
Sara resta figée. Elle ferma les yeux deux secondes. Cela ne pouvait pas être vrai. Elle aurait pourtant dû être sur ses gardes dans ce quartier, elle le savait... Quand elle ouvrit les yeux, elle vit le regard de Reden. Son assurance avait disparue. La peur avait pris sa place. Sara sentit alors le revolver s'appuyer encore plus fort sur sa tempe.
- oh! Tu bouges?!
Sara se mit alors à fouiller dans son sac, les yeux dans les yeux de Reden, acquiesant de la tête en silence. Celle-ci fit de même : elle fouilla son sac. Reden, en tremblant légèrement, tendit son portefeuille vers le type. Il s'arc-bouta vers le jeune femme mais Sara sortit alors elle aussi sa main de son sac mais ce qu'elle tenait n'était pas de l'argent. Le type, voyant le geste de Sara du coin de l'oeil, se retourna d'un quart. Son arme était toujours sur la tempe de la jeune fille mais elle fut plus rapide. Elle baissa la tête pour ne plus avoir l'arme la visant et, appuyant sur sa bombe lacrymogène, lâcha tout son gaz dans les yeux du braqueur. Il hoqueta et ramena ses mains vers ses yeux. Ce gaz était comme une brûlure, sa gorge le brûlait aussi. Sara avait rejoint Reden et elles s'apprêtaient à rentrer dans l'immeuble, Sara ayant en même temps sorti ses clés.
Mais il les arrêta d'un mot :
- stop!
Les filles n'osèrent plus faire un geste. Il reprit son souffle.
- espèce de sales garces... vous allez me le payer...
Ils se dirigea vers les deux femmes d'un pas hésitant mais le revolver braqué sur elles.
Les filles se retrouvèrent acculées contre la porte de l'immeuble. Le regard noir du type, entouré de marques de brûlures rouges et pleurant de larmes, était fixé sur Sara. Elle eut vraiment peur. Son acte de courage se révélait se retourner contre elles deux. Le mec alors la frappa violemment au visage. Sous le coup, elle se cogna à Reden, qui la soutint de son mieux. Il engagea alors son arme et le posa délicatement sur le front de Sara.
Sara arrêta de respirer et vit sa dernière heure arriver.
- s'il vous plaît! Prenez notre argent et partez..., supplia Reden, tentant de concentrer l'attention du jeune homme vers elle.
- ouais c'est ça, dit-il en la fixant à son tour, le regard mielleux, mais maintenant moi je veux plus que votre argent... Vous êtes bien excitantes toutes les deux. De vraies petites lionnes. Je suis sûre que mes copains et moi on s'amuserait bien avec vous...
Son sourire carnassier et son regard fou mirent les filles au supplice. Ses « copains »? Il n'était donc pas seul... La joue de Sara la brûlait. Intérieurement, elle supplia Marie de venir aiguiser sa curiosité à sa fenêtre et de tomber sur la scène. Malheureusement, cela ne marchait que dans les films...
- Si on vous donne ce que vous voulez, vous nous laisserez partir? suggéra Sara.
- Sara! hoqueta Reden d'une voie sourde et apeurée.
- « Sara » hein? Peut être bien que je vous laisserai partir, Sara. Cela dépendra de ce que vous êtes prêtes à me donner... et attention maintenant on joue plus. Le moindre geste suspect et je vous abats comme les garces que vous êtes...
Il se rapprocha alors de Sara, elle sentit son haleine sur elle, tandis que son arme restait collée à son front. Elle essaya de se faire encore plus petite, se collant à la porte en bois massif, comme si elle voulait se fondre et disparaître à l'intérieur. Elle sentit l'autre main du type sur sa hanche et remonter sur ses seins. La main vulgaire et violente lui fit mal. Elle gémit de peur. Alors, avec toute l'energie du désespoir, elle lança son genoux entre les jambes du type. Il se plia en deux sous la douleur. Reden, bien que paralysée par la peur elle aussi, lui mit alors un coup de poing dans la machoire. Il fut sonné un instant.
Puis tout s'enchaîna en quelques secondes ... Quelqu'un derrière lui l'attrapa par le cou tandis qu'un autre le ceinturait et lui faisait lâcher son arme en lui tordant le bras. L'arme tomba sur le trottoir. Le type fut projeté à terre. Il se releva d'un coup, furieux, et siffla entre ses dents, les yeux haineux en se retournant vers ses agresseurs.
