle, Sara était en larmes. Elle ne supportait plus cette méchanceté gratuite. Elle s'était replièe sur elle-même, ne sortant que pour aller travailler ou faire ses courses... Personne ne fit attention à son changement d'attitude. Elle devenait l'ombre de Mike et, lui, récoltait tous les lauriers!

Puis, un jour, apparut un groupe. Leur musique commençait à avoir du succès en France. Leur leader créait la polémique : il était grand, brun, mystérieux et avait des yeux de velours... La proie rêvée de tout journaliste !