lundi 20 octobre 2008

Ep. 50 : Héros d'un jour





Sara resta figée. Elle ferma les yeux deux secondes. Cela ne pouvait pas être vrai. Elle aurait pourtant dû être sur ses gardes dans ce quartier, elle le savait... Quand elle ouvrit les yeux, elle vit le regard de Reden. Son assurance avait disparue. La peur avait pris sa place. Sara sentit alors le revolver s'appuyer encore plus fort sur sa tempe.

- oh! Tu bouges?!

Sara se mit alors à fouiller dans son sac, les yeux dans les yeux de Reden, acquiesant de la tête en silence. Celle-ci fit de même : elle fouilla son sac. Reden, en tremblant légèrement, tendit son portefeuille vers le type. Il s'arc-bouta vers le jeune femme mais Sara sortit alors elle aussi sa main de son sac mais ce qu'elle tenait n'était pas de l'argent. Le type, voyant le geste de Sara du coin de l'oeil, se retourna d'un quart. Son arme était toujours sur la tempe de la jeune fille mais elle fut plus rapide. Elle baissa la tête pour ne plus avoir l'arme la visant et, appuyant sur sa bombe lacrymogène, lâcha tout son gaz dans les yeux du braqueur. Il hoqueta et ramena ses mains vers ses yeux. Ce gaz était comme une brûlure, sa gorge le brûlait aussi. Sara avait rejoint Reden et elles s'apprêtaient à rentrer dans l'immeuble, Sara ayant en même temps sorti ses clés.
Mais il les arrêta d'un mot :

- stop!

Les filles n'osèrent plus faire un geste. Il reprit son souffle.

- espèce de sales garces... vous allez me le payer...

Ils se dirigea vers les deux femmes d'un pas hésitant mais le revolver braqué sur elles.

Les filles se retrouvèrent acculées contre la porte de l'immeuble. Le regard noir du type, entouré de marques de brûlures rouges et pleurant de larmes, était fixé sur Sara. Elle eut vraiment peur. Son acte de courage se révélait se retourner contre elles deux. Le mec alors la frappa violemment au visage. Sous le coup, elle se cogna à Reden, qui la soutint de son mieux. Il engagea alors son arme et le posa délicatement sur le front de Sara.

Sara arrêta de respirer et vit sa dernière heure arriver.

- s'il vous plaît! Prenez notre argent et partez..., supplia Reden, tentant de concentrer l'attention du jeune homme vers elle.

- ouais c'est ça, dit-il en la fixant à son tour, le regard mielleux, mais maintenant moi je veux plus que votre argent... Vous êtes bien excitantes toutes les deux. De vraies petites lionnes. Je suis sûre que mes copains et moi on s'amuserait bien avec vous...

Son sourire carnassier et son regard fou mirent les filles au supplice. Ses « copains »? Il n'était donc pas seul... La joue de Sara la brûlait. Intérieurement, elle supplia Marie de venir aiguiser sa curiosité à sa fenêtre et de tomber sur la scène. Malheureusement, cela ne marchait que dans les films...

- Si on vous donne ce que vous voulez, vous nous laisserez partir? suggéra Sara.

- Sara! hoqueta Reden d'une voie sourde et apeurée.

- « Sara » hein? Peut être bien que je vous laisserai partir, Sara. Cela dépendra de ce que vous êtes prêtes à me donner... et attention maintenant on joue plus. Le moindre geste suspect et je vous abats comme les garces que vous êtes...

Il se rapprocha alors de Sara, elle sentit son haleine sur elle, tandis que son arme restait collée à son front. Elle essaya de se faire encore plus petite, se collant à la porte en bois massif, comme si elle voulait se fondre et disparaître à l'intérieur. Elle sentit l'autre main du type sur sa hanche et remonter sur ses seins. La main vulgaire et violente lui fit mal. Elle gémit de peur. Alors, avec toute l'energie du désespoir, elle lança son genoux entre les jambes du type. Il se plia en deux sous la douleur. Reden, bien que paralysée par la peur elle aussi, lui mit alors un coup de poing dans la machoire. Il fut sonné un instant.

Puis tout s'enchaîna en quelques secondes ... Quelqu'un derrière lui l'attrapa par le cou tandis qu'un autre le ceinturait et lui faisait lâcher son arme en lui tordant le bras. L'arme tomba sur le trottoir. Le type fut projeté à terre. Il se releva d'un coup, furieux, et siffla entre ses dents, les yeux haineux en se retournant vers ses agresseurs.

