vendredi 29 août 2008

Ep. 44 : Le pardon.




Sara prévint sa famille par téléphone ainsi que ses amis. Elle appella aussi le journal pour qui elle faisait les reportages animaux. Sa rubrique n'était pas vraiment utile donc elle eut sa semaine. Elle dévia sa ligne fixe sur son portable et demanda à Marie de garder son courrier pendant la semaine, ce que la concierge accepta avec plaisir. Elle fit sa valise pour la semaine, regarda une dernière fois son appartement pour vérifier que tout était en ordre et referma la porte. Bill prit la valise et son sac et ils descendirent ensemble rejoindre la voiture qui les attendait en bas.

En passant, elle prit son courrier. Une lettre attira son attention, le nom de l'expéditeur elle le connaissait. Cela faisait un an qu'elle essayait de l'oublier...

Elle s'assit dans la voiture à côté de Bill. Puis ne put attendre et ouvrit la lettre :

Mademoiselle,

Cela faisait un an que je n'avais pas touché aux affaires de mon fils, disparu il y a un an. Il y a une semaine, j'ai décidé de le "retrouver" en rangeant ses affaires. Essayer de me rapprocher de lui pour mieux accepter sa mort. J'ai trouvé votre lettre, encore cachetée, datant du jour de sa mort. J'ai hésité puis je l'ai ouverte et lue. Votre lettre m'a énormément touchée. Vous vous accusez de la descente aux enfers de mon fils à cause des photos publiées par votre journal. Malheureusement, son mal-être datait de plus d'un an avant sa mort. Ses photos n'ont été que le sommet de l'iceberg qui l'a amené à sauter de ce pont. Il était en dépression, il avait du mal à vivre le succès si rapide de son groupe de musique. Cela faisait des mois qu'il n'allait pas bien. Il parlait même de quitter le groupe à la veille de leur grande tournée. J'étais la seule au courant de tout ça. C'est pour cela que je me permets de vous le dire. Ne vous sentez pas coupable. Ce ne sont pas vos photos qui l'ont amené sur ce pont, c'était l'accusation de viol sur mineure qui l'a le plus touché. Sa soeur avait de l'âge de la jeune fille qui l'accusait. Il n'aurait jamais fait ça. Il a été blanchi dans cette affaire, mais après sa mort.

J'aurai dû le soutenir plus, j'aurai dû le faire suivre par un médecin. En tant que mère, je me sens coupable de n'avoir rien fait. Mais j'ai aussi été là pour lui, c'est ce que je me dis aujourd'hui. Personne n'est coupable, même pas lui. Il était jeune, trop jeune pour ce succès si rapide.

J'ai vu un article sur vous cette semaine où vous auriez été blessée lors d'une soirée. J'espère que vous allez bien. C'est comme ça que j'ai fait le rapprochement entre votre lettre, votre nom et cet article.

Cette lettre je l'écris à vous comme je l' aurai écrite à mon fils : Vous êtes jeune. Vivez chaque instant à fond! Prenez chaque moment comme un cadeau. Ne vous brûlez pas les ailes. J'espère que cette lettre vous aura fait du bien. A moi elle m'a soulagé en un sens...

Si un jour vous avez besoin d'en parler, je serai là...

Vous souhaitant une bonne continuation et un bon courage,

Jessica L.,
maman de David L.,

Sara releva les yeux vers Bill, les yeux pleins de larmes.
- elle m'a pardonné..., murmura-t-elle en lui tendant la lettre pour qu'il la lise.

Bill lui essuya ses larmes. Ils se sourirent.
- leb' die sekunde, mon coeur...

Elle replia tendrement la lettre, murmura mentalement un merci à cette femme qui venait de lui ôter un gros poids sur le coeur, et se renfonça dans le siège de la voiture. Oui, Jessica, je vous le promets : je vais profiter de chaque moment...

Sara resssentit alors en même temps l'appréhension, la peur et l'anxiété de vivre une semaine dans la tribu TH. Puis elle se raisonna : au pire, elle retournerait chez elle! Bill lui fit un grand sourire et prit sa main. Elle avait confiance : il serait là, c'était le principal.

Le chauffeur s'arrêta devant l'hôtel qu'elle avait quitté précipitamment il y a quelques jours. Tout cela était du passé. Aujourd'hui lui était offert de passer une semaine avec Bill. Elle allait en profiter au maximum.

Pendant que le chauffeur montait les valises de Sara, ils allèrent directement dans la pièce réservée aux réunions où les attendait le groupe et David. Bill menait, Sara suivait. Mais ils étaient main dans la main, unis face à ce qui les attendait.

A leur entrée, Georg, Gustav et Tom se levèrent et vinrent embrasser Sara sur la joue et lui souhaitèrent en rigolant bienvenue en « enfer ». Sara se sentit de suite à l'aise face à eux. Ils ne lui en voulaient pas, après tout ce qu'il s'était passé. Bill lui avait dit qu'il n'y avait que Tom et David au courant de sa « sortie ». David leur avait juste dit qu'Emy était la cousine de Sara. Point barre. Le sujet était clos. Ils n'avaient pas cherché à en savoir plus. Le reste était la vie privée de Bill.

David se dirigea vers Sara et lui serra la main. Il avait été là, à chaque fois. Il l'avait aidé après sa dispute avec Bill et les avait réconcilié. Aujourd'hui, il acceptait qu'elle soit là pendant une semaine auprès du jeune homme et dans leur intimité. C'était une grande preuve de confiance.

mercredi 27 août 2008

Ep. 43 : On fait un deal!



Une heure après, Bill partit à la douche suivi peu après par Sara. Entendant l'eau coulant dans la salle de bain, Bill prit alors son portable :

- allô?
- C'est moi Dav'!
- alors, tu n'en as encore fait qu'à ta tête hein, Bill?!!
- désolé mais c'était important.
- Sara hein?!
- ouais... comment tu sais?
- Tom m'a prévenu, lui....
- Ok! c'est pour ça que l'armée n'est pas encore partie à ma recherche?!!!, dit Bill en rigolant.
- ouais on va dire ça...
- Dav'?
- olaaaaaa, je sens venir une demande spéciale, non?!!
- ben disons... oui!
- vas-y. J'aviserai après.
- j'aimerai que Sara passe la semaine avec moi, enfin... avec nous...
- ...
- David?
- Bill, tu sais que cela en sera mille fois plus dur de vous quitter samedi si vous passez toute la semaine ensemble et 24h/24...
- j'y ai réfléchi, crois-moi, ce n'est pas une lubie. Je sais ce qui nous attend après. Mais je veux profiter au maximum de Sara.
- Bill, tu me croiras peut être pas mais...j'ai été jeune moi aussi...

David entendit un petit rire à l'autre bout du fil. Il sourit.
- ouais t'as raison je te crois pas ! éclata de rire Bill.
- bref, continua-t-il avec un sourire, je sais ce que c'est d'être amoureux, d'être jeune et de croire qu'on a la vie devant nous.
- j'ai pas la vie devant moi Dav'... j'ai juste une semaine. Je te demande pas la lune, c'est juste que j'ai envie de la protéger, j'ai envie de vivre ça avec elle, j'ai envie...
- ok, ok, STOP!! j'ai compris. Tu sais que vous avez des interviews et des shootings prévus hein? Faudra qu'elle reste dans l'ombre. Il va se passer pas mal de choses cette semaine. On va aussi tout mettre au point pour la tournée qui vient. Penses-tu vraiment pouvoir t'occuper d'elle? Et n'oublie pas que le groupe doit aussi être d'accord avec sa venue.
- je suis sûr qu'ils comprendront. Et je suis sûr que Sara se fera discrète. Elle ne te dérangera pas ni toi, ni nous. Je me porte garant pour elle!
- Ok. Laisse-moi réfléchir dix minutes. Je te rappelle.

