samedi 28 février 2009

Episode 63 : En plein vol...




Sara prit son temps ce matin-là. L'avion ne décollait qu'au début de l'après-midi. Elle passe dire au revoir à sa concierge et lui donna les clés de son appartement qu'elle garderait, mit tous ses papiers à jour, appella son propriétaire et le journal pour lequel elle travaillait en leur disant qu'elle arrêtait là son contrat et qu'elle enverrait sa démission dès que possible. Puis elle appella sa famille et ses amis pour les tenir informés de son départ. Elle avait en effet décidé de partir avec Bill. Cela durerait le temps que cela durerait, peu importe. Elle profiterait de chaque instant auprès de lui.

Toutes les formalités lui prirent la matinée. Celle-ci passa très vite. Sara fit quelques bagages et prit une grosse valise et un gros sac. Elle passa un appel, envoya un sms à Bill et, une heure avant le départ de l'avion, elle monta dans un taxi pour l'aéroport.

Quand elle s'installa sur la banquette arrière, elle cala sa tête sur l'appui-tête et ferma les yeux. Le chauffeur l'observa un moment dans son rétroviseur. Il n'y avait que douze kilometres entre le centre ville et l'aéroport. Puis après cinq minutes, le chauffeur interpella Sara :

- mademoiselle?

Sara ouvrit les yeux et le fixa d'un air interrogateur...

- Désolé, fit-il en montrant le barrage routier, je dois faire un détour, apparemment, il y a eut un accident...

- ça nous rallonge de beaucoup?

- juste dix minutes de plus mais on sera dans les temps je pense... Votre avion décolle à quelle heure?

- treize heures.

- on y sera, faites-moi confiance.

Le taxi sortit de la rocade et s'engagea sur la départementale qu'indiquait le policier en faction.

Sara voulut envoyer un message à Bill mais s'aperçut que sa batterie était déchargée... et son chargeur était dans sa valise, dans le coffre. Tant pis, Bill l'attendrait de toute façon. Elle serait à l'heure.

Mais, plus loin, un barrage s'étendait sur toute la route. Ils se retrouvaient coincés en pleine campagne.

Un policier s'approcha de la voiture et dit au chauffeur :

- n'avancez pas pour l'instant, il y a eut un accident avec un camion citerne sur l'autoroute, il y aurait peut être des fuites toxiques. Il faut attendre que les pompiers évacuent les lieux et assurent la sécurité.

Le téléphone de Sara sonna mais à chaque fois qu'elle décrochait, sa batterie épuisée éteignait automatiquement son portable. Au bout de trois appels reçus, le portable s'éteignit totalement. Le coeur de Sara eut un raté. C'était pas possible, la poisse la poursuivait... Elle interpella le chauffeur de taxi :

- s'il vous plait, monsieur, je peux vous emprunter votre portable? Le mien est déchargé et je dois absolument passer un appel important.

- ce serait avec plaisir ma petite demoiselle mais j'ai perdu mon portable hier et j'allais justement en acheter un autre, après vous avoir déposé.

- ho! Bon... je vais donc patienter.

Ils étaient en pleine campagne, aucun téléphone à proximité... C'est à ce moment-là que Sara commença sérieusement à s'inquiéter. L'avion décollait dans trente minutes. Et il fallait encore qu'elle enregistre ses bagages...

Plus tard, des voitures derrière le taxi s'accumulèrentent et formèrent bientôt un barrage, empêchant le taxi de faire demi-tour. Au bout de dix minutes, le barrage policier fut levé et le taxi put repartir.
Sara se pencha alors en avant et murmura :

- s'il vous plait, allez le plus vite possible. Il faut que j'arrive à temps.

- je ferai mon possible, mademoiselle, mais je ne vous promet rien.

Le taxi partit pourtant comme une flèche. Il arriva devant l'aéroport quinze minutes plus tard et cinq minutes avant le décollage de l'avion. Sara descendit rapidement. Elle vit de l'oeil le chauffeur du taxi prendre ses bagages à bout de bras, lui faire un clin d'oeil, lui faisant comprendre qu'il l'aiderait à aller plus vite, et alors Sara s'élança. Elle parcourut l'aéroport et s'arrêta une minute pour savoir quelle porte elle devait prendre. Une fois celle-ci repérée, elle courut vers le terminal, le chauffeur de taxi sur ses talons, portant ses valises. Elle vit alors de loin la personne de l'accueil commençait à fermer la porte d'embarquement. Elle hurla.

- attendez! ATTENDEZ!

La personne arrêta son geste et la dévisagea sans surprise, apparemment habituée aux retardataires, la laissa arriver essouflée à sa hauteur et lui dit calmement :

- désolée, mademoiselle, l'embarquement est terminé.