Sara vit alors que c'était Saki et Toby qui étaient venus à leur rescousse. Son coeur se gonfla de gratitude envers eux. D'où ils arrivaient, ou s'ils étaient venus avec Reden, elle s'en fichait. Ils étaient deux et bien baraqués, et pas des moindres, contre ce type. Il n'allait sûrement pas demander son reste et filer.

Saki et Toby se mirent devant les filles - les protégeant de leurs corps- et face au type. Sortant de nulle part, apparurent alors trois autres types. Ils se mirent face à eux quatre. Ils ne feraient jamais le poids face à ces hommes sûrement armés. Sara se mit alors discrétement (en partie cachée par les deux gardes du corps) à engager sa clé dans la serrure de la porte d'entrée.

Au moment où la clé tourna dans la serrure, une voix dans le noir résonna :

- hé!

Ils se retournèrent tous vers cette voix, sauf Toby et Saki. Bill et Tom étaient là. Sara n'en crut pas ses yeux. Etait-ce une scène réelle??! Les deux frères étaient côte à côte, les yeux noirs, prêts à en découdre. Les deux gardes du corps prirent alors chacun une des filles par le bras, Saki avec Sara et Toby avec Reden, et les emmena derrière les jumeaux puis se positionnèrent devant les frères, et firent face aux quatre autres types. Ceux-ci se tournèrent alors vers eux et, d'un geste commun et synchro, mirent leurs mains derrière leur dos et en sortirent chacun une arme qu'ils pointèrent sur Bill, Tom, Saki et Toby, ainsi que sur Sara et Reden, malgré tout protégées par les quatres hommes allemands. Presque en même temps, les quatre allemands en firent autant et la scène se figea : les huit hommes se faisaient face, se menaçant d'une arme. Les deux filles à l'arrière n'en menaient pas large. Dix secondes s'écoulèrent dans le silence de la rue. Tous les protagonistes étaient immobiles, leurs armes les uns sur les autres. On aurait dit qu'ils étaient fixés sur une pellicule de film et bloqués dans le projecteur.

Puis la lumière de l'entrée de l'immeuble s'alluma comme par magie, illuminant la scène. Ils entendirent alors à travers la porte de l'immeuble :

- j'ai appellé la police !!

Les quatres inconnus se regardèrent puis, d'un signe, se retournèrent et partirent en courant, seulement l'un d'eux, celui qui avait menacé les filles, cracha par terre en direction des allemands et s'enfuit à la suite des autres. Ils disparurent dans la nuit.

Sara entendit leurs pas décroître et se perdre dans le noir. Elle se mit à fixer le dos de Bill. Il était immobile mais elle sentait sa colère. Son regard se porta sur la main du jeune homme : elle était tellement crispée qu'elle voyait les jointures rougir. La pression était malgré tout en train de redescendre. Les gardes du corps se tournèrent vers les jumeaux et les filles, histoire de voir si tout le monde allait bien. Rassurés, ils prirent les armes des mains des deux frères puis ils rengainèrent leurs armes.

La porte de l'immeuble s'ouvrit tout doucement dans un grincement. La tête de Marie apparut dans l'encadrement. Elle regarda timidement le groupe allemand puis croisa le regard de Sara. Celle-ci lui fit un grand sourire et articula un merci muet, comme si le silence ne devait pas être rompu.

Sara entendit alors Bill remercier chaleureusement Marie puis, comme mus par un signal inaudible, Saki et Toby poussèrent les filles vers le trottoir où Sara vit la voiture garée plus loin au bout de la rue. Ils poussèrent en même temps Bill et Tom. Ils s'engouffrèrent tous dans la voiture, Saki se mit au volant et ils partirent. Sara vit alors Marie refermer la porte et la lumière du hall s'éteindre...
Le silence se fit dans la voiture... Tout le monde était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Sara sentit les doigts de Bill enlacer les siens. D'un coup, l'émotion vint la submerger : elle se mit alors à pleurer.
Blottie contre Bill, elle ne vit plus que les lumières des lampadaires défiler à travers la fenêtre de la voiture...



samedi 18 octobre 2008

Ep. 49 : Métal froid.