Bill entendit le bip dans l'écouteur. Il referma son portable. Il se retourna et aperçut alors Sara dans l'encadrement de la porte. Elle portait une grande serviette autour de son corps. Ses cheveux encore chargés d'eau dégoulinaient dans son dos et des gouttes tombaient sur la moquette.

- j'ai... oublié mon jean.., dit-elle en se dirigeant vers la penderie et en prenant le pantalon.
- Sara?!
- mmm? répondit-elle la tête baissée.
- ça fait longtemps que tu es là?
- disons... depuis l'histoire de l'armée, dit-elle en relevant les yeux et lui adressant un grand sourire.
- oh! Donc tu as tout entendu...
- hé oui...
- et ?
- et quoi?
- tu serai d'accord ?
- tu ne crois pas que tu aurai dû d'abord m'en parler à moi?!
- disons que je pense que je connaissais ta réponse....
- oh?! Et elle serait...?, dit Sara en lui adressant un regard plein de défi.

Bill s'approcha alors d'elle avec une démarche de chasseur hypnotisant sa proie, d'une démarche féline, vit une goutte d'eau lentement descendre le long du cou de Sara et venir finir sa course dans le creux de ses seins, il posa son doigt dessus, arrêtant sa descente, juste avant qu'elle ne disparaisse sous la serviette. Il porta alors son doigt mouillé vers son visage et il lècha sensuellement la goutte avec sa langue en fixant Sara des yeux. Il glissa ensuite son doigt le long des lèvres encore humides de Sara. Celle-ci eut le rouge qui monta aux joues. Les yeux de Sara eurent un éclat de désir qui passa furtivement.

- je pense que j'ai ma réponse..., dit Bill en lui adressant un sourire de conquérant.

Sara se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa.
- oui tu l'as!

Bill se pencha sur elle mais fut interrompu dans son geste par le vibreur de son portable. Il en avait oublié David!
- je te laisse, dit Sara en se retournant vers la salle de bain.

Bill la retint par le bras.
- reste, chuchota-t-il.

Il décrocha sous le regard de Sara :
- ouais?!
- Bon j'ai vu avec les autres et par rapport à notre planning et à la sécurité de Sara...
- et...?

Sara vit le regard de Bill vaciller, devenir incertain. Il en devint tout à coup moins sûr de lui... Apparemment, David n'allait pas lui faciliter les choses.
- et bien... c'est bon!
- génial !,

Les yeux de Bill retrouvèrent leur éclat. Sara se blottit dans ses bras, non sans lui avoir adresser un grand sourire.
- mais une chose !
- oui?
- soyez ici dans trois heures. Le temps que Sara s'organise. Je n'accepterai plus aucun deal après, Bill! tu m'entends?!
- oui, oui ! Merci Dav' ! Merci!
- tu me remercieras plus tard. Assure la semaine. Si y a le moindre souci avec sa venue, elle repartira. C'est bien clair, Bill?!
- clair, chef!
- allez, profitez de votre solitude pendant ces trois heures car, après, vous aurez très peu la possibilité d'en profiter avec les autres zigottos et touts les trucs prévus!!
- ok Dav'! je te laisse... j'ai un truc qui est en train de chauffer sur le feu là...

Bill raccrocha mais, juste avant, David eut le temps de l'entendre lui et Sara éclater de rire comme deux gamins...

Mais il ne les vit pas s'étaler ensemble sur le sol, écroulés de rire, les yeux brûlant de désir...et heureux!

dimanche 24 août 2008

Ep. 42 : Un rayon de soleil



Sara ouvrit les yeux. Elle avait chaud. Elle se passa la main dans les cheveux, elle était trempée de sueur... La soirée lui revint en mémoire. Enfin, par bribes. Tout ce dont elle se souvenait c'était d'avoir pris la bouteille et de boire, de boire... A ce souvenir, elle sentit son estomac la brûler. Elle sentit une grosse envie de vomir lui soulever le coeur. Elle se rua vers la salle de bain et vomit. Ses jambes se dérobèrent sous elle. Elle finit à quatre pattes devant la cuvette. Quand elle eut fini, elle s'assit, s'essuya la bouche et posa sa tête contre le mur. Elle ferma les yeux, sa tête lui tournait trop... Elle n'arriverait jamais à retourner dans son lit... Puis une odeur vint lui chatouiller les narines. Un parfum d'homme... Elle ouvrit les yeux. Elle entraperçut Bill debout devant elle. Elle devait faire un rêve c'était ça... ou plutôt un cauchemar... Elle referma les yeux et les rouvrit. Elle plissa les yeux. La silhouette se pencha vers elle.

- tiens...

Elle prit ce qu'on lui tendait : c'était un gant humide. Elle le fit tomber par terre. Alors Bill se mit à genoux et tendrement lui passa le gant sur le visage.

Elle ferma les yeux. Cela lui fit un bien fou. Elle sourit. Puis les réouvrit : Bill était toujours là.

- Bill...
- oui je suis là Sara
- tu es vraiment là?
- oui je reste là.
- pourquoi tu m'as fait autant de mal?, éclata-t-elle en sanglots.

Elle sentit sa main lui caresser le visage.

- Je suis désolé... j'avais bu... On s'était quitté. J'étais mal, je t'en voulais. J'ai pas réfléchis.

Sara regarda Bill. Ses larmes coulaient sans plus s'arrêter. Sa tête lui faisait mal. Elle était incapable de réfléchir plus. Elle se rapprocha de Bill et se mit dans ses bras :

- demain, on en parlera demain...

Il la porta alors sur le lit. Elle se blottit dans ses bras et respira encore une fois son parfum. Il sentait si bon. Bill lui caressa tendrement les cheveux. Il commença à chantonner une berceuse allemande... Bercée par la caresse et par la douceur de sa voix, Sara se rendormit...


Le soleil du matin passa à travers les persiennes. Il éclaira la chambre et posa doucement ses rayons sur les deux silhouettes endormies, enlacées sur le lit. Les cheveux de Bill tombaient sur le visage de Sara. Il avait son bras autour de l'épaule de la jeune femme. Elle-même était blottie dans les bras du jeune homme. Ils paraissaient détendus. Un inconnu les aurait pris pour deux amoureux après une nuit d'amour...

Un des rayons tomba sur les paupières closes de Bill. Celui-ci cligna des yeux puis recula légèrement sa tête pour éviter la lumiére. Sara eut un gros soupir. Il baissa les yeux sur elle. Il admira son visage paisible, ses lèvres roses, ses longs cils, sa peau...

Il se posait tellement de questions sur leur « couple ». Avait-il eu raison de venir cette nuit...? Il aurait pu disparaître de la vie de Sara. Elle l'aurait pris pour un salaud et ils ne se seraient jamais revu.

Le souci c'est qu'il n'était pas comme ça. Sara était devenue la lumière de sa vie. Il savait que la semaine à venir, ils souffriraient en sachant que cela ne les ménerait nulle part. Il avait besoin de Sara, de penser à elle, d'être contre elle. Fallait-il tout arrêter aujourd'hui? Mettre un terme à leur histoire maintenant? Ou l'idée faisant son chemin : emmener Sara avec eux...? Seule la jeune femme pouvait y répondre. Il suivrait son choix, quel qu'il soit...

Sara dut sentir son regard sur elle car elle ouvrit les yeux. Les yeux marrons de Bill étaient posés sur elle. Elle s'écarta aussitôt de lui. Elle se mit accroupie sur le lit et baissa les yeux.

Puis releva d'un coup la tête : ses yeux lançaient des éclairs. Ils étaient presque devenus verts foncé.

- tu n'aurai jamais dû faire ça... qu'est-ce qu'il t'a pris? Pourquoi?
- je... je ne sais pas... tu m'avais blessé, j'ai voulu me venger... Je ne sais pas ce qu'il m'a pris d'aller voir ces filles! J'ai pété les plombs. J'ai perdu le contrôle à cause de l'alcool. Je suis désolé Sara...

Il avait l'air si désolé. Sara pouvait-elle vraiment encore lui jeter la pierre? Elle aussi s'était saoûlé. Comment aurait-elle réagi si elle n'était pas tombée évanouie sur son canapé? ... Des bribes de la nuit lui revint.