Sara vit alors que c'était Saki et Toby qui étaient venus à leur rescousse. Son coeur se gonfla de gratitude envers eux. D'où ils arrivaient, ou s'ils étaient venus avec Reden, elle s'en fichait. Ils étaient deux et bien baraqués, et pas des moindres, contre ce type. Il n'allait sûrement pas demander son reste et filer.
Saki et Toby se mirent devant les filles - les protégeant de leurs corps- et face au type. Sortant de nulle part, apparurent alors trois autres types. Ils se mirent face à eux quatre. Ils ne feraient jamais le poids face à ces hommes sûrement armés. Sara se mit alors discrétement (en partie cachée par les deux gardes du corps) à engager sa clé dans la serrure de la porte d'entrée.
Au moment où la clé tourna dans la serrure, une voix dans le noir résonna :
- hé!
Ils se retournèrent tous vers cette voix, sauf Toby et Saki. Bill et Tom étaient là. Sara n'en crut pas ses yeux. Etait-ce une scène réelle??! Les deux frères étaient côte à côte, les yeux noirs, prêts à en découdre. Les deux gardes du corps prirent alors chacun une des filles par le bras, Saki avec Sara et Toby avec Reden, et les emmena derrière les jumeaux puis se positionnèrent devant les frères, et firent face aux quatre autres types. Ceux-ci se tournèrent alors vers eux et, d'un geste commun et synchro, mirent leurs mains derrière leur dos et en sortirent chacun une arme qu'ils pointèrent sur Bill, Tom, Saki et Toby, ainsi que sur Sara et Reden, malgré tout protégées par les quatres hommes allemands. Presque en même temps, les quatre allemands en firent autant et la scène se figea : les huit hommes se faisaient face, se menaçant d'une arme. Les deux filles à l'arrière n'en menaient pas large. Dix secondes s'écoulèrent dans le silence de la rue. Tous les protagonistes étaient immobiles, leurs armes les uns sur les autres. On aurait dit qu'ils étaient fixés sur une pellicule de film et bloqués dans le projecteur.
Puis la lumière de l'entrée de l'immeuble s'alluma comme par magie, illuminant la scène. Ils entendirent alors à travers la porte de l'immeuble :
- j'ai appellé la police !!
Les quatres inconnus se regardèrent puis, d'un signe, se retournèrent et partirent en courant, seulement l'un d'eux, celui qui avait menacé les filles, cracha par terre en direction des allemands et s'enfuit à la suite des autres. Ils disparurent dans la nuit.
Sara entendit leurs pas décroître et se perdre dans le noir. Elle se mit à fixer le dos de Bill. Il était immobile mais elle sentait sa colère. Son regard se porta sur la main du jeune homme : elle était tellement crispée qu'elle voyait les jointures rougir. La pression était malgré tout en train de redescendre. Les gardes du corps se tournèrent vers les jumeaux et les filles, histoire de voir si tout le monde allait bien. Rassurés, ils prirent les armes des mains des deux frères puis ils rengainèrent leurs armes.
La porte de l'immeuble s'ouvrit tout doucement dans un grincement. La tête de Marie apparut dans l'encadrement. Elle regarda timidement le groupe allemand puis croisa le regard de Sara. Celle-ci lui fit un grand sourire et articula un merci muet, comme si le silence ne devait pas être rompu.
Sara entendit alors Bill remercier chaleureusement Marie puis, comme mus par un signal inaudible, Saki et Toby poussèrent les filles vers le trottoir où Sara vit la voiture garée plus loin au bout de la rue. Ils poussèrent en même temps Bill et Tom. Ils s'engouffrèrent tous dans la voiture, Saki se mit au volant et ils partirent. Sara vit alors Marie refermer la porte et la lumière du hall s'éteindre...
Le silence se fit dans la voiture... Tout le monde était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Sara sentit les doigts de Bill enlacer les siens. D'un coup, l'émotion vint la submerger : elle se mit alors à pleurer.
Blottie contre Bill, elle ne vit plus que les lumières des lampadaires défiler à travers la fenêtre de la voiture...

3 commentaires:
ZUT,je viens de me rendre compte que j ai lu les autres épisodes et que j ai oublié de mettre un commentaire,je suis nulllleeeee!!!!!!Pouf,quel récit,j ai eu un pic de stress d un coup ,faut pas faire ça à mon petit coeur,vous allez tous me faire mourrir avec vos fics.Je sens que tu es bien repartie ma mimi,donc ,vite ,LES suites!!!!!!
DRINE.
De battre mon coeur s'est arrêté... arghf!!!
Blancs mes cheveux sont devenus, crise cardiaque est survenue entre Rorie et Sara!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!SAM
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