Reden, s'était levée tôt et en avait profité pour mettre à jour le dossier de presse de ses clients. Elle surfa sur le net à la recherche d'articles les concernant, surtout les articles français. Ceux-ci étaient souvent cinglants et sans recherche journalistique effective, ils étaient pratiquement tous basés sur des rumeurs et des on-dits. En un sens cela se révélait positif, leur apportant de la publicité malgré tout. Heureusement, certains avaient demandé plus d'informations sur le groupe et avaient fait des articles, élogieux, certains avaient même demandé à écouter leur album pour se faire une idée. Tout cela, Reden devait le contrôler. Elle aimait son métier. Quant à la « mission » que lui avait donné David, elle fit des recherches personnelles sur Sara. Malgré certains dérapages, celle-ci était bien vue dans le monde du journalisme. Cela ne fit que renforcer la méfiance de Reden à son encontre.

Elle se fit monter un café puis se posta à sa fenêtre de sa chambre. La vue sur le parc était magnifique. Elle vit un couple sur un banc. Elle sourit... le romantisme existait toujours... Puis elle regarda plus précisemment la jeune fille et reconnut alors Sara!! Ils discutaient tous les deux, assis sur le banc. Le jeune homme était blond, en tenue très décontractée. Il avait pourtant à la main une sacoche noire. Cela aiguisa la curiosité de Reden... Elle vit alors Sara tendre un dossier assez conséquent au jeune homme. Celui-ci alors l'enfourna dans sa sacoche, se leva, salua la jeune femme et partit. Sara alors se leva à son tour et partit. Reden remarqua alors qu'elle avait autour du cou un appareil photo. Elle venait d'assister à une scène très curieuse... Quel était le contenu de ce fameux dossier échangé entre eux deux?! David aurait-il eu raison de ne pas faire confiance à la petite amie de Bill?

La journée passa rapidement pour Sara. Elle prit plusieurs photos de la ville et de ses habitants. Cela la détendit. Il était presque 18h30 quand elle reçut un appel de Marie, la concierge de son appartement : un colis l'attendait, et cela semblait urgent. Sara alors envoya un message par son portable à Bill, lui disant qu'elle passait chez elle récupérer un colis et qu'elle reviendrait dans environ une heure. Il lui répondit qu'il n'y avait pas de souci, eux-mêmes en avaient encore pour une demie-heure avant de rentrer à l'hôtel. Elle monta dans le bus à un arrêt de l'autre côté de Bordeaux. Le trajet était long jusqu'à son appartement, et après le bus, elle devait encore prendre le tramway. Elle prit son mp3 et mit les écouteurs sur les oreilles, s'isolant complétement du monde alentour. L'album des Fall Out Boy défila alors. Elle les adorait. Leur punch et leur folie lui firent oublier tout le reste.

Elle descendit à son arrêt de tramway. Elle se rappela alors la fois où Bill l'avait surprise après le concert et leur premier baiser... Toute dans ses pensées, elle ne vit pas que la nuit commençait à tomber. Le calme de la rue tranchait avec la chanson des FOB qu'écoutait Sara. En arrivant presque devant son immeuble, elle enleva alors les écouteurs et commença à ranger le tout dans son sac. Elle sonna chez Marie, celle-ci lui ouvrit, lui demanda des nouvelles puis lui donna son colis. Sara le monta chez elle. Elle l'ouvrit impatiemment. En le déballant, elle sourit de fierté. Elle posa l'objet sur sa table de salon, vérifia que tout était en ordre dans son appartement et redescendit. Elle salua Marie puis sortit sur la rue.

- Sara?

Surprise, la jeune femme leva la tête et tomba sur Reden l'attendant juste devant sa porte!

- Reden?!! Mais que fais-tu là? ... Tu m'as suivi?

- hé bien je ne vais pas te mentir en te disant que je passais dans le quartier...

Sara se mit aussitôt sur ses gardes. Le ton de Reden n'avait rien d'amical. Plutôt une pointe agressive.

- très bien ... que me vaut cet honneur? On aurait pu parler à l'hôtel, non?!

- disons que je voulais parler seule à seule avec toi histoire d'avoir certaines réponses à mes questions.

- tes questions?