- non ! Non! Vous ne comprenez pas! Je DOIS prendre cet avion!

- mademoiselle, cet avion va partir et sans vous. Nous ne pouvons pas tout arrêter pour une personne, même avec la plus grande des volontés. Il y a des horaires et nous devons les respecter. Vous prendrez le prochain avion, ne vous inquiétez pas.

- c'est cet avion que je dois prendre. Juste cet avion... Il y a un homme à bord et je dois aller vivre avec lui... je ne peux pas le laisser partir... pas seul...

Elle s'embrouillait et balbutiait. Involontairement, des larmes commençèrent à couler le long de ses joues.

- il m'attend... là... juste à quelques mètres...

La jeune femme posa une main sur l'épaule de Sara et lui dit avec une grande douceur :

- venez avec moi, mademoiselle, je vais vous mettre sur le prochain vol.

A bout de mots, Sara rendit les armes et ne put dire autre chose que :

- merci... merci...

Elle vit une cabine téléphonique le long des vitres donnant sur le tarmac. Elle vit en même temps l'avion commençer à rouler sur la piste et se mettre dans l'axe pour le décollage. Juste au moment où elle décrocha le combiné pour appeler Bill et le rassurer, l'avion mit les gaz et dévala la piste devant lui. Sara posa alors la main sur la vitre, comme si elle voulait toucher l'avion. Jamais elle n'aurait pu imaginer que, quelques minutes avant, Bill avait posé sa main au même endroit, mais de l'autre côté de la vitre.... La vitre trembla légèrement en recevant la poussée des gaz de l'avion pourtant déjà presque en bout de piste. L'avion s'éleva alors doucement puis vira de bord. Les roues furent repliées sous la carlingue. Sara reposa le combiné et posa ses deux mains sur la vitre. Elle regarda cet avion s'élever encore plus haut.

Le chauffeur de taxi était toujours là :

- mademoiselle, je vous laisse les bagages et bonne chance avec votre amoureux!

Elle lui lança un regard de remerciement puis elle vit la personne de l'accueil l'attendre. Elle lui sourit et une main toujours appuyée sur la vitre, elle se baissa légèrement pour prendre de l'autre main la poignée de sa valise roulante. Elle quitta une seconde des yeux la piste d'envol.

Puis, en une seconde, le monde de Sara bascula. Une sorte de bruit sourd se fit entendre, comme un sifflement. Sara releva la tête pour voir une des ailes de l'avion exploser sous ses yeux. Puis l'avion tomba au sol et une gerbes de flammes l'accueillit ... La vitre sous la main de la jeune femme vibra, le souffle de l'explosion la fit trembler. Sara fut sous le choc. Des cris et des hurlements montèrent de la salle d'embarquement. Des gens commencèrent à courir derrière elle. Une sirène se fit entendre, assourdissante. Mais Sara n'entendait rien... c'était pas possible... Elle ne venait pas d'assister à cette horreur, Bill n'était pas à bord... Bill n'était pas à bord... Ce qui commença dans ses pensées sortit en un cri inhumain qui sortit du plus profond de sa gorge :

- BILL NE PEUT PAS ETRE A BORD!!!!!!!!!!!!!!

Les larmes coulèrent inlassablement sur ses joues. Elle ne pouvait pas bouger, les yeux fixés sur cet incendie. Incapable de faire un geste de plus. Elle avait entendu une femme hurler mais ne s'était pas aperçue que cela avait été elle...

Elle sentit une main, dont les ongles, doucement, s'enfonçaient sur son épaule.

- mademoiselle?!

Une voix lointaine l'interpellait... Celle du chauffeur de taxi. Mais elle était trop sous le choc pour comprendre que c'était à elle qu'on s'adressait.

- mademoiselle?!

Non elle ne voulait pas détourner les yeux. Laissez-moi tranquille. Laissez-moi...

Le chauffeur insista :

- mademoiselle?! Ça va?

Alors une douleur lui déchira le coeur. Elle comprit qu'il n'y aurait aucun survivant. Elle hurla. Les yeux fermés, elle voulait effacer cette image de l'avion en feu... Elle voulait oublier que Bill n'était plus... Les larmes coulaient sur ses joues...

Elle ferma ses yeux en larmes... Parmi les hurlemtns et les cris, elle entendait toujours ces mots :
- mademoiselle?!
- mademoiselle?!
- mademoiselle?! ...

Elle se sentit partir en arrière. Alors Sara ouvrit les yeux...

1 commentaire:

Brooke a dit…

Tu fais chier Mimi je suis en train de chialer comme une conne devant mon pc... merde!!!