- j'ai honte moi aussi...
- il ne faut pas Sara, c'est moi qui ait honte...
Tout à coup, elle se demanda ce que Bill faisait là?!
- mais comment es-tu entré?
- c'est Brooke qui m'a ouvert.
- Brooke? Sara se rappella alors. Ah oui... et toi tu es venu ...?
- oui.
- pourquoi?
- parce que... je tiens à toi.

Elle baissa les yeux.
- je suis heureuse que tu sois là.

Bill alors se rapprocha d'elle et la serra fort dans ses bras.
- je suis heureux d'être là, près de toi. Je veux juste pouvoir profiter du moment présent...
- franchement Bill devons-nous continuer à nous poser toutes ces questions? Je voudrai être avec toi cette semaine, juste avec toi. Et quand le temps sera venu, ce sera fini. Tu as ta vie, j'ai la mienne...
- très bien, Sara, je ferai ce que tu veux...
- ce que je veux oui..., murmura-t-elle. (mais ce n'est pas ce que je veux, je m'attendais plutôt à un « je resterai toujours avec toi »...)

Elle serra plus fort le jeune homme. Blottie dans ses bras, elle était si bien...Elle voulait toucher chaque partie de ce corps, ressentir chaque parcelle de peau, cette peau si douce...

- je te demande pardon, Sara, je ne peux pas revenir en arrière, mais si je le pouvais je le ferai. Je t'ai fait du mal et je le regrette profondémment. Crois-moi!

- je peux te pardonner, Bill, mais pas oublier.

Dix secondes s'écoula avant qu'elle n'entende un :
- je comprends...

Sara se détacha du torse de Bill et leva la tête. Son regard transperça Bill. Il ressentit un vif désir. Ses yeux verts le possédaient. Leur éclat le rendait fou...

Il passa les mains dans les cheveux de Sara. Cell-ci suivit le mouvement avec sa tête et ferma les yeux. Ses lèvres à demi-ouvertes s'offraient à lui. Il y déposa un baiser très doux à leur commissure. Sara exhala un soupir. Il sentit le souffle chaud de la jeune femme frôler sa joue. Il en eut la chair de poule. Son souffle s'accéléra. Il ferma à son tour les yeux. Il voulait la sentir, la ressentir. Il déposa un baiser sur ses lèvres. Puis s'en éloigna. Sara gémit doucement. Ses mains posées dans son dos commencèrent à le serrer un peu plus fort. Il se rapprocha alors d'elle et sentit le corps de Sara contre le sien. Il était chaud. Une de ses mains descendit le cou de la jeune femme et frôla la gorge offerte. Il sentit alors le pouls de la jeune femme s'accélérer. Il replongea alors vers la bouche de Sara : il passa la langue sur la lèvre inférieure puis la supérieure. Sara était au supplice. Elle ouvrit encore plus la bouche, il en profita pour engouffrer sa langue à l'intérieur. Sa langue explora, fouilla, caressa. Il savait que son piercing multipliait les sensations. Il tourmenta la langue, la frôlant, l'excitant. Il passa sa main libre -l'autre tenant toujours la tête de Sara- sous le t-shirt de la jeune femme et caressa ses seins, il pressa doucement les têtons. Il sentit la jeune femme prête à fondre dans ses bras. Il quitta alors les lèvres de Sara puis lui ôta le t-shirt. Il enleva aussi le sien : ils se retrouvèrent lui en boxer et elle en shorty. Sara fit alors glisser le boxer le long des jambes de Bill puis se mit à genoux devant lui. Elle lui lança un regard brûlant puis posa ses mains sur les fesses du jeune homme pendant que sa langue se mit à exciter le sexe offert : elle le lècha, le taquina, le frôla puis elle prit le sexe dans sa bouche et fit un mouvement de va-et-vient. Bill perdit pied. Elle enflamma ses sens. C'était si bon... Il pencha la tête en arrière et gémit doucement. Ses mains caressaient le visage de Sara.

Tout à coup, il la repoussa :
- arrête ! dit-il dans un souffle

Sara le regarda.
- pas comme ça... dit-il en lui indiquant du regard le lit.

Sara comprit, se releva et, sans le toucher, lui passa devant et recula vers le lit. Elle ôta son shorty et le jeta. Elle se coucha sur le lit et du regard, invita Bill à la rejoindre. Il se mit rapidement un préservatif et se mit au-dessus de Sara. Elle prit son sexe dans sa main et se mit à le masser. Il l'embrassait fougueusement. Elle le lâcha et enfonça ses ongles dans le dos de Bill, le regard enfiévré. Il lui fit alors l'amour avec passion, les yeux dans les yeux. Leurs murmures se perdaient dans leur souffle...

Ils jouirent ensemble : Sara griffant le dos de Bill et Bill embrassant Sara et doucement lui mordre les lèvres...

Bill se laissa alors tomber sur le dos, à côté de Sara.

Leurs mains se joignirent. Leurs mains se retrouvèrent.

samedi 16 août 2008

Ep. 41 : Une main tendue





Brooke arriva en trombe dans la rue de Sara, elle sonna longuement chez elle à l'interphone qui resta sans réponse. De plus en plus inquiète, elle se résolut à sonner chez la concierge. Il était deux heures du matin...

- oui? lui répondit une voix ensommeillée

- bonsoir madame, je suis désolée de vous réveiller mais je suis une amie de Sara, elle vient de m'appeller et ne répond pas à l'interphone, je suis très inquiète! Pourriez-vous m'ouvrir s'il vous plaît?

Marie entendit la détresse dans la voix et appuya sur le bouton d'ouverture de la porte d'entrée. Elle entendit un merci, la porte d'entrée qui s'ouvrait puis une course dans l'escalier. La porte d'entrée se referma. Elle hésita sur ce qu'elle devait faire. Devait-elle se mêler de la vie de Sara? Si la jeune femme qui venait d'entrer avait besoin, elle sonnerait chez elle. Elle retourna se coucher mais alluma la lumière, prit un livre et patienta en lisant...

Brooke monta quatre à quatre l'escalier et vit la porte entrebaillée. Elle se précipita dans l'appartement. Sara était couchée en boule sur le canapé, emmitoufflée dans un plaid... Brooke s'agenouilla auprès d'elle et posa sa main sur son épaule :

- Sara...?, chuchota-t-elle

- hummmmm..., reçut-elle comme réponse.

Elle secoua la jeune femme :

- Sara ! C'est Brooke !

La jeune femme ouvrit les yeux. Brooke vit ses yeux rouges, le regard enfiévré...

- Brooke... c'est toi..., murmura-t-elle avec un sourire béat.

Brooke reçut l'haleine chargée d'alcool de Sara en plein figure. Elle eut un geste de recul. Son regard se porta alors sur la pièce et elle vit la bouteille brisée en mille morceaux par terre. Puis revint sur Sara, les yeux de celle-ci se remplirent de larmes :

- tu sais quoi ma belle? : les mecs sont des salauds!... Il m'a fait du mal... Mais je l'aime, je l'aime et il me fait souffrir... pourquoi? Pourquoi?

Elle éclata en sanglots. Brooke la prit dans ses bras et la berça tendrement pendant un moment. Puis elle ne sentit plus le corps contre elle réagir. Sara s'était évanouie. Elle la reposa doucement sur le canapé puis alla dans la cuisine. Elle fit une cafetière entière de café. Elle allait rester surveiller Sara. Elle appela son ami pour le prévenir qu'elle restait à ses côtés. Puis alla ramasser les débris de verre qu'elle jeta à la poubelle. Elle s'assit ensuite à la table de la cuisine et but une grande tasse de café. Que devait-elle faire? Elle ne savait pas ce qu'il s'était passé. Mais Sara souffrait, c'était évident. Et, encore plus évident, cela avait l'air de l'être par la faute de ce chanteur, ce Bill.