Sara ne comprenait rien à l'attitude de la jeune femme en face d'elle. Sa blondeur cachait en fait un caractère bien trempé. Qui était Reden en fait? Sara se mit à avoir des doutes... qui s'évanouirent aussitôt (tu te fais trop de films ma vieille...).

- c'est au sujet de Bill...?, dit Sara en hésitant.

- Bill. Le groupe. Toi...

- écoute Reden, je ne sais ce que tu veux mais sois claire... et rapide!

La nuit était tombée, il commençait à faire un peu froid avec la veste légère qu'elle avait prise en partant de l'hôtel. Il était hors de question de la faire rentrer chez elle, tant qu'elle ne savait pas ce que la jeune femme lui voulait.

- très bien. Tout à l'heure, j'ai surpris un couple ensemble...

- heu ... oui? Et alors??!

- une des deux personnes était toi...

Sara dut avoir une tête bizarre car Reden ajouta :

- dans le parc... sur le banc...

- oh! Ça!!

- oui ça ...

- mais heu... en quoi cela peut te concerner?

- en rien. Sauf que je dois prendre soin du groupe et que si tu représente une menace pour eux... cela pourrait me concerner...

- ola comme vous y allez!! On est dans un James Bond ou quoi là?!! Je n'ai même plus le droit de rencontrer un ami?!!

Reden sourit malgré elle. Cette petite avait du caractère et ne se laissait pas démonter. Mais elle aussi.

- je vous ai vu échanger un dossier...

- c'est quoi ça, un interrogatoire? Ce dossier n'a rien à voir avec le groupe.

- ça c'est toi qui le dis...

- mais...

Sara sentit alors un objet en métal, froid, s'appuyer légèrement sur sa tempe. Elle vit le regard de Reden changer en même qu'une voix masculine se mit à murmurer à côté d'elle :

- ton fric ou je vous bute toi et ta copine...

Ep. 48 : Le rendez-vous




Le diner se déroula bien. Chacun se limita à jouer son propre rôle. Sara et Reden s'adressèrent peu la parole tout comme Bill avec Sara. David par contre était très enjoué. Il en devint presque sympathique aux yeux de la jeune femme. Elle se dit que la remarque qu'il avait faite quelques heures avant n'était en fait pas méchante. Juste ironique.

Après le repas, ils allèrent tous au petit salon. Lovés dans les sofas et les fauteuils, ils devisèrent jusque tard dans la soirée. L'ambiance se détendit considérablement. Tom et Georg leur mima même certaines fans totalement déjantées qu'ils avaient comme public. Ils étaient tous morts de rire de voir Georg jouer la groupie hystérique envers Tom. Lui tirer les cheveux et lui baiser les pieds, voire essayer de l'embrasser!! Ce fut dans la bonne humeur que se termina la soirée.

Ils discutèrent encore un peu autour d'un café. Puis chacun se sépara et monta dans sa chambre.

Le lendemain était une grosse journée : le groupe devait répondre à des interviews dans plusieurs radios dont une très tôt. Sara avait donc une partie de sa journée libre. Chacun s'endormit : certains dans les bras l'un de l'autre, d'autres seuls mais tous, chacun à sa manière, pensaient à la fin de semaine quand ils partiraient pour la grande tournée...

Le lendemain matin, Bill s'éveilla. Il ne voulait pas réveiller Sara. Il prit donc ses affaires, embrassa doucement la jeune femme et alla prendre sa douche dans la chambre de son frère, qui se trouvait juste à côté. Lui et Tom en profitèrent aussi pour parler entre eux. Ils étaient si proches. Bill ne pourrait pas vivre sans Tom. C'était son double. Il savait que Tom ressentait la même chose. Cela n'empêchait pas les jumeaux de se disputer comme chien et chat...