Au bout de trente minutes de questionnements, elle se leva, se dirigea vers le canapé et se baissa pour ramasser le portable de Sara. Elle devait prévenir quelqu'un de l'état de la jeune femme. Elle chercha et tomba sur ce qu'elle voulut. Elle trouva le numéro et appella.

Ving minutes plus tard, l'interphone sonna, elle ouvrit sans hésitation.

Devant elle arriva un grand jeune homme avec une casquette noire sur la tête. Ses longs cheveux étaient plaqués et retombés délicatement sur ses épaules. Mais dès qu'elle croisa son regard, elle fut subjuguée. Son regard marron pourtant passa à travers elle. Elle voyait l'inquiétude dans son regard :

- je suis Brooke, une amie de Sara.

- je suis...

- oui je sais, le coupa-t-elle, entres...

Il entra. Il vit Sara et se dirigea vers elle. Son corps se mouvait tout en douceur. Brooke se dit que ce type devait chavirer bien des coeurs mais que pour l'instant, apparemment, seule comptait Sara pour lui. Il ne serait jamais arrivé aussi vite sinon.

Il s'accroupit devant Sara endormie... Il caressa sa joue et lui prit tendrement la main... Il lui murmura à l'oreille :

- je suis désolé Sara...

Il sentit sa main serrer plus fort la sienne. Son coeur explosa à la vue de l'état de Sara. Tout était de sa faute, jamais il ne se le pardonnerait...

Il sentit une main se poser sur son épaule, il tourna la tête :

- il faudrait la mettre sur le lit, lui suggéra Brooke.

Il hocha la tête puis il prit Sara dans ses bras. Elle dut le sentir car elle se blottit dans ses bras et eut un doux sourire. Elle respira profondément et posa sa tête contre le torse de Bill. Celui-ci la déposa doucement sur le lit, puis rabattit les couvertures sur elle.

A ce moment là, Sara ouvrit les yeux mais avec son esprit embrumé elle ne vit qu'une ombre. Elle se retourna sur le côté et murmura :

- Bill...

Elle se rendormit. Bill lui prit une mèche qui était tombé sur ses yeux et lui reposa délicatement sur le côté. Puis il caressa ses cheveux.

- je suis là... je suis désolée, Sara...

Brooke avait assister à la scène et se dit qu'elle était de trop.

- Bill?!

Il se releva et se tourna vers elle, le regard interrogateur mais encore rempli d'amour.

Inconsciemment, Brooke en fut jalouse. L'amour qu'elle voyait dans ces yeux était tellement beau.

- prends bien soin d'elle! Et si tu lui refais du mal je te promets de te le faire payer !!

Bill comprit la forte amitié qui liait Brooke à Sara. Elle était là pour elle. Elle l'avait appellé au secours alors qu'elle savait qu'il lui avait fait du mal. Tout ça pour le bien de Sara et pour qu'ils s'expliquent.

- je te promets de ne plus lui faire du mal, en tout cas j'essaierai.

- n'essaie pas ! Fais-le !

- j'ai compris, dit Bill en souriant, je te promets!

Brooke lui rendit son sourire. Finalement, ce type était peut être un mec bien! Peut-ête avait-elle bien fait de l'appeller finalement, ou sinon Sara la maudirait jusqu'à la fin de sa vie...

- je vous laisse tous les deux. Si il y a quoi que ce soit, tu m'appelles et j'arrive, ok?!

- Ok !

- et... dis à Sara de m'appeller dès qu'elle ira « mieux »... et que je l'adore!

- je n'y manquerai pas !

- au revoir Bill...

- au revoir Brooke, et merci pour ce que tu as fait pour Sara... je te suis redevable...

- laisse tomber! Seul compte pour moi son bonheur! Et si ça doit être avec toi, je m'incline!

- je... je repars samedi prochain en tournée, on ne se verra probablement plus après..., dit-il en regardant Sara endormie.

- elle le sait?

- oui elle le sait..., lui répondit-il en se retournant et en la regardant dans les yeux, nous le savons tous les deux...

- alors aimes-la pour une semaine, qu'elle garde un bon souvenir de toi! C'est le principal : qu'elle soit heureuse, même pour une semaine!

- tu sais Brooke, elle a de la chance de t'avoir pour amie!

- non c'est moi qui ai de la chance de l'avoir! Au revoir!

- au revoir!

Elle prit son sac, jeta un oeil sur Sara endormie, puis sortit de l'appartement en silence. Elle referma doucement la porte.
Bill se pencha alors et embrassa Sara sur le front... puis il se coucha à côté d'elle et la prit dans ses bras... Il la veillerait cette nuit...




vendredi 15 août 2008

Ep. 40 : Juste oublier...



Sara ne savait pas où elle allait mais elle courut droit devant elle, les larmes dans les yeux... Elle sortit de l'hippodrome et, après une hésitation, prit la route devant elle et reprit sa course... Ses pensées s'entremêlèrent...

Bon sang! sa relation avec Bill serait-t-elle toujours comme ça? Pourquoi était-elle tomber amoureuse de cette ombre? Ce type n'en valait pas la peine... Le soir où ils se séparaient, il faisait l'amour à une autre !! Elle devait l'oublier, passer à autre chose! Cette relation était tout sauf saine. C'était juste une histoire de sexe, rien de plus... Son esprit devrait être plus fort que son coeur. Elle ne voulait pas passer sa vie à fuir, fuir ses sentiments. Elle devait fermer son coeur. Le fermer à Bill et à tout autre homme. Elle ne souffrirait plus, n'aurait plus de larmes... une vie sans amour... c'était ce qu'elle devait faire. Mais pourrait-elle vivre comme ça? Avec un coeur fermé, un coeur de pierre? Malheureusement pour elle, devant ses yeux, se mit à flotter le doux regard de Bill et tout l'amour qu'il y avait dedans... Son coeur chavira et ses larmes redoublèrent...

Une voiture s'arrêta à sa hauteur et la portière du passager s'ouvrit :

- monte !

Sara monta. Elle n'osa pas regarder la personne à côté d'elle. La voiture démarra.

- Sara je suis désolée, si j'avais seulement su qu'il était ton ami, jamais je ne l'aurai fait, tu dois me croire!

- ce n'est pas à toi que j'en veux Emy! Je sais que ce « travail » tu le fais parce que tu as besoin d'argent. Pas par plaisir. C'est à lui que j'en veux. On venait de se séparer et lui la première chose qu'il fait c'est d'aller voir les p... heu pardon Emy... enfin d'aller voir une autre fille!! et là on est de nouveau ensemble, et il ne me dit rien!! Il a fallu qu'on te rencontre...

- Sara : quand il est arrivé, il était ravagé, il avait bu, ses yeux reflétaient une immense détresse et, au vu de ce que tu viens de me dire, je dirai que ce garçon t'aime comme un fou. Il a dit à Maeva qu'il voulait juste oublier... juste t'oublier TOI! D'autres seraient allés se coucher pour cuver leur vin, lui, il a vu ça comme un jeu, le jeu qui te ferait du mal si tu le savais! il était tellement en colère ce soir-là que je pense viser juste. Il se vengeait à sa manière. Il s'est vengé parce qu'il t'aimait! Je ne l'excuse pas mais toi tu as réagi d'une certaine façon et lui à la sienne... Vous avez deux caractères qui s'affrontent, c'est aussi cela aimer. Le mieux est d'avoir une explication avec lui... vous vous êtes remis ensemble! L'amour est précieux, Sara...

- Emy, il ne me resterait qu'une semaine avec lui si on se remettait ensemble, après je ne le reverrai probablement plus jamais...

Sara éclata en sanglots. Emy gara la voiture et la prit dans ses bras.

- pleure ma belle! Je comprends. La vie apporte aussi de belles choses, ne l'oublie jamais! Profite de cette semaine avec lui...

- la vie est belle? Comment peux-tu dire ça?! toi? Toi qui souffres de cette situation, qui doit faire des « extras » pour pouvoir survivre!!!