Ils partirent une heure après pour la première radio où une interview et une rencontre avec des fans les attendaient. Ce n'était pas ce que préférait Bill. Il aimait les rencontres improvisées avec les fans, quand celles-ci passaient parfois au travers de Saki ou Toby. Bien sûr, cela se révélait dangereux parfois pour leur sécurité mais cela donnait aussi parfois des situations burlesques! Comme la fois où Tom était sorti de sa douche (et heureusement avait mis un pantalon avant de sortir de la salle de bain) et avait trouvé une fan, le nez collé à la vitre de sa chambre du premier étage, en train de mater dans la chambre. Il avait alors ouvert la fenêtre de la chambre, avait fait rentrer la jeune fille transie de froid, puis avait appelé Saki, en poste devant la porte de la chambre. Celui-ci fut surpris de voir Tom lui demander d'accompagner une jeune fille au restaurant de l'hôtel pour commander un chocolat chaud... Celle-ci avait réussi à avoir juste avant sa photo avec un Tom mort de rire ! Bill regrettait cette période. C'était à leurs débuts, quand ils étaient encore des lyçéens comme tous les autres. Aujourd'hui, avec leur succès grandissant, ce n'était plus possible de se rapprocher des fans, ni les fans d'eux. L'épisode du soir de la fête prouvait que cela n'était plus possible... Il sortit de la chambre avec son frère. Il rejoignirent les autres en bas et ils partirent tous pour la radio. La journée allait s'avérer être longue...

Sara s'éveilla tard. Elle tendit le bras vers le coussin à côté du sien et ne trouva que le vide. Elle se souvint que Bill n'était pas là. Et ne reviendrait sûrement pas avant plusieurs heures. Elle alla se préparer, prendre sa douche, mit un jean et un t-shirt noir et alla prendre le petit déjeuner au restaurant de l'hôtel. En remontant, son portable sonna. Elle décrocha. La personne au bout du fil parla puis Sara lui répondit.

- RV dans une heure dans le parc en face de l'hôtel X.

Elle raccrocha, entra dans la chambre, s'assit devant la console et ouvrit l'ordinateur. Elle descendit ensuite à l'accueil de l'hôtel leur demander un service. Ce que le personnel en poste lui accorda avec plaisir et la félicita en même temps pour sa superbe voix.

Elle se retrouva une heure après dans le parc. Puis après son rendez-vous, elle prit son appareil photo et alla se ballader dans les rues. Elle avait besoin de se détendre.

vendredi 3 octobre 2008

Ep 47 : le pacte.



- Alors c'est elle..., dit Reden.
- oui c'est elle, répondit David.
- elle a l'air gentille...
- ne lui fais pas de mal, Reden, tu m'as compris? dit Bill d'une voix sourde.
- j'ai compris Bill. Je sais ce que j'ai à faire.
Ils s'affrontèrent du regard. Bill espéra au fond de lui que Sara ne ferait jamais confiance à Reden... Une demie-heure avant, David, à la fin de la réunion, juste avant cet intermède musical, l'avait mis au parfum : oui il acceptait que Sara soit avec eux pendant une semaine mais, en contrepartie, Bill devait accepter qu'il fasse surveiller Sara de près par l'intermédiaire de Reden. Il n'était pas question que la jeune femme soit aussi libre que ça en étant à leur proximité. Bien sûr, il aimait bien Sara mais il ne pouvait lui accorder une totale confiance. Elle faisait -ou avait fait- partie du milieu du journalisme et cela il ne pouvait l'oublier. De toute façon, Bill n'avait pas le choix : ou Sara serait surveillée ou il passait la semaine loin d'elle. Bill avait accepté à contrecoeur... David lui avait alors présenté Reden, qui serait officiellement leur attachée de presse, ce qui était vrai, c'était son job, mais qui serait aussi leur « taupe ». David pensait qu'entre filles, Sara se livrerait peut être plus et aussi se sentirait moins seule parmi tous ces hommes avec une compagnie féminine à ses côtés.

Ils devaient tous se retrouver pour le dîner le soir même. Dans l'ascenseur qui le ramenait dans sa chambre, Bille pensa qu'en à peine une après-midi dans cet hôtel, suite à ce qui venait de se passer, Sara devait probablement vouloir partir... Bill ouvrit la porte sans frapper.

Quand Bill entra dans la chambre, il trouva Sara allongée sur le lit, les écouteurs sur les oreilles. Elle avait les yeux fermés. Il vit l'ordinateur portable sur la console près de la fenêtre et sa valise ouverte par terre. Vide. Elle n'avait pas décidé de partir. Il poussa malgré lui un soupir de soulagement. Qui que soit Sara, il ne voulait pas la perdre... en tout cas pas maintenant. L'amour rendait bien aveugle...

Il s'assit sur le lit, juste à côté de la jeune femme. Elle ouvrit les yeux et le fixa. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et chacun vit des étoiles dans les yeux de l'autre. Sous le charme, Bill caressa alors la joue de Sara. Elle frémit sous la douceur du geste. Elle éteignit alors son mp3 et ôta les écouteurs de ses oreilles.

- tu chantes divinement, mon coeur...

Sara mit un doigt sur ses lèvres et murmura :

- chuuut!

Elle fit alors une chose que Bill ne comprit pas tout de suite : elle se blottit dans ses bras et posa l'oreille sur son torse... et ne bougea plus. Il l'entendait respirer très doucement comme si elle voulait écouter quelque chose de presque inaudible. Puis il comprit : elle écoutait battre son coeur. Juste où moment où il comprit, Sara lui prit la main et la posa ensuite sur son propre coeur. Il sentit alors sous ses doigts des pulsations.
Elle murmura :
- ferme les yeux...

Il obéit. Elle ferma alors aussi ses yeux. Et dans le silence de la chambre, elle écouta alors la mélodie du coeur de Bill tandis que lui sentit sous ses doigts les battements du coeur de Sara. Ils restèrent ainsi un moment, serrés l'un contre l'autre, attentifs à l'autre.

La magie prit fin quand Sara se détacha du jeune homme : son portable sonnait. Dans un murmure d'excuse, elle décrocha. Faisant preuve de discrétion, Bill partit sur le balcon. Il ne put pourtant s'empêcher d'entendre des bribes de sa conversation : elle ne répondait que par monosyllabes. Apparement, cet appel n'avait pas l'air de l'enchanter.

Elle raccrocha à peine une minute après. Elle jeta le téléphone sur le lit et vint le rejoindre. Le soleil était en train de se coucher... Il était l'heure de descendre dîner avec les autres... Temps pour Sara de se jeter dans la cage aux lions... Ils profitèrent ensemble du coucher de soleil puis descendirent dans le restaurant de l'hôtel.

Le staff de TH était déjà assis à table quand Sara et Bill entrèrent dans le restaurant. Ils n'eurent d'autre choix que d'aller s'assoir aux seules places qui restaient :
Bill se retrouvait à côté de Tom.
Quant à Sara, à sa droite elle avait Bill et à sa gauche se trouvait Reden...


jeudi 2 octobre 2008

Ep. 46 : Reden.





Bill fixait Sara sans un mot... Ils avaient tous les yeux fixés sur elle. Le silence devint gênant... Tout à coup, des applaudissements s'élevèrent du fond de la salle. Le groupe se retourna : tout le personnel de l'hôtel regroupés à l'entrée de la salle applaudissait Sara. Les garçons se joignirent alors aux applaudissements. Des sifflements d'encouragement s'y mêlèrent. Sara rougit, très gênée, mais sourit. Cela dura plus d'une minute. Puis le silence se fit. Tout le personnel repartit alors à leur poste de travail.

Tom avait la bouche ouverte, figé... Il put juste dire :

- waouuu...

- hé ben tu nous avais caché ça !!! dit David dans un sourire mi-figue mi-raisin. Son regard devint suspicieux. Ou bien attendais-tu le bon moment pour nous faire la surprise?..., ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie.

Sara tiqua. Le son de la voix de David était légèment ironique. Croyait-il vraiment qu'elle avait calculé ce moment??

Ce fut Gustav qui, sans le vouloir et sans s'apercevoir de la tension entre David et Sara, rompit le combat silencieux :

- Sara c'était vraiment superbe ! Bravo !

Et il la prit dans ses bras. Surprise, Sara se laissa faire puis elle lui sourit :

- merci Gustav, cela me touche beaucoup...

- de rien la miss c'est mérité ! et puis j'en connais un qui ne va pas apprécier d'avoir de la concurrence..., glissa-t-il en riant et en coulant un regard vers Bill.

Sara appréhendait la réaction de Bill. Celui-ci allait-il réagir comme le producteur? Elle n'avait pourtant pas prévu qu'ils seraient là à l'écouter !!

Tout le monde porta alors son regard sur le jeune homme et attendit sa réaction. Bill vit l'anxiété et l'appréhension dans les yeux de Sara. Elle avait besoin de son avis et semblait avoir peur de sa réaction... Il se sentit presque obligé de faire un commentaire...

- heu... oui... c'était très beau..., put-il seulement dire.

Ce qu'il ne dit pas c'est qu' il avait adoré sa voix. Elle l'avait transporté... Sa voix était si belle, si pure.