- Sara, avec l'âge, on apprend à relativiser. Quand je fais ça, tout de suite après j'oublie, ces hommes ne sont rien pour moi il n'y a aucun amour! Tu as la chance d'aimer et d'être aimée, c'est tellement précieux! Et puis, entre nous, après ce qui vient de se passer, je vais tout arrêter, je ne supporterai pas de voir souffrir une autre personne à cause de moi...

Sara la fixa avec des yeux ronds puis se serra encore plus dans les bras d'Emy.

- merci, murmura-telle.

- merci à toi de m'avoir ouvert les yeux. Et... je te demande encore pardon...

- je n'ai rien à te pardonner Emy, tu es ma cousine c'est la seule chose qui compte! Pour Bill, je vais attendre qu'il vienne vers moi. Cette fois, les torts sont partagés : je lui avais menti, il en a été blessé. Aujourd'hui, c'est lui qui m'a menti et c'est moi qui ait été blessé...

- Sara, les yeux de Bill reflétaient surtout la désolation et la colère contre lui.

- je croirai entendre David...

- David?

- leur producteur. C'est grâce à lui que nous nous sommes remis ensemble...

- ce garçon t'aime, Sara, j'en mettrai ma main au feu, et relevant le menton de Sara elle plongea son regard dans le sien, et toi, ma belle, tu l'aimes...

Après plusieurs minutes, la voiture redémarra et s'engagea sur la route. Elles arrivèrent devant l'immeuble de Sara. Elles se quittèrent et se promirent de se contacter très vite. Sara monta l'escalier, referma la porte.

Elle passa son samedi soir, seule, dans le noir...

Ses démons revenaient... : ce qu'elle avait caché à tous c'est qu'elle avait été alcoolique cette dernière année. Cela faisait deux mois qu'elle avait arrêté de boire... Elle passa des heures à fixer la bouteille en face d'elle posée sur la table basse... Elle résistait de son mieux mais, d'un coup, sa volonté lâcha... Elle prit la bouteille puis but une gorgée. Une douce chaleur descendit dans sa gorge tandis qu'un goût âcre envahissait sa bouche... Elle pourrait oublier elle aussi... juste quelques heures... après, elle pardonnerait... elle but une deuxième gorgée... qui lui fit avoir un haut-le-coeur. Une envie de vomir la surprit, elle but une troisième gorgée pour la faire passer... Le plaisir prit le pas sur le dégoût, ses pensées s'embrumaient.
Au fil des heures, la bouteille se vida et Sara perdit pied... Elle se mit à pleurer, pleurer sur sa vie, pleurer sur Bill, puis à rire au souvenir de ses moments avec lui, rire en repensant à Tom, Georg et Gustav. Son rire se mêla à ses larmes. Elle ne se contrôlait plus. Elle porta la bouteille à sa bouche et but... mais rien ne vint brûler sa gorge, la bouteille était vide... De colère, elle envoya la bouteille contre le mur en face d'elle. Une explosion de verre éclata dans l'appartement, puis les débris tombèrent sur le sol. Elle voulut se lever mais retomba direct sur le canapé. Sa tête tournait, ses yeux la brûlaient, ses mains tremblaient... Dans un sursaut de lucidité, elle eut peur. Elle attrapa son portable sur la table et prit un numéro au hasard dans le répertoire sans même voir qui c'était...

- Allô?, répondit une voix féminine ensommeillé.

- Brooke?

- Sara? C'est toi? Tu as vu l'heure? T'es dingue !, puis deux secondes après elle ajouta : Tu as une drôle de voix?!!

- J'm'sens pas bien..., marmonna la jeune femme.

- mais qu'est-ce qu'... tu es bizarre!..

Sara entendit Brooke parler à quelqu'un d'autre puis :

- Sara écoute tu me fais peur, je sais pas ce qu'il se passe mais j'arrive !! surtout tu bouges pas, j'arrive dans quinze minutes! Tu m'entends? Sara? Sara?!...

Sara lâcha le portable qui tomba sur la moquette, elle retomba sur le canapé et se pelotonna dans un plaid.

Puis s'éleva un murmure dans l'appartement, Sara chuchotait :

There is nothing for me but to love you
And the way you look tonight...

Une larme s'échappa de son oeil, roula sur sa joue et finit dans le creux de son cou. Elle frissonna et son esprit partit loin, très loin... La jeune femme sombra...



jeudi 14 août 2008

Ep. 39 : Mauvaise rencontre



Dans le champ de courses tout le monde était assemblé : les participants de la courses, les journalistes, les chevaux, les organisateurs... Un joyeux brouhaha secouait l'hippodrome!

Sara se leva, voulant rejoindre son frère, mais Bill la retint :

- Sara, on ne peut pas risquer qu'on nous reconnaisse... les journalistes pourraient inventer une histoire acadabrante...

- oh!... oui je comprends...bon écoutez : restez-là ils vont remettre les prix sur le podium on y assistera de loin. Je vais voir Julien et je reviens ok?!

- ok!

Tom, Georg et Gusatv en profitèrent pour aller encaisser leurs gains. Ils avaient gagné beaucoup d'argent et décidèrent ensemble d'offrir cet argent à une oeuvre de charité pour les enfants en Allemagne et une partie à un orphelinat de Bordeaux. Ils retournèrent aux tribunes.

Sara rejoignit son frère et le félicita chaudement. Puis elle rejoignit les autres et ils assistèrent tous à la remise des prix.

La journée se terminait...Tout le groupe, après avoir chaleureusement félicité et remercié Julien, se dirigea vers le restaurant de l'hippodrome.

En face d'eux, deux jeunes femmes arrivaient. Personne n'y fit attention sur le moment mais au fil du rapprochement, certains reconnurent ces filles...

Sara eut un grand sourire et quand les filles furent à un mètre d'eux elle s'exclama :

- Les filles!

- Sara! Quel bonheur de te voir là!

- Que faites-vous ici?

- Julien nous avait donné des entrées on en a profité!! dommage qu'on ne soit pas vu avant...

- oui dommage!

Puis elle présenta les filles : Clara, sa nièce, que les garçons connaissaient l'ayant vu après le concert, et Emy, sa cousine... Puis elle présenta les groupe un par un et vit que Bill s'était légèrement mis en retrait...

- et voici Bill, le chanteur et mon ami... , mais elle s'arrêta net à la vue de la tête de Bill...

Bill rougit d'un coup. Il y aurait eu un trou il s'y serait caché... Retrouver Emy en face de lui était si étrange... Il avait fini par croire qu'il avait rêvé cette nuit là...Que les jeunes femmes avaient été un rêve... Que cela n'avait pas été lui... Et Emy était la cousine de Sara! Le destin jouait de bien mauvais tours...

Emy reconnut de suite l'ange de l'autre soir. Ses yeux, ce visage, le corps que l'on devinait sous les vêtements, elle revécut, en quelques secondes, les minutes de cette soirée-là. Ce jeune homme avait eu l'air si fragile et en même temps si torturé... Et c'était l'ami de Sara... Mon Dieu qu'avait-elle fait!!

Le sourire de Sara s'effaça petit à petit qu'elle vit Bill rougir et baisser les yeux en serrant la main d'Emy. Celle-ci à son tour eut l'air très gênée... Elle et Bill se connaissaient cela ne faisait aucun doute. Mais com...? Tout à coup, Sara comprit. Elle savait tout de la deuxième vie d'Emy. Elle seule savait d'ailleurs : Emy était étudiante mais une fois par semaine elle faisait des extras et ce soir-là, Bill avait dû franchir sa porte... Et elle comprit aussi quel était le soir où ils s'étaient « vu »... : le jour où David lui avait dit que « Bill avait pété les plombs »... Le regard de Sara croisa celui d'Emy à la recherche d'une confirmation et Emy alors lui lança un regard désolé puis baissa les yeux... C'était clair. Les yeux remplis de larmes, elle se tourna vers Bill. Mais celui-ci n'osa pas la regarder.