Il allait rajouter quelque chose quand tout à coup, sortant de nulle part, une belle blonde s'avança alors vers Sara en tendant la main. Machinalement, Sara prit cette main tendue et la serra.

- bravo mademoiselle ! C'était vraiment magnifique !!

- heu... merci... mademoiselle...?

- Wartz. Je m'appelle Reden Wartz. Je suis l'attachée de presse des Tokio Hotel. Et à ce que j'ai compris cette semaine vous allez être des nôtres... alors appelez-moi donc Reden si vous le voulez bien...

Rapidement, Sara dévisagea cette magnifique jeune femme : blonde, fine et élancée, elle la dépassait d'au moins dix centimètres. Son regard bleu avait un éclat d'acier. Ses cheveux longs et blonds lui descendaient jusqu'en bas du dos. Elle était l'image même de ce qu'on imagine être une vraie allemande... Elle portait un ensemble gris veste cintrée-pantalon qui réhaussait sa blondeur et qui, dut reconnaître Sara, lui allait parfaitement...

Sara en ressentit aussitôt une pointe de jalousie. Cette fille représentait une menace. Une menace entre Bill et elle... Elle était parfaite. Trop. Une vraie Barbie... Sara sentit son côté combattant reprendre le dessus.

- contente de vous connaître Reden... et merci pour le compliment mais je n'ai aucun mérite. On m'a toujours dit que ma voix n'était pas faite pour chanter alors j'ai abandonné mes rêves de scène et je me suis tourné vers la photographie...

Mais pourquoi lui racontait-elle tout ça?? Elle se livrait à une inconnue... Cette Reden paraissait être un ange mais méfiance... Certains loups se déguisent en agneau pour mieux abatttre leurs cartes... Sara devait faire attention à elle... Elle ne sut pas pourquoi mais elle ne devait pas faire confiance à cette fille. Et puis comme dit le dicton : sois proche de tes amis, mais soit encore plus proche de tes ennemis...

- oh la photographie ! Fantastique!, s'extasia Reden. J'aimerai beaucoup que vous me montriez quelques unes de vos oeuvres...

- elle est reporter photographe..., dit Tom de façon abrupte.

- oh... fit Reden. Son sourire se crispa alors légèrement.

Les mots de Tom avaient fait bondir Sara. Elle resta pourtant les yeux fixés sur Reden et lui sourit.

- je vous montrerai avec plaisir mes photos... Je ne suis journaliste que du côté professionnel. Et mes photos privées (elle insista sur le mot) sont tout sauf « indécentes »... Et puis le journalisme j'ai laissé tomber...

Oh non c'est pas vrai, voilà qu'elle recommençait!! Allez reste neutre Sara, arrête là le massacre, ne dis plus rien...

- enfin bref, excusez-moi, j'ai encore des affaires à ranger dans la chambre... Nous nous reverrons sûrement un de ces quatre.

- nous allons sûrement vite nous revoir oui, je loge aussi dans cet hôtel..., fit Reden avec un grand sourire...

(Je vais te le faire bouffer ton sourire toi si tu continues... bon sang Sara! arrête ton délire elle ne t'a rien fait cette fille... c'est ta jalousie qui parle, pas toi...!! dans son esprit Sara leva les yeux au ciel... tu vas devenir folle ma fille à trop réfléchir... )

- ah...ok... bon ben à bientôt..., répondit-elle.

Pendant tout ce temps, Tom, Bill, Gustav, Georg et David étaient restés en retrait, et à part Tom, étaient restés silencieux. Sara se dit que pour aujourd'hui, c'était assez... Elle avait voulu avoir un moment à elle et elle se retrouvait sous les projecteurs sans le vouloir. Et elle s'aperçut qu'elle n'aimait pas ça...

- bon ben à plus! qu'elle lança à la ronde.

Et elle sortit précipitamment de la salle avant que qui que ce soit ne l'en empêche, passant entre Tom et Bill, effleurant celui-ci mais sans le regarder... Ils la suivirent des yeux, puis se regardèrent tous...

Sara leur cachait des choses, c'était sûr, mais eux aussi lui en cachaient ... et Reden en faisait en quelque sorte partie... Dans toute personne, il y a un côté pile et un côté face, un côté lumière et un côté obscur...