Il avait vu le regard que les filles avaient échangé. Que dire de plus...? Sa grande faute est d'avoir trop bu et de s'être laissé guider par sa colère. Il avait eu du plaisir mais aujourd'hui il s'en voulait. Il aurait voulu ne jamais se souvenir de cette nuit... Il sentait presque le coeur de Sara se briser en morceaux. Il lui devait la vérité. Finalement il leva les yeux mais ce fut pour voir Sara partir en courant...

- je suis désolée..., murmura Emy.

- pas autant que moi. Mais ce n'est pas ta faute! Uniquement de la mienne, lui répondit Bill.

- mais...?! Qu'est-ce qu'il se passe, bon sang?!! s'exclama Tom en se tournant vers Bill.

Tous les autres demeuraient interdits, incapables de comprendre ce qu'il venait de se passer en quelques secondes et en silence!

- Tom, voici Emy...

- oui j'ai bien compris!! me prends pas pour un crétin!!

- Tom... la nuit où je me suis saoûlé, Emy était là...

Bill regarda Tom en appuyant bien sur les mots. Son frère comprit.

- merde!!, après trois secondes il capta que Emy était là et qu'il avait été irrespecteux, heu... pardon Emy je voulais dire...

- c'est rien, le coupa Emy. J'ai compris. Je vous laisse, je dois parler à Sara... et tu devrais en faire autant!, rajouta-t-elle en regardant Bill droit dans les yeux... Au revoir...

Elle tourna les talons et disparut, Clara à sa suite qui se retourna en murmurant vers les garçons « désolée... ».

Le groupe reprit vie après son départ. La mort dans l'âme, Bill se dirigea vers la sortie, les autres n'eurent d'autres choix que de le suivre. Il s'engouffra dans la voiture, suivi des autres. Les voitures démarrèrent et l'hippodrome disparut de leurs yeux...


La journée avait si bien commencé...



lundi 4 août 2008

Ep. 38 : La course



Une fois tous assis, l'excitation monta d'un cran. Tout autour d'eux la tension était palpable : certains avaient parié gros sur cette course, d'autres étaient là pour le plaisir.

Ils virent les chevaux se placer avec leurs jockeys dans les stalles. Le bruit sourd des tribunes s'amplifia : la course n'allait pas tarder.

Sara jeta un oeil sur les autres assis à sa gauche. Le fait de connaître un des concurrents ajoutait au plaisir de participer et d'assister au spectacle. Ils étaient tous sur des charbons ardents. Puis le regard de Sara se déporta derrière Bill, plus haut dans les gradins, sur sa gauche et là, elle reconnut avec surprise le garde qui l'avait aidé à se relever au château. Trois hommes étaient avec lui. Tous avaient les yeux fixés sur le groupe. Sara eut une seconde d'étonnement puis elle se dit que c'était normal, ils n'allaient pas lâcher les garçons, même pour une journée... Leur liberté leur coûtait chère... Sara prit la main de Bill, il la regarda et elle lui montra d'un signe de tête le groupe d'hommes derrière lui. Il se retourna puis haussa les épaules en regardant Sara... Ils n'avaient pas le choix.

Ils se concentrèrent sur le champ de course. Julien s'approchait avec Sultan du box de départ. D'un coup calme, le cheval se cabra, nerveux, les lads s'écartèrent aussitôt de lui, par peur. Après plusieurs secondes où le cheval eut l'air fou et agité, Julien reprit le contrôle de Sultan. Il flatta son encolure et Sara le vit se pencher et chuchoter à l'oreille du cheval... Docilement, celui-ci entra dans le box...

- Scheiße!, ce mec est un as!!! lâcha Tom.

- et encore, tu n'as rien vu..., murmura Sara.

Quand tous les chevaux furent dans les box, trépignant d'impatience, les lads resserèrent toutes les sangles, les mors et vérifièrent les selles. Puis ils sortirent et refermèrent les portes derrière eux. La course n'allait pas tarder. Une silence général se fit, on n'entendit plus à ce moment là que le bruit des sabots et le hénissement des chevaux en lice. Tout à coup, les jockeys se couchèrent sur l'encolure de leur cheval respectif et leurs yeux étaient fixés très loin devant eux, vers la ligne d'arrivée.

Dix secondes d'intense tension s'écoulèrent puis les portes des stalles s'ouvrirent toutes en même temps : les chevaux s'élancèrent sur le champ de courses... et là le public hurla à pleins poumons!! La course sur 2500 mètres était lancée... Tous les chevaux restèrent tous au même niveau sur cent mètres puis Sultan resta à l'arrière avec les cinq derniers tandis que devant trois chevaux se détachaient du peloton...

Sara essaya d'expliquer aux autres la course malgré le bruit alentour, aussi elle cria vers eux :

- Julien reste toujours à l'arrière. C'est sa tactique : Sultan peut ainsi garder des forces et donner le meilleur pour la fin, tandis que ceux de devant vont vite s'épuiser. Regardez bien les trois devant : celui qui est le plus à la corde, c'est l'outsider. Le cheval s'appelle Lost, il n'est pas favori mais il a de bonnes chances. C'est lui que Julien redoute.

Elle se tut, les laissant savourer la course. Ils étaient tous hypnotisés. Mille mètres... certains chevaux fatiguèrent après avoir trop donner. Ils ralentirent ostensiblement. Et Sultan remonta imperceptiblement. Il fut vite dans les dix premiers.

Les derniers 450 mètres se profilaient. La tension fut à ce moment là à son comble. D'un coup, toutes les tribunes se levèrent, l'arrivée n'était qu'à quelques centaines de mètres... Un cri collectif s'éleva. Le public encourageait les chevaux à grands cris et sifflements. L'ambiance de délire total s'empara du groupe aussi. Ils se levèrent aussi, entraînés par la liesse et, s'appuyant sur la rembarde devant eux, ils se mirent tous à hurler le nom de Sultan.

Le cheval donna le meilleur de lui-même. Il était au coude-à-coude avec Lost... Les deux chevaux laissaient les autres loin derrière. Leurs pas s'allongèrent au maximum : ils ne couraient pas, ils volaient. Le jockey de Lost le cravachait sans arrêt. Julien lui n'utilisait jamais cet instrument - ce qui était rare chez les jockeys - seul le lien entre Sultan et lui les motivait et les boostait. Sultan aimait la course, pour lui c'était sa vie, il devenait un champion sur le terrain. L'adrénaline était son seul moteur... Julien avec lui, rien ne pouvait les arrêter...

Les derniers mètres furent une torture pour le public. Chacun son tour, Lost ou Sultan prenait la tête. Aucun ne se laissait distancer. Puis ils passèrent la ligne d'arrivée sous les acclamations et les sifflements. Le passage s'étant si vite fait, un speaker au micro annonça que les juges repassaient le film de contrôle pour confirmer le gagnant et attendaient la photo d'arrivée.

Le silence se fit partout puis le panneau d'affichage annonça :
- 1ère position : n°22
- 2ème position : n°04

Le 22 était Sultan... Des cris de joie s'élevèrent, les garçons du groupe se tombérent dans les bras. Apparemment, ils avaient parier sur Sultan. Sara était heureuse pour eux. Bill se retourna vers elle, un grand sourire sur le visage :

- Waouuuu! Pffffff... fantastique...quelle course! J'en reviens pas...

- oui la première fois fait toujours cette impression.

- tu as vraiment eu une idée géniale!! merci Sara!

- oui merci! lui dit Tom une fois l'excitation un peu retombée, cette course était vraiment impressionnante! Et puis nous avons gagné un petit paquet, rajouta t-il en faisant un clin d'oeil à Georg et Gustav. Ceux-ci lui retournèrent le clin d'oeil, apparemment heureux comme des paons...

- je suis contente pour vous! Maintenant venez, nous allons voir Julien et Sultan, les champions du jour...!!

Ep. 37 : Sultan





Puis Julien leur présenta Sultan, son champion. Sa robe noire, cette couleur étant très rare chez un pur-sang arabe cela lui donnait encore plus de valeur, éclatait avec la noirceur de sa crinière et de sa queue. Ses yeux noirs perçants trahissaient le fort caractère du cheval. D'ailleurs, il piétinait d'impatience, pressentant l'approche de la course...

- il est toujours comme ça avant : intenable et capricieux, dit en riant Julien. On arrive pourtant du paddock, enceinte dans laquelle les chevaux sont promenés avant l'épreuve. Mais il a foulé le terrain alors il est prêt à foncer... c'est de la dynamite ce cheval!! rajouta t-il avec une pointe de fierté. C'est un pur-sang arabe. Ses ancêtres ont été forgé dans le désert : presque mille ans de vie nomade en milieu hostile les ont rendu endurants et sobres. Puis la vie aux côtés des bédouins les a amené à parcourir de longues distances en peu de temps. Ils y ont gagné la vitesse et la robustesse. Les descendants de ces chevaux ont aujourd'hui une grande valeur : ils sont rapides et endurants...

Le cheval, comme pour confirmer les dires du jeune homme, se mit à souffler bruyamment des naseaux. Il frémissait d'impatience. Julien lui tapota tendrement l'encolure :

- encore un peu de patience ti'gars...

Son amour pour ce cheval transparaissait dans son regard. Sa passion était communicative : le groupe buvait ses paroles. Et puis Bill, Tom, Gustav et Georg avait rarement autant de liberté !!! Ils profitaient de ces instants au maximum. Ils savaient aussi qu'ils n'étaient pas si libres que ça. Une autre voiture les avait suivi jusqu'à l'hippodrome. Bill savait qu'à cette minute même, David remuait ciel et terre pour que des VSD entrent dans l'hippodrome, les suivent et les protègent. Mais, en attendant, il allait profiter...

Sara caressait Sultan : elle s'était mis face à lui et elle passait doucement les mains sur l'encolure du cheval, ses yeux dans les yeux du cheval... Sultan se laissa faire et se calma d'un coup...

Tout le groupe avait assisté à cette scène et regardait, médusé.

- Waouu mais comment tu fais ça ?!!, murmura Tom, stupéfait.

Ce fut Julien qui répondit à la place de le jeune femme :

- Sultan connait Sara depuis le jour de sa naissance. Elle était là quand il est né, avec le vétérinaire et moi. Mais c'était vraiment un coup du hasard. J'étais exceptionnellement sur Bordeaux, nous avions passé la journée ensemble avec Sara et, en revenant à la maison de mes parents, tout s'est accéléré. Ce petit est né. Nous étions là. Depuis, un lien s'est créé entre nous trois. A chaque fois que nous nous voyons tous les trois, c'est comme si on ne s'était jamais quitté. Je sais que cela semble bizarre mais Sara a un don avec les animaux. Il suffit qu'elle les caresse ou leur parle, et ils se calment...

- hé ben...

- hé Julien!! cria en même temps une grosse voix.

- ouais?

- balance! tu es demandé!!

- ok, j'arrive! Je suis demandé dans la salle des balances, c'est-à-dire que chaque jockey est pesé avec son matériel avant et après chaque course. Je vous laisse, après c'est la course qui commence.

- nous allons nous placer dans les tribunes pour la suivre et te laisser te concentrer, lui répondit Sara. Bonne chance à vous deux...!! On se retrouve après...

- oui bonne chance, dit Bill à Julien. Et bonne course! On est tous là pour te soutenir!

Le groupe entier leur souhaita bonne chance et Julien partit à la balance.

- Julien est impressionnant dis donc! dit Bill.

- Julien est devenu mon frère et j'en suis fière. C'est un battant! Et je voulais vous montrer l'envers du décor d'une course.

- hé bien, dit Tom, tu as eu une excellente idée! Cela me tarde de voir ça !!

- dis, Tom, si tu veux aller parier, faut y aller maintenant et c'est par là, lui montra Sara.

- cool! Merci j'y vais. On se retrouve où?

- tribune nord juste en face de la ligne d'arrivée. Tu verras, tu peux pas te tromper : c'est celle des VIP, dit en rigolant Sara.

- ah bon ben je serai pas dépaysé alors !! éclata de rire Tom.

Au bout de quelques secondes, il se trouva que Gustav, Georg et leurs amies allaient parier aussi... Ils partirent tous dans la direction indiquée par la jeune femme.

Une fois le groupe parti, Sara et Bill se retrouvèrent seuls... Ils se sourirent, Bill ouvrit ses bras et Sara s'y blottie tendrement. Bill caressa tendrement sa tête:

- tu m'as manqué tu sais...

Sara releva la tête et il l'embrassa. D'abord tendrement puis plus fougueusement. Sara eut envie de toucher sa peau, toucher son corps...

- viens...

Elle prit sa main et l'emmena à sa suite. Bill se laissa guider. Ils se retrouvèrent derrière un bâtiment en bois, à l'abri de tout regard. Bill interrogea Sara du regard.

- je connais cet hippodrome comme ma poche... on ne nous dérangera pas ici, lui répondit-elle.

Elle s'approcha alors de Bill et commença à lui ôter son t-shirt. Leurs corps s'allumèrent... et l'envie de se toucher devint un besoin urgent... Elle caressa son torse et embrassa le cou de Bill et descendit sur le torse. Il lui enleva à son tour son chemisier. Il s'attaqua ensuite à son jean... Puis, il la renversa sur le tas de paille derrière eux et ils firent l'amour, leurs corps se retrouvant et se reconnaissant...

Vingt minutes plus tard ils rejoignaient le reste du groupe dans les tribunes, main dans la main, le sourire aux lèvres...

samedi 2 août 2008

Ep. 36 : Julien


Après avoir appelé Julien, Sara envoya un sms à Bill lui enjoignant de la retrouver chez elle samedi vers 13h et que Gustav, Georg, Tom et leurs amies étaient invités ainsi que David Jost, si il voulait. Elle ne pouvait rien dire de plus, c'était une surprise... et qu'il lui manquait...

Bill lui répondit peu après que les autres venaient avec plaisir, sauf David qui la remerciait pour l'invitation mais qui devait décliner à cause de rendez-vous important, et que ça lui tardait de la voir.

Le samedi arriva et avec lui l'excitation de Sara de retrouver Bill! A treize heures tapantes, l'interphone résonna dans le petit appartement.

- oui?
- Sara c'est nous !
- je descends!

Sara vola plus qu'elle ne descendit les escaliers, ouvrit la porte et tomba sur Bill et tout le reste du groupe, qu'elle n'avait pas revu depuis la scène de l'hôtel. Gênée, elle hésita. Tous les yeux la fixaient. Ce fut Tom qui s'avança et, passant devant Bill et Gustav, il lui tendit la main en signe de paix :

- je tenais à m'excuser pour ce qui s'est passé...et je suis heureux de te revoir, Sara..., fit-il en la regardant droit dans les yeux.

Sara fut touchée par le geste de Tom. Elle prit la main tendue le coeur gonflé de joie et répondit :
- merci, Tom, cela me fait plaisir aussi de tous vous revoir...

Cela débloqua la gêne générale et tous se mirent à saluer Sara. Puis vint le moment où se fut Bill qui se retrouva devant elle. Les yeux brillants, il s'approcha d'elle, prit son visage entre ses mains et y déposa un baiser sur ses lèvres. Le coeur de Sara chavira.

- bonjour, Sara...
- bonjour, Bill...

Et ce fut tout. Il lui prit la main, l'entraîna vers le van noir garé dans la rue, et suivi de tout le reste du groupe, s'y engouffra. Une fois tous assis à l'intérieur, ils regardèrent Sara, c'était à elle maintenant. Sans un mot pour eux, elle tendit un morceau de papier au chauffeur:
- allez à cette adresse s'il vous plait.

Le chauffeur la regarda alors avec de gros yeux. Sara hocha la tête et le chauffeur se retourna et mit le moteur en marche. Il s'engagea dans la rue et se mit à suivre l'itinéraire de Sara...

Gustav fut le premier à poser la question :
- où nous emmène-tu?
- c'est une surprise mais j'espère vraiment que vous aimerez...
- que de mystères..., répondit Tom

Le silence se fit. Sara se demanda si finalement c'était une aussi bonne idée que ça...

Puis les filles commencèrent à discuter, les garçons se joignirent à elles et ils passèrent le reste du trajet à plaisanter et à rire. L'incident de l'hôtel était oublié, du moins pour l'instant...
Puis, au détour d'un virage, apparut une grande banderole et un immense bâtiment. Gris, blanc, à grandes baies vitrées, l'imposant Hippodrome du Bouscat se dressait devant eux. Sur la banderole était inscrit en grandes lettres : Grand Prix d'Aquitaine.

Ils descendirent tous du van. Ils portaient tous de larges casquettes et des lunettes de soleil, souhaitant légitimement passer inaperçus. Une fois tous devant l'entrée, ils étaient agréablement surpris. Ils allaient assister à une course!! L'excitation monta d'un cran.

- tu nous emmènes à une course de chevaux??! dit Bill, très intrigué.
- oui, j'espère que cela vous plaira...
- bien sûr que cela nous plait, dit Elyn, l'amie de Tom en la prenant par le bras.
- je dois d'abord vous expliquer quelques petites choses sur cet hippodrome : en 1835, le Gouvernement Royal de Louis Philippe autorisa le transfert de l'hippodrome de Gradignan, ma ville, au Bouscat. Les voisins de mes parents adoptifs possèdent une immense écurie chez eux depuis des siècles. Quand j'étais enfant, j'aimais aller jouer chez eux et aller caresser les chevaux. Chez eux j'ai aussi trouvé un ami qui, aujourd'hui, est devenu comme mon frère : Julien. Cela fait un an et demi que je l'ai pas vu... Il a fait très jeune des compétitions et grâce à leurs superbes chevaux et à son talent de jockey, il a gagné de nombreux prix dont celui du Prix de l'Arc de Triomphe il y a deux ans.

Bill vit une lueur de fierté dans les yeux de Sara. Ce Julien devait beaucoup compter pour elle. Malgré lui, il en ressentit une pointe de jalousie.

- Il est devenu champion de courses de plat, c'est-à-dire de galop. Il a sillonné toute la France avec ses chevaux, il est aussi parti à l'étranger acheter des pur-sang arabes. D'ailleurs, si je ne me trompe, aujourd'hui vous allez voir Sultan à l'oeuvre, c'est le champion de son écurie. Il a 4 ans et il est de la race des champions. Ses gênes possèdent l'hérédité de grands chevaux arabes, champions dans leur pays. Voilà pour ce qui est de l'explication, nous allons y aller..., termina Sara dans un sourire.

Le groupe lui dit que c'était passionnant, que ça leur tardait de voir Sultan et Julien dans une course.

Au moment où Sara se tournait vers l'entrée, s'éleva une voix :
- on peut parier alors?!
C'était Tom. Sara lui assura qu'ils pouvaient parier si ils le désiraient, mais elle n'avait jamais rien compris à ces paris et que cela ne l'intéressait franchement pas... après ils décidaient ce qu'ils voulaient. Ils se dirigèrent ensuite tous vers l'entrée.

- les entrées sont gratuites mais pour accéder aux box et aux participants, il faut des pass, dit la jeune femme.

Arrivée devant la sécurité, elle indiqua son nom, l'homme cocha des croix puis lui tendit les pass.
- Mr X. vous attend à l'écurie 10. C'est tout droit et à gauche après le grand van bleu.
- merci!

Sara distribua les pass :
- gardez-les sur vous cela vous servira à circuler sur l'hippodrome.

Ils passérent tous le fameux pass autour de leur cou et entrèrent dans l'hippodrome à la suite de Sara. Il y avait beaucoup de passages et de tension. Les chevaux passaient, en s'ébrouant et en soufflant fort, tirés aux rênes par un palefrenier ou portant sur leur dos des jockeys tendus à l'extrême avant la grande course. Beaucoup de personnes passaient avec un journal à la main, les parieurs et les bookmakers faisaient aujourd'hui festin!

Ils arrivèrent devant l'écurie. Sara vit Julien en train de brosser son cheval. Il avait pourtant deux palefreniers mais avant une course, c'était une façon pour lui de se détendre que s'occuper de son cheval. Cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vu. Il était beaucoup plus maigre que la dernière fois qu'elle l'avait vu. En un sens, c'était normal un jockey avait plus de chance de gagner en étant le plus léger possible pour le cheval. Et pour le galop, il ne devait pas peser plus de 55 kg... Beaucoup de personnes s'affairaient autour de lui mais il était complètement concentré et dans ses pensées.

Bill et Tom virent les yeux de Sara s'allumer, ils retinrent donc le groupe légèrement en arrière pour laisser Sara et son ami se retrouver. Celui-ci leva la tête et vit Sara. Un large sourire s'étira sur son visage. Ils se tombèrent dans les bras.

- ma Sara, que je suis heureux de te voir!!
- moi aussi Julien, moi aussi!
- alors tu vas bien ma belle?
- oui ça va, ne t'inquiète pas...
- je te l'ai déjà dit mais tu peux compter sur moi, à n'importe quelle heure tu peux me joindre...

Sara l'embrassa sur la joue et lui murmura :
- je sais...

Puis jetant un oeil discret par-dessus l'épaule de Sara, il murmura à son tour :
- alors c'est lequel?
- le...
- non! Laisses-moi deviner... c'est le grand brun aux cheveux longs hein c'est ça?!!

Sara se mit à rire :
- tu me connais si bien...
- ben disons qu'il est plutôt canon..., dit Julien avec un sourire légèrement taquin.
- ce n'est pas ça qui compte pour moi...
- je le sais ma Sara! Toi et ton romantisme... tu es irrécupérable ma fille!! dit Julien en souriant tendrement.
- hé oui irrécupérable !! mais c'est pour ça que tu m'adore hein!! ... et dis-moi toi : y a-t-il un Roméo qui fait battre ton coeur en ce moment...?
- oui mais son boulot l'a amené à bosser en Allemagne... d'où il est originaire. il revient dans une semaine...
- oh ben tu ne seras pas dépaysé alors... les quatres mecs du groupe qui m'accompagne sont allemands!

Sara se retourna et fit un signe au groupe de se joindre à eux.

- Julien je te présente Gustav et son amie Eve, Georg et Fanny, Tom et Elyn et enfin Bill, le frère de Tom...

Tout le monde se salua. Bill tendit la main à Julien. Celui-ci le jaugea puis lui sourit en lui serrant la main.

- alors c'est toi qui fait battre le coeur de ma soeur?!!
- Julien!! fulmina Sara.
- on dirait bien, dit Bill en souriant à son tour.
- ne lui fais pas de mal sinon tu auras affaire à moi hein!! dit Julien en riant.

Bill dépassait Julien d'au moins quinze centimètres... Mais une lueur passa furtivement dans le regard de Julien. Bill y vit tout l'amour qu'il portait à Sara et qu'il tenait à elle. La même lueur brûlait parfois dans les yeux de Tom quand il le défendait au lycée ou plus récemment face à des journalistes un peu trop brusques et irrespectueux dans leurs questions. Bizarrement, les deux garçons s'apprécièrent mutuellement de suite et puis ils avaient une chose en commun : Sara...

- si on pouvait éviter le duel..., dit Bill en souriant.

Tout le groupe éclata de rire. Sara se dit qu'elle avait eu une bonne idée. L'après-midi ne faisait que commencer. Mais cela inaugurait une belle journée.

Ils bavardèrent plusieurs minutes sur le métier de jockey et sur les chevaux. Et les garçons lui racontèrent un peu ce que c'étaient la vie d'un groupe de musique dont le succès avaient dépassé la frontière de leur pays.